Vos mails peuvent révéler votre pire secret


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  • Vous pouvez cacher un secret, mais la manière dont vous écrivez vos mails peuvent le révéler.


    Vos mails peuvent révéler vos secrets le plus sombres

    Une femme possède un secret. Elle gère une ligne de téléphone rose depuis sa maison. Personne dans sa famille ne connait ce secret et seuls ses meilleurs amis le savent. Cela peut sembler l’introduction d’un roman à l’eau de rose, mais cette femme fait partie des 61 participants dans une étude qui analyse la manière dont nous cachons nos secrets dans nos mails. Et les résultats montrent que notre comportement laisse fuiter des habitudes qui peuvent révéler nos secrets.

    Yla Tausczik de l’université du Maryland et ses collègues ont recruté des gens qui ont admis qu’ils avaient de grands secrets sur ces 7 dernières années. Les chercheurs ont posté des Flyers dans les grandes villes, envoyé des mails et posté des annonces sur Amazon Mechanical Turk et Craig’s List. 1 133 personnes ont répondu, les chercheurs en ont rencontré 179 et 61 ont participé à l’étude. L’étude des secrets est difficile selon Tausczik. Vous ne pouvez pas amener des gens en laboratoire et vous ne pouvez pas amener leurs amis sans éveiller leurs soupçons. C’est pourquoi l’équipe s’est tournée vers les mails.

    La plupart des participants avaient des secrets de nature romantique ou sexuelle impliquant l’adultère ou une homosexualité cachée. Certains avaient des problèmes médicaux et d’autres avaient des secrets qui pouvaient détruire leurs études ou leurs carrières. Mais les participants ont accepté de donner un accès à leurs comptes mails aux chercheurs. Ils ont fourni une date à laquelle le secret avait commencé ainsi que les gens qui ne devaient pas connaitre le secret.

    Après avoir supprimé des informations identifiables des mails, les chercheurs ont analysé le langage dans plus de 59 000 messages. En utilisant un logiciel, les textes ont révélé que les personnes ayant un secret tendaient à être plus socialement actives. Ils étaient hyper-vigilants selon Tausczik. Auparavant, on pensait que quelqu’un, qui avait un secret, aurait tendance à se retirer dans son coin.

    Le miroir du langage

    Mais l’augmentation de l’activité sociale n’était pas générale, car elle se concentrait sur les personnes qui ne devaient jamais connaitre le secret. Ainsi, les participants leur envoyaient plus de messages chaque fois après le commencement du secret. L’étude a également analysé la relation avec les personnes qui connaissaient le secret des participants. Ces derniers avaient tendance à imiter le langage de leurs confidents et ils utilisaient plus de mots négatifs tels que peine, douleur, sale et beaucoup de déclarations de conditions (si, parce que, etc.). L’équipe va présenter ses travaux à l’International Conference on Web and Social Media à Cologne en Allemagne.

    David Markowitz de l’université de Stanford pense que Tausczik et ses collègues ont trouvé une excellente manière de découvrir une information qui est cachée par nature. Le mail est une plateforme importante pour comprendre la trahison, car il est le pont professionnel et personnel de nombreuses personnes.

    L’étude montre comment les personnes ayant un secret ont tenté de le cacher en tentant de se comporter normalement par rapport aux personnes qui devaient l’ignorer. Mais ces efforts étaient exagérés selon Markowitz. Les menteurs échouent souvent à répliquer le pattern de communication dans une relation de confiance. En termes clairs, les menteurs exagéraient tellement leur relation et leur propos que les personnes en face comprenaient instinctivement qu’il y avait quelque chose de louche.

    Markowitz et ses collègues ont également découvert ce pattern sur des papiers scientifiques qui ont été truqués (Lien vers le papier complet via Sci-Hub). Les auteurs de ces travaux tendaient à inclure plus de références par rapport aux résultats légitimes. Sur le long terme, ce type de recherche va permettre de créer des systèmes informatiques qui détecteront automatiquement le mensonge et la trahison selon Norah Dunbar de l’université de Californie. Pour le moment, on se contente de reconnaitre le pattern linguistique du mensonge, mais on pourra passer à un comportement prédictif dans le futur.

    Mais Markowitz estime qu’un algorithme peut détecter difficilement un mensonge s’il se base uniquement sur le langage. Il faut collecter des informations de plusieurs endroits et capturer un spectre élargi du comportement de la personne qui va bien au-delà du langage.

     

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