Les utilisateurs des réseaux sociaux sont vulnérables aux bulles de l'information

La première analyse empirique sur les consommateurs d’actualités sur les réseaux sociaux. Cette analyse compare les différences entre la consommation de l’actualité via des moteurs de recherche ou des réseaux sociaux.


Les utilisateurs qui consomment l'actualité sur les réseaux sociaux risquent une bulle de l'information qui limite leurs sources

Les chercheurs de l’Université d’Indiana ont constaté que les personnes qui recherchent des actualités sur les risquent d’être coincées dans une bulle sociale collective par rapport à ceux qui consomment l’ sur les moteurs de recherche.

L’étude intitulée Measuring online social bubbles a été publiée récemment dans la revue PeerJ Computer Science. Les résultats sont basés sur une analyse de plus de 100 millions de clics sur le Web et de 1,3 milliard de messages publics sur les réseaux sociaux. Ces résultats fournissent la première comparaison empirique à grande échelle entre la diversité des sources d’information sur les différents types d’activités en ligne selon Dimitar Nikolov, doctorant à la School of Informatics and Computing de l’UI Bloomington et principal auteur de l’étude. Notre analyse montre que les gens, qui accèdent à des actualités sur les réseaux sociaux, ont accès à bien moins de sources que ceux des moteurs de recherche.

Pour mesurer la diversité des informations accessibles sur chaque milieu, les chercheurs ont développé une méthode qui attribue un score sur la façon dont l’utilisateur clique sur une actualité sur un réseau social comparé à un moteur de recherche. L’analyse s’est portée sur des millions de sites. Un score inférieur indique que les utilisateurs se sont concentrés seulement sur quelques sites. Un score plus élevé indique une lecture de l’actualité sur plusieurs sites. Un seul clic sur CNN et neuf clics sur MSNBC, par exemple, représente un score inférieur à 5 clics sur chaque site. Dans l’ensemble, l’analyse a révélé que les gens, qui lisent l’actualité sur les réseaux sociaux, ont des scores très faibles en termes de la diversité de leurs sources d’information par rapport aux utilisateurs qui lisent l’actualité sur les moteurs de recherche.

Chaque cercle est proportionnel au nombre de clics sur un site venant d'un seul ou d'un groupe d'utilisateurs. Les moteurs de recherche sont désigné par A et C et les réseaux sociaux par B et D.

Chaque cercle est proportionnel au nombre de clics sur un site venant d’un seul ou d’un groupe d’utilisateurs. Les moteurs de recherche sont désigné par A et C et les réseaux sociaux par B et D.

Les résultats indiquent l’apparition d’une bulle sociale collective où les actualités sont partagées au sein de communautés partageant des intérêts communs selon Nikolov. On a également une tendance où la découverte de l’actualité se transforme en passant d’une recherche de connaissance individuelle à l’adoption d’un comportement social. Le chercheur ajoute que les personnes adoptent ce comportement comme un mécanisme d’adaptation face à la surcharge de l’information. Et ils ne sont même pas conscients de cette adaptation subconsciente. En termes clairs, l’utilisateur fait confiance à son cercle d’amis pour lui fournir une actualité pertinente plutôt que recouper l’information par ses propres moyens en lisant plusieurs versions de l’histoire. De plus, les algorithmes des réseaux sociaux, qui sélectionnent les actualités en fonction des préférences de l’utilisateur, contribuent à gonfler une bulle composée d’informations pointant vers le même sens, mais qui manquent cruellement de sources fiables.

Le Web actuel est à la fois une source de connaissances et d’espace social et cela augmente la difficulté pour les personnes de gérer le flux constant des actualités quotidiennes selon Filippo Menczer, informaticien au CNETS (Center for Complex Networks and Systems Research) et co-auteur de l’étude. Ces résultats suggèrent que la fusion de ces activités (actualités et rencontre sociale) contribue à créer un effet de bulle sur la consommation de l’actualité.

Pour mener cette étude, les scientifiques ont appliqué leur analyse aux 3 plus grandes sources d’actualité en se basant sur les habitudes de navigation. Les données comprenaient des informations anonymes du CNETS qui contenaient des recherches sur le Web de 100.000 utilisateurs d’octobre 2006 à mai 2010. On avait aussi une base de données contenant 18 millions de clics par plus de 500 000 utilisateurs du moteur de recherche d’AOL en 2006. Et enfin, on avait également 1,3 milliard de messages publics contenant des liens partagés par plus de 89 millions de personnes sur Twitter d’avril 2013 à avril 2014.

Pour trouver les sites d’actualité, les scientifiques ont utilisé un annuaire qui contenait près de 3 500 sites d’actualités et ils ont exclu les Wikis et les blogs. Cette analyse montre, de façon empirique, que les utilisateurs de réseaux sociaux sont enfermés dans une bulle de l’information malgré la présence de nombreux médias sur ces plateformes selon Nikolov.

Et on peut extrapoler cette étude sur les nouvelles formes de communication telles que les messageries. Des applications comme WhatsApp permettent de créer des groupes partageant un intérêt commun. Et il n’y a pas d’algorithme de filtrage. Et la création d’une bulle de l’information est foudroyante dans ce type de messagerie à cause de l’absence totale de vérification externe. Les utilisateurs de ces messageries n’ont pas l’habitude d’utiliser des liens et ils se contentent de copier-coller des extraits d’actualités sans mentionner aucune source. Et en plus de la création d’une bulle où les utilisateurs sont confrontés aux mêmes informations, cela devient grave si les utilisateurs sont confrontés à une bulle qui est composée uniquement de fausses informations ou invérifiable.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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