Une étude rare sur le volcan de Paektu en Corée du Nord

Pour la première fois, des scientifiques occidentaux et nord-coréens ont collaboré pour étudier le mont Paektu qui pourrait provoquer une éruption d’une ampleur sans précédent.


Le cratère du mont Paektu en Corée du Nord.
Le cratère du mont Paektu en Corée du Nord.

Si le mont entre en éruption, alors le Vésuve aura l’air d’un pique-nique. Des chercheurs occidentaux et nord-coréens ont collaboré pour la première fois afin de déterminer les risques d’éruption du monde Paektu qui est situé à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord. S’il y a une éruption, alors elle serait d’une violence extrême. Le mont Paektu est déjà entré en éruption il y a 1 000 ans et c’était l’une des plus grandes éruptions qui a été enregistrée. La seule qui l’a surpassé est l’éruption du mont Tambora en Indonésie en 1815. En cas d’éruption, on aura des impacts qui dépasseront largement la Chine et la Corée du Nord selon James Hammond de l’université de Londres.

En 945 de l’ère commune, l’éruption du mont Paektu, la plus grande montagne de la Corée, a propulsé 96 kilomètres cubes de débris dans le ciel. C’est 30 fois supérieur à l’éruption du Vésuve qui a détruit la ville de Pompéi en 79 de l’ère commune. Et malgré le fait que ce est l’un des plus grands et dangereux, on connait très peu de choses à son sujet.

Des peurs légitimes sur une éruption de Paektu

Les chercheurs occidentaux ont pu participer, car les chercheurs de la Corée du Nord, menés par Ri Kyong-Song à Pyongyang, avaient besoin d’équipements et de compétences supplémentaires. Les volcanologues chinois, qui surveillent aussi ce volcan (connu comme le Changbaishan de leur côté), voulaient aussi plus d’informations de la part de la Corée du Nord. Les Chinois et les Coréens surveillent très attentivement ce volcan depuis qu’ils ont vu des poussées suspectes dans et autour du volcan en 2002 et 2005. Ces déformations ont été mesurées par le GPS ainsi qu’avec des outils sismiques.

Hammond et d’autres ont été invité en Corée du Nord en 2011 pour installer 6 sismographes à une distance de 60 kilomètres du volcan. Ils permettent de détecter des vagues sismiques du monde entier qui passent à travers la partie souterraine de Paektu. Les vagues sismiques se déplacent à différentes vitesses à travers la roche solide et fondue. Cela permet aux chercheurs d’avoir des informations sur ce qu’il y a en dessous. Les résultats révèlent qu’il y a du magma intense sous le volcan. C’est un mélange de roche fondu et de cristaux qui s’enfonce jusqu’à 35 kilomètres sous la croute selon Hammond.

Il est rare de voir un magma partiellement fondu avec une telle quantité de fluide dans la croute selon ce chercheur. Ce sont les premières découvertes concernant ce volcan en Corée du Nord. Cette croute partiellement fondue a pu être une source potentielle de magma pour les éruptions précédentes et elle est peut-être associée avec l’activité volcanique récente. Mais pour le moment, il n’y a pas d’accumulation de magma liquide sous la surface qui est souvent le prélude à une éruption.

L’un des défis est de comprendre le fonctionnement du magma à l’intérieur. Il ne suffit pas de dire qu’il y en a. Il faut déterminer son accumulation et sa pression pour parler d’une possible éruption. Pour le moment, les chercheurs ne sont pas certains de la quantité du magma qui s’est accumulée. La collaboration va continuer pendant les 12 prochains mois, mais on envisage aussi un partenariat sur le long terme. Après des années à travailler ensemble, les 2 équipes se connaissent très bien et en général, il n’y a pas de problème avec la politique. La Corée du Nord est certes un pays isolé, mais il est ouvert aux collaborations scientifiques.

Source : revue Science Advances

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
Loading...
mm

Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *