Actualités scientifiques de la semaine #26

Les actualités scientifiques de la semaine du 20 au 25 février 2017. Toutes les sources sont en anglais.


Les actualités scientifiques de la semaine du 20 au 25 février 2017. Toutes les sources sont en anglais.

Les scientifiques doivent s’engager plus avec le public – Après l’arrivée de l’administration Trump, de nombreux scientifiques se demandent comment répondre aux diatribes anti-science lancées par Trump et ses collaborateurs. C’est une mauvaise question, car la vraie question concerne comment les scientifiques doivent s’engager plus avec ceux qui ont voté pour Trump, soit une partie de la population qui croit de moins en moins sur les bienfaits de la science. Vaste question et la solution ne sera pas simple.

L’effondrement de la société aztèque lié à une épidémie de Salmonelle – En 1591, quand les Espagnols menés par Cortés sont arrivés au Mexique, le pays comptait 25 millions d’habitants. 100 ans plus tard, il ne restait que 1 million d’habitants après une série de plusieurs épidémies. Ces épidémies sont connues comme la cocoliztli et on les compare à celles de la Peste noire en Europe. Et une analyse ADN sur des corps enterrés à cette époque révèlent que c’est une souche de la Salmonelle qui a provoqué ce massacre en masse. Il y a une possibilité que ce soit les Européens qui aient amené ces souches de la Salmonelle au Mexique. Et certains obscurantistes pensent encore que la colonisation a eu des bienfaits.

Des scientifiques veulent reclasser Pluton au rang d’une planète – De nombreux scientifiques n’avaient pas apprécié que Pluton perde son statut de planète en 2006. Et ces partisans ont proposé une nouvelle définition qui redonnerait ses lettres de noblesse planétaires à Pluton. Cette nouvelle définition serait qu’une planète est une masse substellaire qui n’a jamais déclenché une fusion nucléaire et qui possède une gravitation suffisante pour avoir une forme sphéroïdale qu’on peut décrire par un ellipsoïde triaxial indépendamment de ses paramètres orbitaux ou plus simplement qu’une planète concerne tous les objets ronds dans l’espace qui sont plus petit que des étoiles. Cette proposition n’est pas sérieuse selon d’autres scientifiques, car cela impliquerait que la totalité des lunes dans notre système solaire deviendrait des planètes.

L’Afrique se bat contre un parasite connu comme le légionnaire d’automne – Le légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda) se propage en Afrique à toute vitesse. C’est un nuisible qui détruit les récoltes de maïs, de millet et de sorgho. Il est apparu en Afrique il y a à peine 12 mois et il fait déjà des ravages sur tout le continent. Les experts estiment que l’Europe et l’Asie seront les prochains si on ne prend pas des mesures urgentes. Le danger est que ce parasite peut vivre sur des centaines de plantes agricoles et que son extermination et sa propagation seront très difficiles.

2 grands scientifiques américains d’origine chinoise abandonnent leur citoyenneté américaineYang Chen Ning, âgé de 94 ans, et Andrew Yao, âgé de 70 ans, ont abandonné leur citoyenneté américaine. Yang Chen Ning a partagé le prix Nobel de physique en 1957 tandis que Andrew Yao, vainqueur de l’A.M. Turing Award en 2000, sont de grands noms de la science aux États-Unis. Ils sont nés en Chine, mais ils ont fait la majorité de leur carrière aux États-Unis même s’ils sont retournés en Chine par la suite. On n’a aucune raison de cet abandon de la citoyenneté, mais la Chine, contrairement à certains, accueille les scientifiques à bras ouverts en leur promettant des subventions conséquentes. Notons que cela n’a rien à voir avec l’administration actuelle aux USA puisque leur abandon de citoyenneté date de 2015. On peut penser que d’autres scientifiques vont rejoindre la Chine dans les prochaines années, car les cieux y sont plus cléments. Cela montre que la science dans les pays « démocratiques » est vraiment mal en point s’il y a des chercheurs qui préfèrent un pays avec des libertés plus restreintes.

Le papillon monarque a-t-il subi une erreur scientifique de 40 ans ? Le papillon monarque possède 30 chromosomes, c’est le constat admis par la littérature scientifique. Cependant, un chercheur a fait sa propre analyse où il a trouvé que le papillon monarque avait seulement 28 chromosomes. Cela sous-entend qu’une petite erreur s’est glissée dans les papiers scientifiques et personne ne l’a remarqué pendant 40 ans. Mais comment est-ce possible ? En fait, on a un papier datant de 2004 qui mentionne ce nombre de chromosomes et ce papier cite un autre papier datant de 1957. Le problème est que ce papier de 1957 a été réalisé par des chercheurs indiens qui annonçaient la découverte d’un papillon monarque en Inde et c’est étrange puisque c’est une espèce principalement nord-américaine. Mais l’erreur va plus loin, car ces scientifiques indiens se sont carrément trompé d’espèce, car ils ont confondu le papillon monarque avec le Common Tiger qui est très similaire. Mais ce n’est pas la faute des scientifiques indiens qui avaient manqué une reclassification de ce papillon. Après que ce chercheur ait rapporté le nombre de 28 chromosomes, une autre équipe a refait les tests en rapportant de nouveau 30 chromosomes et il semble que les 2 aient raison puisque l’aspect génétique du papillon est connu pour varier selon des populations de la même espèce. Mais le point important de cette histoire, qui parait minimale, est qu’on doit corriger même les erreurs les plus infimes en science.

