Internet est la première source d'informations en Suisse

Avec une démocratisation d’internet à près de 90 %, la Suisse est l’un des leaders européens en matière de pénétration internet. La majorité des Suisses utilisent internet comme leur principale source d’information.


Internet devient la principale source d'information en Suisse

Les excellents résultats de la Suisse en termes d’accès à sont pénalisés par le fait que certaines parties de la population sont désavantagées sans oublier des préoccupations grandissantes sur la vie privée. L’accès à ne suffit pas à combler le manque selon le professeur Michael Latzer de la Media Change & Innovation Division of IPMZ à l’Université de Zurich. Après les éditions de 2011 et 2013, ce chercheur et son équipe ont réalisé un nouveau World Internet Project Switzerland. Le sondage montre que 88 sur 100 personnes en Suisse utilisent Internet et qu’une autre partie de la population demande à leurs parents ou à leurs amis de faire quelque chose pour eux sur Internet. Cela signifie que seules 7 personnes sur 100 n’ont pas accès à Internet et ce sont généralement des personnes ayant un faible niveau d’éducation, un faible revenu ou qui sont au chômage.

Grâce à des taux de croissance plus élevés dans le Tessin ces dernières années, les différences régionales ont presque disparu. Il y a eu une forte augmentation de l’utilisation mobile de l’internet puisque l’internet mobile a quasiment triplé (avec 63 %) depuis 2011 grâce aux smartphones. Les personnes âgées de 14 à 29 ans dominent cette tendance dans les Smartphones. 90 % des jeunes en Suisse utilisent l’internet mobile principalement pour les réseaux sociaux.

Les femmes sont en retard en termes d’accès, d’utilisation et de compétences

Un écart entre les sexes a refait surface ces deux dernières années. Elles sont en retard dans l’accès à internet. Elles sont également à la traîne concernant l’internet mobile (58 % de femmes comparées à 67 % des hommes) et elles utilisent moins internet que les hommes. 22 sur 100 femmes en Suisse passent moins de 5 heures par semaine en ligne et ce chiffre est deux fois plus élevé que pour les hommes. Les compétences pour utiliser internet ont baissé de façon spectaculaire chez les femmes. Ainsi, près de 41 % des femmes (comparé à 27 % en 2013) ont répondu qu’elles ne savaient absolument pas utiliser les outils en ligne ou qu’elles avaient des connaissances vraiment médiocres.

Sur le même domaine, les hommes représentent seulement 25 % qui se sentent incompétents pour utiliser internet. Et c’est un problème, car des utilisateurs inadaptés pour internet se sentent moins impliqués dans cette société numérique et ils sont également moins actifs pour protéger leur vie privée selon le professeur Michael Latzer.

2 fois plus de temps passé en ligne, 3 fois sur l’internet mobile

À une fréquence de 22 heures par semaine, l’internaute suisse passe 2 fois plus de temps en ligne qu’en 2011. 72 % des internautes suisses utilisent également l’internet mobile et c’est 3 fois plus qu’en 2011 (6 %). Les mails et les moteurs de recherche sont devenus une routine quotidienne. Même si le commerce électronique est très fréquent avec trois quarts des utilisateurs qui ont acheté en ligne, ce domaine n’est pas aussi prédominant dans la routine quotidienne numérique.

L’utilisation des messageries a explosé en Suisse (71 % des utilisateurs), notamment grâce à WhatsApp même si ce sont les jeunes qui sont les plus actifs dans ce domaine. La proportion de personnes jouant à des jeux en ligne est deux fois plus élevée chez les personnes ayant un niveau d’éducation plus faible que chez les diplômés universitaires. Dans l’ensemble, l’information est plus importante que le divertissement. Les applications de musique sont utilisées à 69 %, la télévision en ligne (à la demande est à 46 % et le Live est à 43 %) ont également connu une croissance très forte.

L’internet devient la source d’informations la plus importante en Suisse pour la première fois

Pour la première fois, l’internet est la principale source d’information pour la population suisse suivie de la presse écrite, de la radio et de la télévision. Mais ces 3 derniers sont laissé très loin derrière. Près des deux tiers de la population considèrent que 50 % du contenu sur internet est fiable, notamment celui qui provient de la SRG (radio et télévision suisse), les journaux et le gouvernement. Le contenu des réseaux sociaux en ligne n’est pas considéré comme fiable, notamment chez les jeunes. Toutes les sources d’information, y compris les sites Internet, sont considérées comme moins fiables par rapport à la dernière étude.

La mission du service public reste importante même à l’ère d’Internet

Deux tiers de la population suisse estiment que le service public est toujours important même à l’ère d’internet (67 %) et 38 % y accordent même une importance cruciale. L’importance attachée à la mission du service public est plus élevée dans le Tessin chez les personnes âgées, les personnes ayant des revenus plus élevés et ceux qui ont des niveaux d’éducation supérieure ainsi que parmi les hommes.

Il y a moins d’affirmations en ce qui concerne l’accomplissement de cette mission du service public. 44 % ont déclaré que la SRG remplit cette mission dans les meilleures conditions et 13 % ont déclaré que le service public est parfait dans l’état actuel. Les plus gros doutes proviennent des jeunes de 20 à 29 ans et les hommes sont plus positifs sur le service public que les femmes.

Des doutes majeurs sur la démocratisation numérique

Depuis 2011, la recherche d’informations politiques en ligne (43 % de la population) a augmenté que ce soit pour prendre part aux discussions (6 %) ou à des manifestations numériques (5 %). En revanche, les sondés préfèrent encore prendre part à des débats politiques dans la réalité (67 %) plutôt qu’en ligne (7 %). On accorde plus d’importance sur la démocratisation croissante sur internet par rapport 2011, mais les internautes doutent encore de l’efficacité de ces méthodes. L’effet le plus positif d’internet se traduit par une meilleure compréhension de la politique (près de 42 %).

Un scepticisme croissant concernant la liberté d’expression

En général, de plus en plus de personnes se sentent mal à l’aise sur leurs opinions politiques (45 % et c’est en baisse de 6 % depuis 2013). Le scepticisme sur la liberté d’expression en ligne est également en hausse par rapport à la dernière étude. Depuis 2013, de nombreuses personnes croient qu’on ne doit pas partager l’ensemble de ses opinions politiques en ligne (63 % et c’est en hausse de 15 %). Mais en 2015, de plus en plus d’internautes considèrent qu’on peut critiquer librement le gouvernement sur Internet (55 % en hausse de 9 %). Le groupe le plus en faveur de la liberté d’expression sur internet est les jeunes de 20 à 29 ans.

Une baisse de confiance sur le contrôle de ses données et la vie privée chez les jeunes

La moitié de la population suisse est préoccupée par les violations de leur vie privée. Les inquiétudes concernant la violation des données par le gouvernement sont moins répandues (seulement 40 %). Bien que cette préoccupation ait considérablement augmenté parmi les jeunes de 14 à 19 ans, il reste à un niveau plus faible que chez les personnes âgées. Une grande majorité des personnes âgées (82 %) est très préoccupée par la protection de leur vie privée. Et c’est un fait intéressant puisque cela signifie que la population la plus vieille et la plus jeune est très inquiète par les violations de la vie privée. Les utilisateurs occasionnels et ceux qui ont des compétences minimales pour utiliser internet croient qu’ils peuvent contrôler leur vie privée en ligne.

Le World Internet Project

Le World Internet Project (WIP) est une étude comparative longitudinale qui enregistre la pénétration et l’utilisation d’internet dans 30 pays pour une comparaison internationale et il analyse également les implications sociales, politiques et économiques du développement d’internet.

Source : Media Change

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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