Est-ce que Donald Trump peut battre Hillary Clinton ?


  • FrançaisFrançais

  • Les nominations pour chaque parti sont encore incertaines, mais qu’est-ce qu’on peut attendre d’un match potentiel entre Donald Trump et Hillary Clinton ? Les statistiques donnent une victoire quasi écrasante pour Clinton, mais cette élection est vraiment étrange à tous les points.


    Pourquoi Donald Trump n'a aucune chance de gagner contre Hillary Clinton ?

    On peut créer de nombreux scénarios hypothétiques sur les prochaines élections présidentielles. Si Obama brigue illégalement un 3e mandat, il peut gagner sans trop de problèmes. Si c’est Clinton contre Trump, alors Clinton vaincra et par une marge aussi grande que celle de Reagan contre Mondale en 1984. Pour de nombreux observateurs, Donald Trump ne peut pas gagner à cause du collège électoral. L’élection d’un président et d’un vice-président des États-Unis ne se base pas sur le suffrage universel, car c’est le collège électoral qui décide. Le collège électoral stipule que chaque Etat nomme des électeurs qui rencontrent et élisent le président. Selon la Constitution, chaque Etat nomme un électeur dans une manière permise par la législation. En premier lieu, chaque Etat procède à un vote populaire (une sorte de suffrage universel), ensuite, l’Etat nomme des électeurs (qui sont des représentants et des sénateurs) qui, normalement, vont élire le président et le vice-président selon les résultats du vote populaire.

    Le Collège Électoral a été conçu pour contrer le populisme des personnes comme Trump

    Ce mécanisme du collège électoral peut sembler complexe (et il l’est) et certains le trouvent anti-démocratique, car quelques Grands Électeurs peuvent décider d’aller à contre-sens du vote populaire du moment qu’on bidouille la législation de l’Etat. Mais si on lit les débats qui ont mené à la création du collège électoral le 25 mai 1787, on comprend que les législateurs de l’époque craignaient l’effet vicieux d’une élection populaire et que les citoyens soient trop peu informés des personnalités de chaque candidat et que ces citoyens risquent d’être déçus par les promesses non tenues. On dirait que le Collège électoral a été conçu pour des personnes comme Donald Trump…

    En se basant sur ce système, il faut 270 votes électoraux pour la victoire. Pas de résultats de sondage, pas d’argent, pas d’insultes ou de saletés. Pas de mur entre le Mexique et les États-Unis. Le système s’en fout complètement des aspirations des partisans de Trump ou de Clinton. Les Etats et leurs représentants électoraux doivent gagner et c’est la seule victoire qui compte. Si vous vivez au Michigan et que votre vote populaire désigne Bernie Sanders, mais que vos représentants élisent Donald Trump, alors c’est Trump qui deviendra président. C’est comme ça. Dans la dernière élection, Obama a littéralement écrasé Romney par 332 votes électoraux contre 206. C’est une large victoire, mais si vous regardez le vote populaire, la différence était seulement de 3 points. Et va gagner chaque Etat qui avait été gagné par Obama.

    Les chiffres ci-dessous concernent les votes électoraux pour les élections de 2004, 2008 et 2012 (D pour Démocrates et R pour républicains) :

