Des découvertes importantes sur la quasi-invicibilité des Tardigrades

Des chercheurs japonais ont analysé le génome d’une espèce de tardigrades. Ils ont découvert comment ces petites créatures sont quasiment indestructibles, notamment contre la radiation des rayons X. Un potentiel pour de futurs traitements, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.


Des chercheurs japonais ont analysé le génome d'une espèce de tardigrades. Ils ont découvert comment ces petites créatures sont quasiment indestructibles, notamment contre la radiation des rayons X. Un potentiel pour de futurs traitements, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.

Le est une créature microscopique proche de la famille des Artropodes. On dénombre des centaines d’espèces différentes et les tardigrades, connus également comme des oursons d’eau, sont réputés pour leur résistance exemplaire. Ce sont parmi les rares créatures qui peuvent survivre dans le zéro absolu, des températures supérieures à 100 degrés Celsius et c’est la seule qu’on connait qui peut survivre dans l’espace. Ils peuvent supporter des rayonnements extrêmes et une pression considérable. On connait des espèces qui peuvent vivre une décennie sans boire ou manger.

Les chercheurs japonais ont analysé le génome du Ramazzottius varieornatus, l’une des espèces de Tardigrade qui est la plus résistante contre les environnements hostiles. On sait que les Tardigrades utilisent un processus nommé Dsup (Damage Suppressor) qui confère une résistance à leur ADN. Selon cette étude, il semble que ce gène s’associe fortement à l’ADN pour le protéger contre la radioactivité tout en permettant à l’ADN de fonctionner normalement. Pour les chercheurs, c’est la première fois qu’on découvre une protéine associée à l’ADN qui confère la protection contre la radioactivité à l’ADN dans des cellules animales.

Les chercheurs ont voulu tester cette protection dans les cellules humaines. Ils ont modifié des cellules du rein pour qu’elles produisent le gène Dsup et ils ont découvert que les cellules humaines étaient protégées contre le dommage de l’ADN à hauteur de 40 à 50 %. On parle de la radiation produite par les rayons X et non la radioactivité nucléaire. Pour tester l’efficacité du Dsup, les chercheurs ont saboté le gène Dsup et ils sont de nouveau soumis les cellules aux radiations. Les chercheurs ont observé une disparition complète de la protection contre la radiation. Cela suggère que le Dsup est le principal critère de protection.

C’est une avancée majeure, mais les chercheurs avertissent que cela ne fonctionne que pour des cellules individuelles pour le moment. Il va être difficile d’implémenter cette protection à un organisme en entier sans oublier que cette fonction des Tardigrades s’applique seulement au dommage dans l’ADN et non dans les autres cellules. Mais cela pourrait donner des pistes de protection contre les traitements du cancer, la radiothérapie et le voyage dans l’espace profond.

Les Tardigrades sont vraiment des créatures étonnantes. Les chercheurs rapportent aussi qu’ils ont trouvé beaucoup plus de gènes de protection en créant des copies supplémentaires. Les tardigrades ont 16 copies pour se protéger contre ce qu’on appelle les dérivés réactifs de l’oxygène comparé à 10 chez d’autres créatures. En 2015, une étude prétendait que les Tardigrades avaient obtenu un 1/6 de leurs gènes des autres espèces par un processus qu’on connait comme le transfert horizontal de gènes (La capacité pour un organisme d’intégrer un patrimoine génétique provenant d’espèces complètement différentes).

On ignore comment les Tardigrades arrivent à de telles prouesses, mais des pistes suggèrent que c’est lié à leurs capacités extrêmes de dessécher leurs organismes. Pendant leur réhydratation, les Tardigrades pourraient absorber beaucoup plus de patrimoines génétiques. Le transfert horizontal des gènes existe également chez les autres espèces, mais cela ne représente que 1 % des gènes. Avec des Tardigrades qui peuvent piquer 1/6 de leurs gènes, cela remet en cause l’évolution qui n’est plus un arbre généalogique, mais plutôt une toile, mais l’étude de 2015 a subi des critiques. Une reproduction de l’étude a démontré que c’était une contamination des échantillons plutôt qu’un accaparement génétique. Et donc, les Tardigrades possèdent leurs protections remarquables uniquement grâce à des mécanismes internes. Quoi qu’il en soit, cette étude confirme que les Tardigrades sont vraiment fascinants et qu’ils vont peut-être inspirer des traitements pour se protéger contre les radiations et d’autres substances novices de l’environnement.

 

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (1 votes, average: 3,00 out of 5)
Loading...
mm

Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. Rafistoel dit :

    Faute de frappe, « quasi invicibilité » invincibilité, et non invisibilité. Mais pas grave, nous avions compris.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *