Les homosexuels pourraient avoir des enfants biologiques dans un futur lointain

Une expérience dans les souris évoque la possibilité pour des parents de même sexe d’avoir des enfants biologiques. Mais disons que le chemin est très cabossé et rempli de SI pour adapter la méthode aux humains.


Les enfants pourraient avoir des enfants biologiques dans un futur lointain

Selon un récent article dans le Journal of Law and Biosciences, on a pu obtenir des cellules reproductives dans des souris. Et cela évoque la possibilité d’utiliser la Gamétogénèse in vitro (GIV) chez les humains. En termes clairs, cela signifie que des homosexuels pourront avoir des enfants biologiques. Même si l’article souligne que c’est uniquement possible chez les souris et qu’il faudra des années pour envisager la même chose chez les humains, cela reste une avancée scientifique majeure. Dans les années 2000, les scientifiques ont commencé à tester des méthodes pour extraire des gamètes in vitro dans des souris. Les premières études se sont concentrées pour extraire les gamètes provenant des gonades foetales de souris. Mais ensuite, on a découvert qu’on pouvait obtenir les mêmes cellules de cellules souches embryonnaires. On a pu améliorer l’extraction des gamètes provenant de cellules souches. Cela a permis de développer des méthodes viables pour effectuer la Gamétogénèse in vitro via des cellules souches pluripotentes induites.

Le plus grand défi technique est d’obtenir les ovules et le sperme provenant de souris mâles et femelles selon Sonia M. Suter, auteure de l’article. Les femelles n’ont pas de chromosome Y et il est plus difficile de produire du sperme sur les femelles que de produire des ovules sur les mâles. Mais les scientifiques ont réussi à extraire des cellules de sperme primitives à partir de cellules souches femelles.

Cette découverte a permis la production d’une portée viable en utilisant des gamètes in vitro dans des souris femelles ou mâles. Mais Suter reconnait que les caractéristiques de l’organisme n’ont pas encore été totalement découvertes. Cela signifie qu’il est impossible de prédire les effets sur le long terme concernant cette portée. La même méthode sur les humains est en stand-by, mais n’importe quelle avancée du concept du GIV, même dans les souris, permet aux scientifiques d’utiliser des approches alternatives pour le GIV chez les humains.

Et étant donné que cette recherche sur les souris a permis à la fois de produire des ovules et du sperme, alors ce n’est qu’une question de temps avant qu’on puisse extraire des ovules humains dans un processus in vitro selon Suter. Les souris ne sont pas évidemment des humains, mais les 2 espèces sont des similarités frappantes (c’est pourquoi on utilise toujours des souris dans des études scientifiques). Et ces similarités permettent d’envisager une GIV chez les humains avec des chances considérables d’avoir des enfants.

On peut faire des plans sur la comète en estimant qu’on pourrait avancer encore plus dans quelques années. Comment cela fonctionnerait-il précisément ? Des participants gays ou hétéros devront passer par des méthodes légèrement différentes. Concernant les lesbiennes, les médecins devront extraire les cellules d’une des femmes pour créer le gamète de sexe opposé (le sperme). Ensuite, les médecins vont mélanger ce sperme avec un autre gamète du sexe opposé (l’ovule) pour créer l’embryon. Les couples hétéros qui souffrent d’infertilité ou d’autres problèmes pourraient également utiliser ces méthodes.

Pour les lesbiennes, l’une des partenaires pourrait porter l’embryon pour mener la grossesse à terme. Cela permettrait aux couples lesbiennes de se passer totalement d’individus, qui sont à l’extérieur de leur relation, pour avoir des enfants. Ce seront des enfants purement biologiques avec des caractéristiques provenant des 2 parents. Pour les hétéros, que l’une ou les 2 partenaires ne puissent pas fournir de gamète, le GIV leur permettrait de se reproduire sans avoir besoin d’une donation de gamète.

Pour les couples gays (mâles), une maternité de substitution sera nécessaire pour mener l’embryon à terme selon Suter à moins que l’utérus artificiel devienne une option viable dans 5 ou 10 ans. Même si les couples males devront passer par une mère porteuse, l’enfant aura uniquement les caractéristiques des 2 parents et c’est un bouleversement en soi pour les couples mâles qui doivent actuellement passer par l’adoption ou d’autres méthodes.

Évidemment, la nature ne donne pas ce cadeau sans un prix immense. Même si des recherches intenses sur les souris montrent le potentiel du GIV chez les humains, il faudra plusieurs décennies avant de l’envisager. Et ce n’est pas uniquement la méthode qu’il faudra améliorer dans les prochaines années, mais il faut également tester les enfants qui sont créés par cette méthode qui est tout sauf conventionnelle. Et sans oublier l’énorme Muraille de Chine de l’éthique pour utiliser ce processus.

Le fait de créer un ovule ne concerne pas uniquement l’ovule selon Piraye Yurttas Beim, CEO de Celmatix. Ce n’est pas parce qu’il ressemble à un canard, qu’il parle comme un canard que c’est vraiment un canard. Le GIV est tellement intéressant, mais il est aussi important de garder les pieds sur la réalité biologique. Et cette réalité biologique se résume par une question : Qu’est-ce qu’un enfant ?

En dépit de la route cabossée face au GIV, de nombreux analystes estiment que si on réussit à améliorer la méthode, alors les problèmes éthiques disparaitront automatiquement. Certes, il y aura des gens qui vont grimacer s’il y a des couples homosexuels qui passent par le GIV et c’est pourquoi il est important de se poser les questions dès aujourd’hui. Même si les chercheurs annoncent un GIV viable dans 20 ou 30 ans, on doit sensibiliser les gens dès aujourd’hui pour qu’ils se préparent au mieux face à cette révolution, parmi d’autres, promises par la modification génétique et la biotechnologie. Suter conclut un article par la phrase la plus simple qui soit : Le GIV est juste une autre méthode pour faire un enfant.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. Zaza dit :

    Bonjour, comment faire aujourd’hui pour que l’enfant née m’a compagne me ressemble aussi ?

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