Les femmes sont cruciales dans les organisations terroristes

À première vue, les femmes ne bénéficient pas d’une image de sainteté et de pureté auprès des partisans de l’Islam radical. Mais une étude démontre exactement le contraire en estimant que les femmes sont des axes essentiels dans des organisations comme l’Etat Islamique.


Une étude révèle que les femmes sont des rouages essentiels dans les groupes en ligne qui promeuvent la propagande de Daesh et des autres organisations terroristes.
Un attentat dans la ville syrienne de Kobani en 2014

L’Islam radical propose une version brutale du traitement des femmes. Des femmes peuvent être décapitées pour avoir les cheveux découverts, mais ces femmes sont également des championnes pour la promotion de la cause. Est-ce que ces femmes sont des outils pour ternir l’image foncièrement masculine des groupes terroristes ? Une étude sur des groupes pro- montre que les femmes sont importantes pour la promotion en ligne de l’organisation.

Ces résultats surprenants suggèrent une nouvelle manière de combattre ces groupes terroristes selon Karl Rethemeyer, un politologue de l’université de New York à Albany qui est spécialisé dans les réseaux sociaux. Les autorités de contre- peuvent utiliser le raccourci du genre pour identifier les personnes dans ces réseaux.

Facebook et Twitter redoublent d’efforts pour supprimer les groupes qui supportent le terrorisme. Le résultat est que ces groupes sont partis ailleurs, notamment sur VK.com, un réseau social très populaire en Russie avec près de 360 millions de membres. L’année dernière, une équipe menée par Neil Johnson, un physicien de l’université de Miami en Floride, qui modélise l’organisation et les conflits humains, a utilisé ce réseau social pour traquer la répartition des hommes et des femmes dans les groupes terroristes.

La collecte des données fut compliquée. Les chercheurs ont dû identifier toutes les pages sur Vkontakte qui sont associées à Daesh. Des mots-clés tels que Califat ou Martyr dans différentes langues ont permis de trier les résultats. Une fois que les chercheurs trouvaient un groupe radical, ils ont pu traquer les membres jusqu’à leur profil Vkontakte. En plus d’une collecte difficile sur les données, les chercheurs devaient gérer les images très violentes dans ces groupes. La torture, la décapitation et les cadavres sont des contenus populaires. Mais après 2 mois de collecte, ils avaient toutes les données nécessaires. Plus de 40 000 personnes qui sont associées à 170 groupes proches de l’.

La première surprise a concerné la présence des femmes. Près de 40 % des membres étaient des femmes. Et pour comprendre l’importance de ces femmes, l’équipe de Johnson a utilisé un graphe de réseau qui permet de cartographier les connexions sociales parmi tous les membres. Si 2 personnes étaient membres du même groupe de Daesh, alors on considérait qu’ils étaient connectés. Le résultat a révélé 1 million de liens. Ensuite, l’équipe a utilisé des outils de statistique provenant d’un domaine des mathématiques connu comme la théorie des graphes pour mesurer le flux d’informations et de ressources dans le réseau.

Loin d’être à la périphérie, les femmes sont des noeuds cruciaux dans les réseaux qui supportent Daesh. La mesure principale pour déterminer l’importance d’une personne est ce qu’on appelle la centralité d’intermédiarité (BC). Les personnes avec une BC élevées ne sont pas les patronnes, mais ils servent de points de communication qui connecte toutes les parties du réseau. Plus que les hommes, les femmes étaient les meilleurs raccourcis d’une personne à l’autre. En d’autres termes, les femmes sont les liens de communication les plus importants dans les groupes radicaux. Dans les groupes pro-Daesh sur Vkontakte, les femmes possèdent une BC qui est le double par rapport aux hommes selon les conclusions des chercheurs dans Science Advances.

C’est hallucinant selon Johnson. Dans des situations normales telles que la hiérarchie d’entreprise, le ratio de la BC est très inférieur pour les femmes. Les femmes sont insignifiantes dans des organisations dominées par les hommes. Mais dans la promotion du terrorisme, une est un canal essentiel pour transférer l’information et d’autres ressources.

Est-ce que les femmes sont la clé pour vaincre Daesh ? Si les femmes abandonnent les groupes de Daesh, alors la machine de propagande en ligne s’effondrerait plus rapidement selon la prévision de l’étude. Étant donné leur rôle important pour disséminer l’information selon Rathemeyer, il est préférable de changer la mentalité de ces femmes pour avoir une chance de contrer la propagande terroriste en ligne.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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