vendredi , 22 septembre 2017

Tardigrade, le dernier des survivants

Un impact d’un gros astéroïde, une Supernova ou même les rayonnements Gamma. Rien ne semble capable de détruire les tardigrades sur Terre.


Tardigrade, le dernier des survivants
L‘une des espèces les plus résistantes du monde, le tardigrade, qui est également connu sous le nom d’ourson d’eau, survivra jusqu’à la mort du soleil selon une nouvelle recherche par l’Université d’Oxford. La nouvelle étude publiée dans Scientific Reports a montré que les tardigrades survivraient à toutes les catastrophes astrophysiques et elles vont persister pendant au moins pendant 10 milliards d’années. On parle souvent de l’impact cataclysmique d’un événement astrophysique sur l’humanité, mais ignore ce qu’il faudrait pour tuer toutes les formes de vie sur Terre et comme le Tardigrade est un sacré dur à cuir, on peut le considérer comme le dernier des survivants.

La recherche suggère que la vie sur Terre pourra toujours se développer tant que le Soleil continuera à briller. Elle révèle aussi qu’une fois que la vie apparait, cette dernière est très résiliente et quasi impossible à détruire. Ainsi, cela ouvre des possibilités d’apparition de la vie sur les exoplanètes.

Les Tardigrades sont la forme de vie la plus résistante sur terre. Les tardigrades sont capables de survivre jusqu’à 30 ans sans nourriture ni eau. Ils peuvent endurer des températures extrêmes jusqu’à 150 degrés Celsius. Ils peuvent vivre dans les abysses des océans et même dans le vide de l’espace. L’ourson d’eau peut vivre jusqu’à 60 ans et il peut atteindre une taille maximale de 0,5 mm. Des chercheurs des universités d’Oxford et de Harvard ont constaté que les tardigrades survivraient probablement à toutes les calamités astrophysiques telles qu’un astéroïde. En effet, un astéroïde n’est pas suffisant pour faire bouillir les océans. Les chercheurs ont considéré 3 événements potentiels et on peut citer l’impact des gros astéroïdes, l’explosion d’étoiles sous forme de supernovae ou les rayons gamma.

Les astéroïdes

En fait, un corps céleste s’écrasant pourrait faire bouillir les océans. Mais on ne connait qu’une douzaine d’astéroïdes et de planètes naines qui possèdent la masse suffisante pour le faire. Ainsi, les chercheurs ont calculé qu’il faut une masse de 2×10^18 kg percutant la terre pour faire bouillir les océans. Actuellement, on a l’astéroïde Vesta (ayant une masse de 2×10^20 kg) et la planète naine Pluton (ayant une masse de 10^22 kg), mais ni Vesta, ni Pluton ne vont croiser la Terre afin de nous débarrasser des tardigrades.

La Supernova

On laisse tomber les astéroïdes et on passe à l’artillerie lourde en utilisant la supernova. Pour faire bouillir les océans, il faut qu’une supernova soit à 0,14 année-lumière (environ 1,3245e+12 de kilomètres). Mais l’étoile la plus proche du Soleil est à 4 années-lumière et la probabilité qu’une étoile massive explosant assez près de la Terre pour tuer toutes les formes de vie est très négligeable. En tout cas, la probabilité est quasi nulle pendant l’existence de notre soleil.

Les rayons Gamma

La Supernova n’est pas suffisante et donc, il faut passer aux rayons de la mort. Les rayons gamma sont parmi les événements les plus brillants et les plus énergétiques de l’univers. Mais ils sont bien plus rares qu’une Supernova. Et de la même manière, les rayons gamma sont trop éloignés de la terre pour être considérés comme une menace viable. Pour pouvoir faire bouillir les océans du monde, un sursaut de rayonnement gamma devrait se situer à 40 années-lumière et la probabilité qu’on en ait un dans cette fourchette de distance est encore plus improbable que la supernova.

Le tardigrade, une piste pour découvrir des formes de vie sur d’autres planètes ?

Selon le Dr Rafael Alves Batista, co-auteur et chercheur à l’Université d’Oxford : Sans la technologie qui nous protège, les humains sont des espèces très vulnérables. Des changements subtils dans notre environnement nous touchent de façon spectaculaire. Mais il existe des espèces beaucoup plus résilientes sur terre. La vie sur cette planète pourra continuer pendant longtemps après que les humains aient disparu.

Les Tardigrades sont quasi indestructibles sur Terre, mais il est possible qu’il y ait d’autres exemples d’espèces résilientes ailleurs dans l’univers. Dans ce contexte, il existe des possibilités pour rechercher la vie sur Mars et dans d’autres domaines du système solaire en général. Si une planète comme la Terre peut avoir des organismes comme les tardigrades, alors qui sait ce qu’il peut y avoir ailleurs ?

Selon le Dr David Sloan, co-auteur et également chercheur à l’Université d’Oxford : Il existe de nombreuses études sur les scénarios “d’extinction de l’espèce humaine” sur Terre avec des événements astrophysiques comme les supernovae. Mais notre étude a analysé le tardigrade qui est l’espèce la plus résistante. Nous vivons dans une ère où nous pouvons explorer des milliers d’exoplanètes avec l’espoir de réaliser une spectroscopie dans un avenir proche. La spectroscopie nous permet de chercher des signatures de la vie, mais nous voulions essayer d’observer le niveau de résistance de la vie dans son ensemble.

À notre grande surprise, nous avons constaté que, bien que les supernovae proches ou les gros impacts d’astéroïdes soient catastrophiques pour les humains, les tardigrades pourraient continuer tranquillement leur vie. Par conséquent, il semble que la vie, une fois qu’elle apparait, est difficile à détruire de manière définitive. Un grand nombre d’espèces peuvent disparaître, mais la vie dans son ensemble continuera.

En soulignant la résilience de la vie en général, la recherche élargit la possibilité de la vie hors de la Terre que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de notre système solaire. Le professeur Abraham Loeb, co-auteur et président du département Astronomie de l’Université Harvard, a déclaré : Il est difficile d’éliminer toutes les formes de vie d’une planète habitable.

L’histoire de Mars indique qu’il avait autrefois une atmosphère qui aurait pu favoriser la vie même si les conditions étaient extrêmes. Des organismes, ayant des tolérances semblables aux rayonnements et à la température, comme les tardigrades, pourraient survivre sous la surface dans ces conditions. Les océans souterrains sur Europa et Encelade auront des conditions similaires aux océans profonds sur Terre où on peut trouver les tardigrades. La découverte d’extrémophiles dans de tels endroits serait un progrès significatif pour déterminer la gamme des conditions de vie existant sur les exoplanètes

Source : Scientific Reports (http://www.nature.com/articles/s41598-017-05796-x)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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