Comment les macrophages peuvent-ils supprimer les tatouages ?

Une recherche suggère que le ciblage des macrophages autour des tatouages permettrait de les supprimer plus facilement. Ainsi, on pourrait combiner la chirurgie au laser et l’ablation des macrophages pour faciliter cette suppression.


Les pigments verts de tatouage sont repris par les macrophages du terme (gauche). Le pigment est libéré quand ces cellules meurent (centre), mais 90 jours plus tard, le pigement est récupéré par de nouveaux macrophages (droite) - Crédit : Baranska et al., 2018
Les pigments verts de tatouage sont repris par les macrophages du terme (gauche). Le pigment est libéré quand ces cellules meurent (centre), mais 90 jours plus tard, le pigement est récupéré par de nouveaux macrophages (droite) - Crédit : Baranska et al., 2018

Des chercheurs en France ont découvert que, même si un tatouage est généralement permanent, les cellules de la peau qui portent le pigment de tatouage ne le sont pas. Les chercheurs estiment que les cellules peuvent transmettre le pigment à de nouvelles cellules lorsqu’elles meurent. L’étude, qui sera publiée dans la revue Journal of Experimental Medicine, suggère des moyens d’améliorer la capacité de la chirurgie au laser pour éliminer les tatouages indésirables.1

La persistance du tatouage

Pendant de nombreuses années, on pensait que les tatouages fonctionnaient en colorant les cellules fibroblastiques dans la couche dermique de la peau. Mais plus récemment, des chercheurs ont suggéré que les macrophages, des cellules immunitaires spécialisées qui résident dans le derme, sont attirés par la blessure infligée par l’aiguille de tatouage et engloutissent le pigment de tatouage comme ils engloutiraient normalement un pathogène envahissant ou un morceau d’une cellule mourante. Dans les deux cas, il est supposé que la cellule porteuse de pigment demeure éternellement permettant au tatouage d’être plus ou moins permanent.

Une équipe de chercheurs dirigée par Sandrine Henri et Bernard Malissen du Centre d’immunologie de Marseille-Luminy a mis au point une souris génétiquement modifiée qui leur a permis de tuer les macrophages qui résident dans le derme et certains autres tissus. Au cours des semaines suivantes, ces cellules sont remplacées par de nouveaux macrophages dérivés de cellules précurseurs appelés monocytes.

Etant donné que le pigment du tatouage peut être recapturé par de nouveaux macrophages, un tatouage sera permanent avant (gauche) et après (droite) la mort des macrophages du derme - Crédit : Baranska et al., 2018

Etant donné que le pigment du tatouage peut être recapturé par de nouveaux macrophages, un tatouage sera permanent avant (gauche) et après (droite) la mort des macrophages du derme – Crédit : Baranska et al., 2018

Les chercheurs ont constaté que les macrophages dermiques étaient le seul type de cellule à prendre des pigments lorsqu’ils tatouaient les queues de la souris. Pourtant, l’apparence des tatouages n’a pas changé lorsque les macrophages ont été tués. L’équipe a déterminé que les macrophages morts libèrent le pigment dans leur environnement, où, dans les semaines suivantes, il est absorbé par de nouveaux macrophages dérivés de monocytes avant de pouvoir se disperser.

Le pigment est récupéré sans cesse par de nouveaux macrophages

Ce cycle de capture, de relâchement et de recapture des pigments se produit continuellement dans la peau tatouée même lorsque les macrophages ne sont pas éliminés en une seule fois. Les chercheurs ont transféré un morceau de peau tatouée d’une souris à l’autre et ils ont constaté qu’après 6 semaines, la plupart des macrophages porteurs de pigments provenaient du receveur plutôt que de l’animal donneur.

Nous pensons que lorsque les macrophages de tatouage pigmentés meurent au cours de leur vie adulte, les macrophages voisins récupèrent les pigments libérés et assurent de manière dynamique l’aspect stable et la persistance à long terme des tatouages selon Henri. Les tatouages peuvent être enlevés par des impulsions laser qui provoquent la mort des cellules de la peau et libèrent leur pigment qui peut ensuite être transporté loin de la peau et dans le système lymphatique du corps.

On peut améliorer la suppression du tatouage en combinant la chirurgie au laser avec l’ablation transitoire des macrophages présents dans la zone de tatouage selon Malissen. En conséquence, les particules de pigment fragmentées générées en utilisant des impulsions laser ne seront pas immédiatement recapturées, qui est une condition augmentant la probabilité de les avoir évacués par les vaisseaux lymphatiques.

Sources

1.
Journal of Experimental Medicine. Journal of Experimental Medicine. 10.1084/jem.20171608″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1084/jem.20171608. Published March 6, 2018. Accessed March 6, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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