Le fossile de serpent quadrupède fait l'objet d'une enquête pour exportation illégale


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  • Les autorités brésiliennes ont lancé une enquête pour déterminer si le fossile de serpent quadrupède qu’on a découvert en juillet a fait l’objet d’une exportation illégale de fossiles.

    Un fossile d’un serpent quadrupède avait créé la sensation en juillet, mais aujourd’hui, ce serpent à 4 pattes est au centre d’une enquête judiciaire. Les autorités brésiliennes ont lancé une enquête pour déterminer si ce fossile a été exporté illégalement et s’il doit être rapatrié au pays. Pour certains paléontologues, cette enquête ravive un long débat : Quel est le degré d’enquête nécessaire pour les chercheurs et les revues scientifiques afin de vérifier la provenance d’un fossile ? Certains disent que les revues scientifiques doivent rétracter l’article, car cela encourage le trafic illégal de fossiles. D’autres estiment que ce type de publication permet de faire avancer la recherche et éviter que le fossile pourrisse dans une collection privée.

    Le paléobiologiste David Martill, de l’université de Portsmouth, avait détecté le fossile de serpent quadrupède (Tetrapodophis amplectus) en 2012 dans une collection privée qui était exposée dans un musée dans la ville de Solnhofen en Allemagne. Au Brésil, il est interdit d’exporter et de vendre des fossiles depuis 1942 et donc, il est possible que ce fossile de serpent à 4 pattes ait été exporté de manière illégale. Nous allons lancé une enquête officielle avec la police fédérale du Brésil pour comprendre comment ce fossile est sorti du Brésil selon Felipe Chaves, responsable de la division des fossiles du Brazilian National Department of Mineral Production à Brasília. Nous savons qu’il y a des détails qui nécessitent une enquête.

    Personnellement, j’aurais voulu que ce fossile retourne au Brésil, mais ce n’est pas le mien et je n’avais pas mon mot à dire. Nous pourrions discuter pendant longtemps si le fossile doit être retourné à cause de l’opacité de son exportation. Mais on n’a pas non plus de preuves sur une exportation illégale selon Nicholas Longrich, un paléontologiste de l’université de Bath et l’un des co-auteurs de l’article sur ce fossile de serpent quadrupède.

    Des lois protectionnistes

    Chaves a appris l’existence du fossile lorsque l’article a été publié. Il a déclaré que les scientifiques auraient dû informer les autorités brésiliennes sur sa provenance. Mais Martill estime que ce n’est pas nécessaire. Il y a des centaines sinon des milliers de fossiles brésiliens dans les collections des musées du monde entier. Les scientifiques perdraient énormément de temps pour vérifier la légalité des fossiles avant même de commencer l’étude. Je vois des milliers de fossiles chaque année sur cette planète. Je ne vais pas écrire à chaque gouvernement pour les vérifier un par un.

    Ce problème est fréquent pour les paléontologistes. D’un point de vue de Martill, les lois protectionnistes sur le commerce des fossiles (qui ont été adopté par le Brésil, mais également par la Chine, le Maroc et la Mongolie) freinent la recherche scientifique. À cause de ces lois, les scientifiques ne peuvent pas accéder à des spécimens précieux. Et dans la réalité, les vrais trafiquants des fossiles contournent facilement les lois du Brésil avec la corruption.

    Mais James Clark, un paléontologiste de la George Washington University à Washington a déclaré que les chercheurs ne devraient pas publier des articles sur des fossiles d’origine illégale. Selon le porte-parole de la revue Science qui a publié l’article, nous sommes au courant des questions difficiles sur les fossiles provenant des collections privées. La revue ne possède pas de politique qui stipule que les fossiles des études doivent être légaux et toutes les autres revues telles que Nature et d’autres revues spécialisées ne font jamais cette vérification. Et les autorités brésiliennes ne risquent pas d’aller bien loin. Il y a des instituts allemands qui possèdent de nombreux fossiles d’une origine suspecte et les Brésiliens n’ont jamais rien pu faire pour les récupérer.

    Pour Martill : Je pense qu’on doit laisser les ambassades et les avocats se battre sur cette question et laisser les scientifiques pour qu’ils fassent leur travail. Martill rejoint le point de vue de son co-auteur : Je me fiche que ce fossile de serpent quadrupède retourne au Brésil du moment qu’il reste accessible aux futurs scientifiques qui veulent l’étudier.

     

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