Une plainte collective des chauffeurs contre Uber

Encore une mauvaise nouvelle pour Uber. Un juge vient d’autoriser une plainte collective des chauffeurs d’Uber sur leurs statuts en tant que prestataire ou employé. Et la plainte pourrait attirer des milliers de chauffeurs.


Une plainte collective des chauffeurs contre Uber

Un juge en Californie vient d’étendre la portée d’une plainte collective contre . Cette plainte demande qu’Uber reconnaisse ses chauffeurs comme des employés à temps plein plutôt que d’être des prestataires indépendants. En septembre 2015, le juge Edward Chen avait lancé cette plainte collective, mais il avait limité le nombre de plaignants. Seuls les chauffeurs, qui avaient rejoint Uber avant juin 2014, pouvaient être éligibles. C’est la date à laquelle Uber avait modifié le contrat de ses chauffeurs. Uber était satisfait puisque cela signifiait que seule une minorité des 160 000 chauffeurs actuels d’Uber pouvaient le poursuivre en justice. Et en cas de dispute, Uber pouvait simplement utiliser un arbitrage.

160 000 chauffeurs d’Uber éligibles pour la plainte collective

Mais avec ce nouveau jugement qui a été prononcé à San Francisco, le juge Chen est revenu sur sa décision en estimant que l’arbitrage n’était plus applicable. Cela permet donc aux 160 000 chauffeurs d’Uber en Californie de rejoindre la plainte collective. Paniqué par la décision, Uber a décidé de faire appel de la décision dans les minutes qui ont suivi le jugement. Cette plainte collective ne ressemble pas aux autres poursuites contre Uber. Si Uber perd le procès, alors ce n’est pas seulement son Business Model qui sera menacé, mais également celui des autres prétendues économies de partage telles que AirBnB ou Lyft.

Uber, Airbnb, Lyft et d’autres services similaires promeuvent l’économie du partage comme un moyen de générer plus d’emplois. Mais les détracteurs estiment que cela menace la sécurité de l’emploi sur le long terme. Avec l’économie de partage, les entreprises tendent à remplacer leurs postes à temps plein par des employés à temps partiel sans oublier que les salaires sont 2 à 3 fois inférieurs à celui d’un employé standard.

Statuts précaires et bas salaire sont les piliers du Business Model d’Uber

Actuellement, Uber considère ses chauffeurs comme des prestataires. Cela signifie qu’il n’est pas obligé de payer la sécurité sociale, l’assurance chômage et les compensations de travail. Et il n’est donc pas étonnant qu’il puisse pratiquer des tarifs défiant toute concurrence. Et pour couronner le tout, ce dédouanement complet d’Uber implique que ce sont les chauffeurs qui doivent payer toutes les charges de leurs voitures allant du carburant jusqu’aux réparations en passant par l’assurance auto.

Uber a pu faire des économies drastiques en utilisant ce Business Model et en réinjectant les revenus dans son entreprise ce qui lui a permis de faire gonfler une énorme bulle spéculative autour de sa valorisation. Mais cette plainte collective pourrait détruire tout l’édifice. Et le fait que la plainte a eu lieu en Californie, siège d’Uber, montre tout le côté symbolique de l’affaire et prouve que même les Américains ne sont pas si fans d’Uber si cela nuit à leur intérêt.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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