Sexisme ordinaire dans une revue scientifique



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On pensait que la communauté des revues scientifiques était connue pour leur rigueur et leur égalité à toute épreuve, mais on trouve le dans les plus hautes sphères de ces revues.


 

Un véritable tempête de protestation s’est déclenchée sur Twitter à cause d’un cas de sexisme flagrant dans le secteur des revues scientifiques. 2 auteures ont demandé une évaluation de leur article qu’elles voulaient publier dans une revue. L’un des évaluateurs a suggéré aux 2 femmes de trouver un ou 2 biologistes mâles pour devenir des co-auteurs de leur article pour renforcer la qualité de leur article. Même si les auteures n’ont pas révélés publiquement la revue, les observateurs ont indiqués qu’il s’agissait de le PLOS ONE, l’une des références en termes de revues scientifiques.

Fiona Ingleby, une généticienne a été choquée quand elle a vu la notice qui expliquait le refus de la publication de son article. La notice mentionnait une différence des genres qui est inadmissible dans la communauté scientifique et elle a donc publié l’affaire sur Twitter qui a réagit de la plus belles des manières contre la revue. L’affaire date du 28 avril 2015 lorsque Fiona Ingleby a publié des extraits du rejet de l’évaluateur :

 

Il serait probablement bénéfique de trouver 1 ou 2 biologistes de sexe masculin qui seraient les co-auteurs de l’article ou qui donneraient une évaluation interne avant une prochaine soumission. Cela permettrait d’éviter que l’article ne s’éloigne des preuves empiriques, car actuellement, il semble qu’il utilise des suppositions qui sont biaisés par l’idéologie des auteures.

 

Traduction : Il faut que vous trouviez un ou plusieurs mecs pour que l’article soit considéré comme un vrai papier scientifique, car actuellement, il semble le résultat de femmes hystériques.

Fiona Ingleby et Megan Head ont déclarés qu’elles avaient proposés leur article dans une revue qui possédait une grande base de lecteurs. Dans un premier temps, Ingleby a refusé de donner les noms, mais le site Retraction Watch a rapporté que le journal faisait partie de l’éditeur Public Library of Science (PLOS). Ce dernier a rapidement publié une déclaration sur le fait qu’ils étaient vraiment désolés de cette évaluation très biaisée et qu’ils allaient enquêter sur cette affaire. Selon toujours PLOS, l’évaluation d’un article est l’un des piliers d’une revue scientifique et elle doit toujours se baser sur la qualité, la pertinence et les preuves de l’article et cette évaluation ne doit jamais se baser sur une discrimination sexuelle.

Le processus de PLOS implique que les évaluateurs sont complètement libres de juger d’un article comme bon leur semble. La plupart de leurs évaluateurs sont des académiciens reconnus, mais l’éditeur peut intervenir personnellement en cas de ce type de litiges.

Toutefois, cet évaluateur semble vraiment avoir des problèmes avec les femmes. Dans d’autres extraits publiés par le site Times Higher Education, cet évaluateur nous dit qu’il est normal que les hommes soient les plus fréquents à publier dans les meilleures revues parce que les hommes peuvent travailler plus d’heures par semaine, car ils ont une meilleure énergie et santé. Et l’évaluateur ajoute qu’il est normal qu’il y ait davantage d’auteurs masculins dans les revues scientifiques parce que les hommes sont plus forts sur le plan physique. Et une telle déclaration est hallucinante, car cela fait des décennies que les scientifiques sont d’accord sur le fait qu’il n’y a aucune inégalité de la performance scientifique qui soit prouvée par une prétendue différence physique.

Les 2 auteures de l’article expliquent également que le rejet manquait de professionnalisme et qu’il était très inapproprié. Le rejet n’incluait aucun commentaire constructif sur les corrections à apporter. Ainsi, l’évaluateur écrit que l’étude est méthodologiquement faible et qu’elle possède des lacunes fondamentales qui justifie un rejet pur et simple. Ingleby estime que l’anonymat de l’évaluateur a joué un rôle certain sur le ton de ses critiques. Elle estime qu’il n’aurait pas été aussi si sarcastique s’il avait publié son évaluation sous son vraie identité.

L’éditeur PLOS a accepté une re-soumission de son article pour qu’il soit examiné par un autre évaluateur. Ingleby conclut qu’elle ne voulait pas créer une sorte de Bad Buzz dans le secteur des revues scientifiques, mais que c’était un moyen pour alerter sur le fait que ce type de sexisme est fréquent dans de nombreuses revues scientifiques.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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