Baisse de la consommation de drogue, d’alcool et de tabac en Ontario, mais le Fentanyl pointe le bout de nez

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) en Ontario vient de publier l’une des plus longues études systématiques sur la consommation des drogues, de l’alcool et du tabac. Cette étude concerne les élèves de la 7e à 12e année et elle est suivie depuis 1977. Les résultats montrent que l’alcool, la drogue et le tabac enregistrent des baisses significatives, mais les opiacés comme le Fentanyl enregistrent une hausse.


Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) en Ontario vient de publier l'une des plus longues études systématiques sur la consommation des drogues, de l'alcool et du tabac. Cette étude concerne les élèves de la 7e à 12e année et elle est suivie depuis 1977. Les résultats montrent que l'alcool, la drogue et le tabac enregistrent des baisses significatives, mais les opiacés comme le Fentanyl enregistrent une hausse.

Presque tous les élèves de la 7e à la 12e année en Ontario au Canada enregistrent une baisse de la consommation des boissons alcoolisées, du et des drogues depuis 1977. Ce sont les résultats de l’Enquête sur la consommation et la santé des élèves de l’Ontario (OSDUHS) par le Centre de et de santé mentale (CAMH). Mais de nouvelles données sur l’utilisation du fentanyl, incluses pour la première fois dans cette enquête, soulèvent des inquiétudes étant donné les risques pour la santé de ce puissant médicament .

L’enquête menée à l’échelle de l’Ontario auprès de 11 435 étudiants est l’étude systématique la plus ancienne du Canada sur l’usage de drogues chez les jeunes et l’une des plus anciennes au monde. Dans la plupart des catégories, la consommation de drogues et d’alcool est aux niveaux les plus bas jamais enregistrés.

Une baisse continue et significative sur la consommation de l’alcool, du tabac et des drogues

Au cours des 40 dernières années, l’OSDUHS a montré des tendances similaires dans la consommation de drogues chez les étudiants, avec un pic d’utilisation à la fin des années 1970, suivi d’un déclin graduel pendant les années 1980 et le début des années 1990.

Depuis le pic le plus récent il y a près de 20 ans, la consommation des médicaments les plus couramment consommés a considérablement diminué, notamment :

  • L’alcool : de 66 % à 42,5 %
  • Le : de 28 % à 19 %
  • Les cigarettes : de 28,4 % à 7 %
  • Les boissons alcoolisées et la conduite : de 14 % à 4,2 %

L’utilisation non médicale d’opiacés sur ordonnance, qui n’a été surveillée que depuis 2007, a chuté de 20,6 % à 10,6 % chez cette population pendant cette période. Le déclin général de la consommation de drogues au cours des 2 dernières décennies s’est produit chez les garçons et les filles. Ces déclins à long terme sont des résultats très positifs et soulignent le succès des efforts déployés par les parents, les éducateurs, la santé publique et le gouvernement et les étudiants eux-mêmes pour s’attaquer à la toxicomanie et aux problèmes qu’elle peut créer selon Hayley Hamilton, co-responsable du sondage.

Néanmoins, nous devons nous rappeler que la consommation de substances chez les étudiants peut rapidement augmenter comme nous l’avons vu dans le passé et donc, un engagement à long terme et continu sur des objectifs de santé publique est nécessaire. De plus en plus d’étudiants de l’Ontario déclarent s’abstenir de consommer de la , de l’alcool et des cigarettes. Par exemple en 1999, un peu plus de 1 étudiant sur 4 (27 %) s’est abstenu de consommer de la l’année précédente. Ce nombre s’approche désormais de 1 étudiant sur 2 (44 %).

Les exceptions sur la baisse de la consommation de drogues chez les étudiants

L’usage non médical de médicaments contre le TDAH (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) avec le Ritalin ou l’Adderall a augmenté de façon significative depuis que la surveillance a commencé il y a 10 ans, avec une consommation qui a doublé, passant de 1 % à 2,3 %.

L’usage non médical de médicaments contre la toux et le rhume en vente libre a augmenté depuis la dernière enquête en 2015 passants de 6,4 à 9,2 %. L’augmentation de l’utilisation était évidente chez les hommes (de 6,7 % en 2015 à 11,2 % en 2017), mais pas chez les femmes.

La conduite après la consommation de cannabis avait atteint 20 % dans les années 2000, mais le niveau actuel de 9 % est stable depuis quelques années et il représente environ le double de la proportion d’élèves qui déclarent conduire après avoir bu (4 %).

Même si nous avons constaté des baisses importantes de consommation et de comportements à risque, certains d’entre eux tels que la conduite après la consommation de cannabis, la conduite après la consommation d’alcool et le tabagisme, semblent avoir atteint des niveaux sans déclin récent selon le Dr Robert Mann, co-responsable de l’enquête. Dans ces circonstances, il est important d’examiner comment nous pourrions faire de nouveaux progrès dans ces domaines.

Le et les opiacés

Compte tenu des préoccupations concernant le fentanyl, les chercheurs ont inclus une nouvelle question pour évaluer l’utilisation de ce médicament par les étudiants. Alors qu’un peu moins de 1 % des élèves du secondaire ont déclaré qu’ils en ont consommé l’an passé, ce chiffre représente environ 5 800 élèves de 9e à 12e année qui utilise le fentanyl qui est devenu le symbole de la crise des opiacés. Le fentanyl est un opiacé très dangereux et toute proportion d’élèves utilisant ce médicament dangereux est alarmante selon le Dr Hamilton.

La consommation de cannabis et les points de vue sur la légalisation

Le cannabis demeure la drogue illicite la plus couramment consommée par les élèves de l’Ontario puisque 19 % des élèves de la 7e à la 12e année déclarent avoir consommé l’année précédente (environ 172 200 élèves). La prévalence de la consommation de cannabis ne diffère pas entre les hommes et les femmes et l’utilisation augmente jusqu’à environ 37 % chez les élèves de 12e année.

Même si le cannabis doit devenir légal au Canada en juillet 2018, on a demandé aux étudiants, pour la première fois, ce qu’ils pensaient de la légalisation. Les étudiants étaient également partagés sur le fait d’être en faveur de la légalisation (35 %), de l’opposition (33 %) ou de l’incertitude (32 %).

Un peu moins des deux tiers des étudiants (62 %) ont déclaré ne pas avoir l’intention d’utiliser du cannabis lorsqu’il sera légalisé pour les adultes. 8 % ont déclaré qu’ils essayeraient le cannabis quand il deviendrait légal. Parmi ceux qui consomment actuellement du cannabis, 4 % ont déclaré qu’ils avaient l’intention de l’utiliser plus souvent s’il devient légal.

L’usage de la continue de dépasser les cigarettes au tabac

L’enquête de 2017 continue de montrer que de plus en plus d’étudiants utilisent des cigarettes électroniques que des cigarettes normales puisque 11 % des élèves (environ 80 800 en Ontario de la 7e à la 12e année) utilisent des cigarettes électroniques contre 7 % des cigarettes de tabac (environ 63 800). Les hommes sont plus susceptibles que les femmes d’utiliser les 2 types de cigarettes. L’utilisation des cigarettes électroniques est stable depuis 2015 quand le suivi a commencé. La consommation de cigarettes, bien qu’elle soit actuellement inférieure à ce qu’elle était il y a des décennies, est demeurée stable au cours des dernières années.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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