Le crédit-carbone augmente les émissions de gaz à effet de serre


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  • Le programme du Crédit-Carbone a provoqué l’effet inverse de son objectif. Il a permis à des entreprises russes de polluer à des taux effarants en prétextant la compensation du Crédit-Carbone.

    Des usines russes qui exploitent le crédit-carbone pour augmenter la production de gaz polluants

    Des usines en Russie ont augmenté leur production de déchets industriels et ensuite, ils ont dépensé des millions de dollars pour prétendre qu’ils avaient détruit ses déchets en exploitant le Crédit-Carbone. Des preuves publiées dans la revue Nature Climate Change révèlent que plusieurs usines chimiques en Russie ont augmenté leur production de déchets toxiques et industriels à des niveaux catastrophiques puisqu’ils pouvaient les transformer en crédit-carbone.

    Les crédits-carbone permettent aux pays d’émettre des gaz qui contribuent au réchauffement climatique. Ces crédits sont proposés dans les marchés carbones tels que le système communautaire de quotas d’émission (SCEQE) de l’Union Européenne. La valeur monétaire de ce crédit-carbone est déterminée par un système d’enchère. Les pays riches sont capables d’obtenir des crédits-carbones en investissant dans des projets pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce processus s’appelle l’application conjointe qui fait partie du protocole de Kyoto de 1997. Pour les gaz à effet de serre tels que le trifluorométhane (HFC-23) et l’Hexafluorure de soufre (SF6), la valeur des crédits-carbones surpasse le cout de la destruction de ces gaz dans le processus de production. Cela crée une incitation perverse pour augmenter la production de gaz polluants pour prétendre aux crédits-carbones.

    À cause du potentiel très élevé de ces gaz sur le réchauffement climatique, vous pouvez obtenir des milliers de crédits-carbones pour chaque tonne détruite selon Lambert Schneider, co-auteur de l’étude et spécialiste du marché carbone au Stockholm Environment Institute à Somerville au Massachusetts. De ce fait, ces projets sont particulièrement vulnérables aux incitations perverses.

    Le manque de surveillance

    Schneider et le co-auteur Anja Kollmuss ont découvert que depuis 2006, la production des gaz HFC-23 et SF6 ont considérablement augmenté dans l’usine KCKK Polymer qui est située dans la région de Kirov et l’usine HaloPolymer Perm à Lasvinskaya. Et cela coïncide avec la généralisation du crédit-carbone. Ces usines génèrent ces substances chimiques comme un déchet pour produire un liquide réfrigérant appelé chlorodifluorométhane (HFC-22). Le SF6 est utilisé dans les composants électriques. Mais le pire est que l’augmentation de ces produits chimiques n’était pas associée à une augmentation des produits fabriqués par les usines. Pour l’usine HaloPolymer Perm, le gaz SF6 était produit à une fréquence de 16,9 % de 2008 à 2010 comparés aux 2 % de l’usine avant l’implémentation du crédit-carbone. Schneider estime que de 28 millions à 33 millions de crédits-carbones supplémentaires ont été donnés à ces usines russes. En 2008, chacun de ces crédits-carbone coutait 20 euros, mais aujourd’hui, le même crédit-carbone coute moins de 1 euro.

    Même s’il existe un comité pour surveiller les abus du programme de crédit-carbone, c’est aux pays, qui gèrent les projets d’application conjointe, de recourir à ce comité. Selon Schneider, seuls 3 % des crédits-carbones ont pu être surveillés par le comité. De mon point de vue, c’est une énorme brèche dans le protocole de Kyoto.

    Des problèmes existants

    Ce n’est pas la première fois qu’un système de compensation est critiqué. Un programme similaire appelé Mécanisme de développement propre (MDP), qui permet d’activer des projets de crédit-carbone dans les pays émergents, a suscité de fortes critiques en 2011 parce que les pratiques étaient très controversées.

    Pour Michael Wara, un chercheur dans les lois environnementales à la Stanford Law School : Cette affaire n’est pas surprenante. Cela s’est produit avec le MDP et maintenant, on remet le couvert avec l’application conjointe. Les abus du crédit-carbone sont systématiques à cause de l’incitation donnée aux entreprises. Cette étude survient alors qu’on prépare la plus importante conférence sur le réchauffement climatique en décembre prochain. Selon Schneider : Si vous avez des objectifs ambitieux, mais que vous donnez des crédits-carbone alors qu’il n’y a aucune baisse dans les émissions de gaz à effet de serre, alors vous devez faire la différence dans un autre domaine.

    Pour Wara : Il est temps d’en finir avec les marchés carbones. Le système n’a pas du tout fonctionné. Les entreprises s’intéressent uniquement au crédit-carbone à cause des incitations et c’est une incitation qui a été créée par le programme lui-même.

     

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