Uromys vika, un rat géant dans les îles Salomon

Un chercheur rapporte la découverte de Uromys vika, un rat géant dans les îles Salomon. Il peut peser jusqu’à 1 kg et mesurer jusqu’à 45 centimètres. C’est un rat qui vit dans les arbres et qui peut casser des noix de coco. On vient à peine de le découvrir et il est déjà menacé d’extinction à cause de la déforestation.


Une illustration d'artiste de ce rat géant Uromys vika - Crédit : Velizar Simeonovski, The Field Museum
Une illustration d'artiste de ce rat géant Uromys vika - Crédit : Velizar Simeonovski, The Field Museum

Les rats géants sont souvent le sujet des films de science-fiction, mais un spécialiste des mammifères vient de découvrir une nouvelle espèce de dans les îles Salomon. Le mammalogiste Tyrone Lavery a entendu des rumeurs d’un gigantesque qui ressemblait à un opossum qui vivait dans des arbres et qui cassait des noix de coco avec ses dents lors de son premier voyage aux îles Salomon en 2010. Après des années de recherche et une course contre le déboisement, détruisant l’habitant de ce rat géant, Lavery, avec John Vendi et Hikuna Judge, l’ont finalement trouvé.

La nouvelle espèce, , est assez spectaculaire, c’est un gros rat géant selon Lavery, chercheur postdoctoral au Field Museum de Chicago et auteur principal dans le papier qui sera publié dans Journal of Mammalogy. Les îles Salomon, un pays composé d’une série d’îles au nord-ouest de l’Australie, sont très isolées sur le plan biologique. Plus de la moitié des mammifères des îles Salomon ne se trouvent nulle part ailleurs sur Terre ce qui en fait un endroit attrayant pour les scientifiques.

Quand j’ai rencontré les gens de l’île Vangunu dans les Salomon, ils m’ont parlé d’un rat originaire de l’île qu’ils ont appelé qui vivait dans les arbres selon Lavery. Mais malgré des années de recherche, ce rat géant était introuvable. J’ai commencé à me poser des questions s’il s’agissait vraiment d’une espèce distincte ou si les gens avaient donné le surnom de vika aux rats standards selon Lavery. La difficulté de la recherche s’explique par le mode de vie de ces rats sur les arbres. Si vous cherchez quelque chose qui vit sur le sol, vous regardez seulement en deux dimensions, mais si vous cherchez quelque chose qui peut vivre dans des arbres, alors vous devez ajouter une nouvelle dimension à votre recherche selon Lavery.

Finalement, le chercheur a découvert un de ces rats dans un arbre abattu. Dès que j’ai examiné le spécimen, je savais qu’il était différent selon Lavery. Il n’y a que 8 espèces connues de rats indigènes des Îles Salomon et en regardant les traits de son crâne, je pouvais exclure tout un tas d’espèces. Après avoir comparé le spécimen à des espèces similaires dans les collections de musées et vérifié l’ADN du nouveau rat contre l’ADN de ses proches, Lavery a confirmé que le rat géant était une nouvelle espèce, qu’il a nommée Uromys vika en l’honneur du nom local du rat. Ce projet montre vraiment l’importance des collaborations avec la population locale selon Lavery.

Le crâne de ce rat Uromys vika - Crédit : Tyrone Lavery, The Field Museum

Le crâne de ce rat Uromys vika – Crédit : Tyrone Lavery, The Field Museum

Vika est beaucoup plus grand que les rats noirs qui se sont répandus dans le monde avec les colons européens. Les rats normaux pèseront environ 200 grammes, mais ce rat géant des Îles Salomon peut peser jusqu’à 1 kg. Et de la pointe de son nez jusqu’à la pointe de sa queue, Uromys vika fait environ 45 centimètres. On n’a pas encore observé ces rats en train de casser des noix de coco, mais ils ont un penchant pour mâcher des trous circulaires dans des noix pour atteindre la chair.

La taille géante du rongeur et le style de vie dans les arbres peuvent remonter aux caractéristiques des îles Salomon. Ces îles sont pleines d’animaux qui ne se trouvent nulle part ailleurs sur la terre qui ont évolué isolément du reste du monde. Les ancêtres de Vika sont probablement arrivés sur l’île avec la végétation et une fois qu’ils sont arrivés, ils sont devenus cette nouvelle espèce.

Les traces de mastication de ce rat Uromys vika sur des noix - Crédit : Tyrone Lavery, The Field Museum.

Les traces de mastication de ce rat Uromys vika sur des noix – Crédit : Tyrone Lavery, The Field Museum.

Même si on vient de découvrir ce rat, il est déjà menacé d’extinction en raison de sa rareté et de la menace posée par l’exploitation forestière dans son habitat de forêt tropicale. On est arrivé à une étape où si on ne l’avait pas découvert maintenant, alors on l’aurait perdu à jamais selon Lavery. Il est urgent de pouvoir documenter ce rat et trouver un soutien supplémentaire pour la Zaira Conservation Area sur Vangunu. Lavery a également souligné la nécessité de préserver les rats, pas seulement pour des raisons écologiques, mais pour le rôle qu’ils jouent dans la vie des gens de Vangunu. Ces animaux sont des éléments importants de la culture à travers les îles Salomon. La découverte marque un moment important dans l’étude biologique des îles Salomon d’autant plus que Vika est si rare et proche de l’extinction.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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