mardi , 24 avril 2018

La consommation de l’actualité scientifique par les Américains

Le Pew Research Center publie une étude sur la consommation de l’actualité scientifique chez les Américains. La plupart se contente des actualités scientifiques dans les médias généralistes et seule une petite partie fait l’effort de chercher et de lire les actualités provenant de sources spécialisées.


La consommation de l’actualité scientifique par les Américains
À une époque où l’information scientifique est de plus en plus au centre des divisions publiques, la plupart des Américains lisent l’actualité scientifique quelques fois par mois et quand ils le font, la plupart l’obtiennent par hasard plutôt que par intention selon une nouvelle étude du Pew Research Center.1 Environ un tiers (36 %) des Américains estiment qu’ils reçoivent des actualités scientifiques au moins quelques fois par semaine, 30 % le recherchent généralement et seulement 17 % des Américains sont assez intéressés pour chercher et lire activement l’actualité scientifique.

Le sondage, mené du 30 mai au 12 juin 2017, parmi un échantillon représentatif national de 4 044 adultes âgés de 18 ans et plus, constate qu’une majorité (54 %) des Américains reçoit régulièrement leurs actualités scientifiques des sites généralistes. La source généraliste est la plus fréquente parmi les 10 sources citées dans l’étude.

Mais les Américains considèrent qu’une poignée de sources spécialisées dans l’actualité scientifique, notamment les musées scientifiques et technologiques, les magazines et les documentaires scientifiques sont plus susceptibles de fournir des preuves sur la science. Environ la moitié des adultes des États-Unis estiment que chacune de ces sources spécialisées propose des preuves sur la science la plupart du temps contre seulement 28 % qui consomment l’actualité scientifique dans un site généraliste.

Une partie des Américains (57 %) estiment que les médias font un bon travail couvrant l’ensemble des actualités scientifiques. Néanmoins, une partie du public observe une série de problèmes dans la couverture de la recherche scientifique provenant des médias, des chercheurs et même du public. Par exemple, 43 % des Américains estiment que c’est un gros problème que les médias soient trop rapide pour rapporter les résultats qui ne peuvent pas résister à la reproductibilité. D’autres problèmes dans l’esprit public : les chercheurs publient tellement d’études qu’il est difficile de distinguer les bonnes et les mauvaises (40 % estiment que c’est un gros problème), le public ne possède pas suffisamment de connaissances scientifiques pour comprendre ou pour tirer des conclusions sur la façon d’appliquer les résultats de la recherche à leur vie (44 % et 42 %, respectivement). Mais lorsqu’on leur a demandé de choisir entre seulement 2 options, 73 % des Américains ont déclaré que le plus gros problème réside dans la façon dont les journalistes couvrent la recherche scientifique plutôt que la façon dont les chercheurs publient leurs résultats (24 %).

Les 17 % des Américains qui sont des consommateurs actifs d?actualités scientifiques (ceux qui ont tendance à chercher des actualités scientifiques et à les consommer au moins quelques fois par semaine) sont engagés dans l’information scientifique de diverses façons. Ils possèdent plus de sources d’actualité scientifique, ils sont plus susceptibles de discuter des actualités scientifiques et sur les médias sociaux, ils sont plus susceptibles de suivre des pages ou des groupes scientifiques. Ils sont également plus susceptibles de participer à un parc, à un musée ou un autre lieu informel de vulgarisation de la science au cours de la dernière année, d’avoir un passe-temps lié à la science ou d’avoir participé à une activité scientifique citoyenne comme la collecte d’échantillons de données ou faire des observations dans le cadre d’un projet de recherche scientifique.

Avec des questions importantes liées à la science au centre des débats publics, il existe des questions sur la façon dont le public obtient de l’information sur les sujets scientifiques selon Cary Funk du Pew Research Center. Nous avons un noyau solide d’Américains qui sont des consommateurs actifs des actualités scientifiques et ce groupe est distinctif dans la façon dont ils utilisent et évaluent les actualités scientifiques. Certaines informations scientifiques aboutissent également au public par d’autres voies incluant les lieux d’apprentissage informel, tels que les musées et les médias de divertissement liés à la science.

Parmi les résultats notables de l’étude :

  • Même si la plupart des utilisateurs de médias sociaux lisent des articles sur la science sur ces plateformes, un groupe d’environ 26 % estiment qu’ils suivent des pages ou des comptes scientifiques. Environ 44 % des utilisateurs estiment qu’ils voient des actualités scientifiques sur ces sites qu’ils n’auraient pas rencontrés ailleurs. Mais près de la moitié (52 %) disent qu’ils se méfient surtout des actualités scientifiques qu’ils voient sur ces réseaux sociaux contre 26 % qui font surtout confiance aux publications scientifiques sur les réseaux sociaux.
  • Les républicains et les démocrates (incluant les indépendants soutiennent chaque parti) sont également susceptibles d’être des consommateurs scientifiques actifs (17 % et 18 %, respectivement) et affichent des niveaux d’intérêt similaires dans les actualités scientifiques. Mais les divergences politiques émergent dans les jugements sur la façon dont les médias couvrent la science. Par exemple, environ les deux tiers (64 %) des démocrates estiment que les médias font un bon travail couvrant la science par rapport à 50 % des républicains.
  • La plupart des Américains rencontrent du contenu scientifique par le biais de médias de divertissement. 81 % estiment qu’ils regardent au moins un ou plusieurs émissions et films concernant les enquêtes criminelles, les hôpitaux et les milieux médicaux ou la science-fiction. Même si la plupart des Américains croient que de tels émissions et films sacrifient le réalisme pour le divertissement, la plupart estiment qu’une telle programmation ne nuit pas à leur propre compréhension de la science. Par exemple, 57 % des adultes américains estiment que les émissions d’investigation criminelle et les films ne font aucune différence dans leur compréhension de la science, de la technologie et de la médecine. 30 % estiment que cela les aide à mieux comprendre la science et seulement 11 % disent que ces émissions nuisent à leur compréhension.
  • Environ 6 Américains sur 10 (62 %) déclarent avoir été dans un lieu informel d’apprentissage de la science comme un parc, un zoo ou un musée des sciences et de la technologie au cours de la dernière année. 18 % déclarent avoir un passe-temps en sciences et 16 % disent avoir participé à une activité de recherche scientifique citoyenne que ce soit en collectant des échantillons de donnés pour un projet de recherche scientifique, en contribuant à une activité de crowdsourcing en ligne ou en participant à un hackathon.

Malgré de vastes divergences politiques en ce qui concerne certaines questions liées à la science telles que le changement climatique et l’énergie, les adultes américains, des deux camps, sont assez similaires dans leur niveau d’intérêt, leur consommation et leur tendance à lire des actualités scientifiques dans les médias généralistes selon Amy Mitchell, directrice de la recherche sur le journalisme. Mais dans le même temps, nous voyons des divisions politiques dans les jugements sur les actualités scientifiques alors que près de deux tiers des démocrates estiment que les médias font au moins un bon travail pour couvrir la science alors que les républicains sont plus fidèles à la ligne de leur parti sur les médias en général.

Sources

1.
Pew Research Center. Pew Research Center. http://www.journalism.org/2017/09/20/science-news-and-information-today/. Accessed September 19, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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