Une flottille de petits satellites va photographier la terre tous les jours – Une entreprise nommée Planet vient de lancer 88 petits satellites à bord d’un lanceur indien pour totaliser une flotte de 144 satellites autour de la Terre. Leur rôle sera de photographier la planète à une distance de 3,7 mètres tous les jours pour avoir une cartographie précise et en temps réel. Au-delà de l’aspect scientifique, c’est également l’aspect économique qui est intéressant puisque des entreprises sont prêtes à payer pour avoir des données en temps réel sur les zones agricoles ou celles de la pêche. Pour la science, c’est une occasion d’avoir des informations plus précises sur le phénomène du blanchissement des coraux par exemple.

DeepCoder est une intelligence artificielle qui peut coder ses propres programmes – DeepCoder est une intelligence artificielle qui peut créer ses propres programmes en « empruntant » le code à d’autres logiciels à la manière d’un développeur qui utilise du code existant. Et étant donné la quantité du code disponible en Open Source, cela peut amener des choses vraiment intéressantes. L’objectif final est que l’IA puisse permettre à des gens lambdas de créer des programmes sans savoir coder. Il suffit qu’on dise l’idée du programme à DeepCoder et il va générer le code correspondant.

Une IA bat les meilleurs joueurs de Super Smash Bros – Encore une intelligence artificielle qui a battu les meilleurs joueurs, cette fois, dans le jeu Super Smash Bros, un jeu populaire de Nintendo. Contrairement à un jeu comme les échecs, le Go ou le Poker, Super Smash Bros se base uniquement sur la réactivité et une IA aura des réflexes toujours plus rapides que le meilleur des joueurs.

Quand un lauréat du prix Nobel admet des erreurs – Daniel Kahneman est un psychologue qui est célèbre pour avoir démontré la manière dont nous formons nos jugements. Il a gagné le prix Nobel des sciences économiques de 2002, mais dans un livre, il cite des études avec un échantillon très faible et des chercheurs ont estimé que c’était contre l’éthique de proposer ces études alors qu’elles ne sont pas concluantes. Daniel Kahneman a totalement admis ses erreurs et c’est assez rare pour le souligner. Espérons que cela donne des leçons à d’autres chercheurs qui nient toute mauvaise conduite alors que leurs pratiques sont bien pires.

17 chercheurs ont reçu près de 100 millions de dollars de subventions alors qu’ils ont été reconnus coupables de mauvaise conduite – On pense que la carrière d’un chercheur est fini s’il a été reconnu coupable de mauvaise conduite. Mais une analyse suggère qu’il y a eu près de 17 chercheurs, coupables de mauvaise conduite, qui ont continué à percevoir des subventions totalisant 100 millions de dollars. Mais c’est douteux de faire ce type de lien. Ce n’est pas parce qu’un chercheur est coupable de quelque chose qu’il est bon pour la poubelle. Peut-être qu’il s’est amélioré et que ses subventions sont légitimes. Je croyais que la science privilégiait l’indépendance du contenu par rapport à l’auteur ?

Un experte en communication devrait se taire plutôt que de dire des conneries – Il parait que la science a un problème avec les Fake News, si si, il faut vraiment qu’on combatte ce fléau post-trump. La science propose des solutions, mais je ne pense pas qu’une experte en communication puisse être considéré comme une scientifique. Dominique Brossard, professeure de communication, nous donne 3 pistes pour contrer les fausses nouvelles. La première est assez banale, car elle implique que les scientifiques doivent s’engager plus avec les journalistes et le public (s’ils le faisaient correctement, on n’en serait pas là). Mais les deux autres pistes, proposés par cette experte, semblent être des idées sorties tout droit de la tête de Kim Jong-un, dirigeant actuel de la Corée du Nord. Ainsi, elle nous propose que les scientifiques et les instituts de recherche doivent s’inspirer des tactiques de Coca-Cola qui surveille la moindre utilisation abusive de sa marque. En gros, elle veut mettre un verrou en acier trempé sur les études scientifiques et utiliser la poursuite judiciaire si quelqu’un critique ces études scientifiques. Il faudrait expliquer à Dominique Brossard que les critiques des études scientifiques sont le pilier de la science, mais bon. Ensuite, elle suggère également que les moteurs de recherche suppriment les liens qui mènent aux études rétractées. Elle prend l’exemple de l’étude qui avait fait le lien entre la vaccination et l’autisme en estimant qu’elle est toujours disponible via Google. Déjà qu’on a dû mal à promouvoir la science avec des études qui sont publiques, cette personne veut également censurer tous les échecs de la science. Bien sûr, donnons des munitions supplémentaires aux anti-science pour qu’ils crient à la censure (à raison) puisqu’on leur cache des études. Chère Dominique Brossard, vous feriez mieux de vous taire, car c’est vraiment trop de conneries pour un seul communiqué de presse.

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
Loading...
mm

Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. Dominique Brossard dit :

    Chère Jaqueline, je serais ravie de discuter de mon communiqué de presse que vous n’avez apparemment pas compris.

    Dominique Brossard

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *