jeudi , 17 août 2017

LemurFaceID, un système de reconnaissance faciale pour les lémuriens

Une équipe de biologistes et d’informaticiens a modifié une technologie de reconnaissance faciale pour les humains afin de créer un système semi-automatisé qui peut identifier des lémuriens individuels. La nouvelle technologie s’appelle LemurFaceID.


LemurFaceID, un système de reconnaissance faciale pour les lémuriens
Différentes espèces de lémuriens - Crédit : David Crouse, Rachel Jacobs, Stacey Tecot
Cette technologie LemurFaceID et ses résultats ont été publiés dans la revue BMC Zoology. Selon l’équipe de recherche qui provient de l’université de George Washington, de l’université d’Arizona, du Hunter College et de l’université du Michigan, c’est la première fois qu’on applique une technologie de reconnaissance faciale sur près de 100 espèces de lémuriens endémiques de Madagascar. Les chercheurs ont montré que LemurFaceID pouvait identifier des lémuriens individuels avec une précision de 98,7 % en se basant sur deux images de face d’un spécimen.

Le Dr Rachel Jacobs, l’une des auteures de l’étude a déclaré : En utilisant des photos de lémurs à ventre roux du Parc National de Ranomafana à Madagascar, notre co-auteur Anil Jain et les membres de son laboratoire ont été capables d’adapter un système de reconnaissance faciale pour qu’il reconnaisse des lémuriens en utilisant leurs caractéristiques faciales. Et nous avons été surpris par la précision de l’identification.

La variation sur le visage des lémuriens - Crédit : Crouse et Al (BMC Zoology 2017)

La variation sur le visage des lémuriens – Crédit : Crouse et Al (BMC Zoology 2017)

Pour des études à court terme sur les lémuriens, les chercheurs se basent souvent sur des marques uniques pour reconnaitre des lémuriens individuels tels que la différence dans la taille et la forme du corps ou des cicatrices. Mais étant donné que l’apparence change au fil du temps, il était difficile de traquer les lémuriens individuels. Cette lacune nuisait énormément aux études générationnelles de lémuriens ou celles sur le long terme.

Selon Stacey Tecot, auteure senior de l’étude, l’observation des individus et des populations sur de longues périodes fournit des données cruciales sur leur évolution dans la nature. On peut ainsi mesurer leur fréquence de reproduction, le nombre de petits, la mortalité juvénile et l’augmentation et le déclin des populations. Cette technologie va permettre d’abandonner de nombreuses méthodes d’identification traditionnelles.

Des lémurs à ventre roux. Un mâle à droite et une femelle à gauche - Crédit : Joseph Falinomenjanahary

Des lémurs à ventre roux. Un mâle à droite et une femelle à gauche – Crédit : Joseph Falinomenjanahary

Selon le Dr Jacobs, les méthodes avec la capture et le collier sont fréquentes pour l’identification des lémuriens dans la nature, mais elles sont risquées pour les animaux tels que des blessures ou du stress ce qui peut augmenter les couts des services vétérinaires et l’anesthésie. Notre méthode est sans danger pour les lémuriens et elle est plus abordable. Pour développer la technologie LemurFaceID, les chercheurs ont adapté la technologie de reconnaissance faciale en se concentrant sur le visage des lémuriens en utilisant un ensemble de données de 462 images de lémurs à ventre roux et un autre ensemble de données composé de 190 images concernant d’autres espèces de lémuriens. De nombreux visages de lémurien possèdent des caractéristiques uniques telles que des patterns de cheveux ou de peau qu’un système informatique peut reconnaitre à la volée.

En plus d’étendre la recherche longitudinale sur les populations de lémuriens afin de fournir de meilleurs efforts de protection, les chercheurs pensent que les méthodes développées pour LemurFaceID pourraient être également utiles pour l’identification d’autres espèces de primates et non-primates tels que les ours, les pandas rouges, les ratons laveurs et les paresseux. Mais cette technologie possède des limites, car la précision est moindre si on doit détecter de nouveaux individus qui entrent dans une population.

Source : BMC Zoology (http://dx.doi.org/10.1186/s40850-016-0011-9)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

Un commentaire

  1. Bonjour,

    Sur la dernière photo, c’est le mâle à gauche avec les larmes blanches et du coup la femelle à droite

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