Google lance un appel pour contrer la propagande de l'Etat Islamique


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  • Le profil des Américains recruté par l'Etat Islamique

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    Google a lancé un appel aux armes contre le groupe Etat Islamique en estimant que les terroristes ont réussi à créer une stratégie de contenu viral avec sa propagande et ses vidéos de décapitation. 2 responsables de Google, David Drummond, chef du département juridique et Victoria Grand, directrice des politiques, ont profité du festival Cannes Lions pour lancer un appel à attaquer les vidéos de propagande de l’Etat Islamique sur Youtube.

    Google estime que nous perdons du terrain face à la propagande de l’Etat Islamique

    Selon Grand, l’Etat Islamique possède désormais son moment viral sur les médias sociaux et il n’y a pas assez de contre-attaques pour lutter contre ce groupe. L’Etat Islamique s’est fait une spécialité de publier des contenus inhumains et atroces. Nous voyons toujours des vidéos de décapitation au moins 2 à 3 fois par semaine. Les terroristes utilisent ces canaux d’informations depuis plus de 10 ans, mais ils l’ont propulsé à un autre niveau avec les médias sociaux. Drummond, qui est l’une des figures de proue de Google dans la bataille contre les législateurs, a déclaré aux milliers de médias à la conférence que l’Etat Islamique utilise les réseaux sociaux pour la propagande et le recrutement. Selon ce responsable, l’Etat Islamique possède de nombreux groupes de soutien sur le web et les réseaux sociaux. Ils sont parfois minoritaires, mais ils savent se faire entendre. Et pour le moment, leurs voix sont plus fortes que les nôtres et nous devons combattre ensemble pour lutter contre cette propagande.

    Cet appel de Google n’est pas désintéressé, car on sent que l’entreprise veut promouvoir l’aspect global de Google contre les enquêtes qui le menace en Europe. En substance, Google veut nous dire qu’il est capable d’intervenir contre cette propagande sur un niveau global et que les sanctions locales risquent de le freiner dans cet objectif. Selon Victoria Grand : le défi de Google est d’avoir un équilibre entre permettre aux gens de s’informer sur ces dangers tout en évitant que les outils de Google deviennent une plateforme de promotion pour la propagande de l’Etat Islamique. Et la présentation de Google a donné de nombreux exemples sur les sujets qu’il doit censurer. On a Robin Thiche et sa vidéo misogyne Blurred Line ou la bande-annonce explicitement sexuelle du film Nymphomaniac par Lars Von Trier. Google doit également gérer les vidéos de Prank des adolescents qui sniffent des désodorisants, les vidéos sur l’euthanasie ou les violences meurtrières des policiers aux États-Unis.

    L’attaque sur Charlie Hebdo

    Mais le débat le plus intense s’est porté si Google doit bannir ou approuver le contenu lié à la propagande terroriste. Pendant ce débat, les participants à la conférence pouvaient voter avec des signes rouges ou verts. Google a expliqué ses raisons d’autoriser les vidéos de la mort de Neda Agha-Soltan qui ont été filmés par un amateur pendant les élections iraniennes de 2009. Google a également dû gérer la décision de bloquer la vidéo sur l’assassinat d’un policier dans l’attaque de Charlie Hebdo. Selon Drummond : Nous avons reçu un appel de nos collègues français pour nous demander si on doit bannir la vidéo. Drummond a déclaré que Google devait considérer la dignité de la victime, mais également l’aspect de l’actualité qui était dans la vidéo. Et nous avons décidé de l’autoriser au niveau mondial (sauf en France où elle est interdite). Drummond ajoute qu’il est important de comprendre que cette vidéo a été prise par un passant et non par les agresseurs. Même si c’est une vidéo atroce, elle permet de comprendre l’historique des événements.

    Google a déclaré que ce type de vidéo comme d’autres tels que les films qui sont interdits dans des pays répressifs était justifié parce qu’ils avaient une chance d’être visibles par le monde entier. Mais on ne peut pas autoriser l’Etat Islamique à pratiquer sa propagande sur Youtube. Google n’a pas hésité à critiquer les médias de masse, notamment Fox News qui a diffusé la mort d’un pilote jordanien alors que Google l’avait bloqué. Google estime qu’on doit toujours maintenir l’équilibre entre une vidéo violente, mais qui relève de l’actualité et une propagande pure de l’Etat Islamique.

    La censure n’est pas une réponse pour Google

    Même si Google prend son temps avant de censurer un contenu, il estime que ce n’est pas la meilleure solution pour combattre l’Etat Islamique sur le web et les réseaux sociaux. Les gens ont marre de la violence et pour beaucoup de personnes, la censure semble être la seule alternative. Mais ce n’est pas parce qu’on cache cette violence qu’elle va disparaitre. Selon Drummond, nous devons combattre l’Etat Islamique avec la raison. Nous devons le comprendre et nous devons résister face à ce groupe et maintenir le silence n’est surement pas la réponse. Nous devons briser la doctrine violente avec de meilleurs messages, car cela permettra de réduire efficacement l’influence de l’Etat Islamique.

    Google appelle les responsables dans le marketing et la publicité à créer des contenus qui combattent la propagande de l’Etat Islamique. Nous pensons que les terroristes se cachent dans des caves, mais on les voit partout en ligne. Ils sont présents sur tous les fronts et nous devons faire de même. Nous devons aller vers les jeunes qui risquent d’être manipulés par cette propagande et nous devons proposer des contenus qui sont disponibles sur des plateformes ouvertes telles que Youtube. Ben ouais, Google ne rate jamais une occasion de promouvoir ses services. Mais ce type d’appel est plutôt intéressant de la part de Google qui ne s’est jamais impliqué directement dans ce type de contre-attaque. C’est sans doute une bonne chose, mais faut-il que les gens aient les moyens de lutter efficacement contre ces propagandes.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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