    • Californie (55), (D) 54%-44%, (D) 61%-37%, 37%, (D) 60%-37%
    • Colorado (9) – (R) 52%-47%, (D) 54%-45%, (D) 51%-46%
    • Connecticut (7), (D) 54%-44%, (D) 61%-38%, (D) 58%-41%
    • Delaware (3), (D) 53%-46%, (D) 62%-37%, (D) 59%-40%
    • Floride (29) – (R) 52%-49%, (D) 51%-48%, (D) 50%-49%
    • Hawaï (4), (D) 54%-45%, (D) 72%-27%, (D) 71%-28%
    • Illinois (20), (D) 55%-45%, (D) 62%-37%, (D) 58%-41%
    • Iowa (6) – (R) 50%-49%, (D) 54%-44%, (D) 52%-46%
    • Maine (4), (D) 54%-45%, (D) 58%-40%, (D) 56%-41%
    • Maryland (10), (D) 56%-43%, (D) 62%-37%, (D) 62%-37%
    • Massachusetts (11), (D) 62%-37%, (D) 62%-36%, (D) 61%-38%
    • Michigan (16), (D) 51%-48%, (D) 57%-41%, (D) 54%-45%
    • Minnesota (10), (D) 51%-48%, (D) 54%-44%, (D) 53%-45%
    • Nevada (6), (R) 51%-48%, (D) 55%-43%, (D) 52%-46%
    • New Hampshire (4) – (D) 50%-49%, (D) 54%-45%, (D) 52%-46%
    • New Mexico (5), (R) 50%-49%, (D) 57%-42%, (D) 53%-43%
    • New Jersey (14), (D) 53%-46%, (D) 57%-42%, (D) 58%-41%
    • New York (29), (D) 58%-40%, (D) 63%-36%, (D) 63%-35%
    • Caroline du Nord (15) – (R) 56%-44%, (D) 50%-49%, (R) 50%-48%
    • Ohio (18) – (R) 51%-49%, (D) 52%-47%, (D) 51%-48%
    • Oregon (7), (D) 52%-47%, (D) 57%-40%, (D) 54%-42%
    • Pennsylvanie (20) – (D) 51%-49%, (D) 55%-44%, (D) 52%-47%
    • Rhode Island (4), (D) 59%-39%, (D) 63%-35%, (D) 63%-35%
    • Vermont (3), (D) 59%-39%, (D) 68%-30%, (D) 67%-31%
    • Virginie (13), (R) 54%-46, (D) 53%-46%, (D) 51%-47%
    • Washington (12), (D) 53%-46%, (D) 58%-41%, (D) 57%-41%
    • Wisconsin (10) – (D) 50%-49%, (D) 56%-42%, (D) 53%-46%

    On a un total de 353 votes électoraux. Si vous pensez que Donald Trump peut gagner contre Clinton, alors il faut démontrer comment Trump peut prendre 74 votes électoraux à Clinton. Et les Etats concernés ont toujours été démocrates dans les 3 dernières élections. Et dans les dernières élections, le candidat républicain n’était pas un lunatique avec des troubles bipolaires. Et il faut aussi démontrer que Trump va gagner les mêmes Etats que Romney a gagné. Le cirque médiatique en France et aux États-Unis va vous parler d’une victoire serrée pour les primaires, mais les médias ne diront jamais qu’il y a des Américains qui ne voteront jamais pour un républicain quoiqu’il se passe.

    La tronche d’une présidence avec Donald Trump

    Mais imaginons que Donald Trump déjoue tous les pronostics et qu’il gagne. On risque d’assister à une paupérisation massive et les ouvriers, qui croient aujourd’hui en Trump, vont se faire arnaquer de toutes les manières possibles. Le recrutement illégal des migrants va devenir la norme. On va assister à une répression de la presse. Une firme d’analyse a déclaré que Donald Trump est l’une des 10 menaces pour l’économie mondiale avec le ralentissement économique de la Chine et le terrorisme. Si les marchés sentent que Trump peut leur porter tort, alors ils feront tout pour qu’il perde.

    Le cas des Etats pivots

    Un Etat pivot (Swing State) concerne un Etat qui n’est pas dominé par le Parti républicain ou démocrate. En gros, ce sont des Etats qui peuvent choisir un parti ou un autre à chaque élection. Ce sont des Etats indécis et leur rôle est décisif pour la victoire finale. Ci-dessous, on vous donne les résultats des votes électoraux pour 2004, 2008 et 2012 pour les Etats pivots ainsi que les pronostics pour Clinton et Donald Trump.

    • Alaska (3), (R) 61%-36%, (R) 59%-38%, (R) 55%-41%, Victoire possible de Clinton
    • Arizona (11) – (R) 55%-44%, (R) 54%-45%, (R) 54%-45%, Victoire possible de Clinton
    • Georgie (16) – (R) 58%-41%, (R) 52%-47%, (R) 53%-45%, Victoire possible de Clinton
    • Indiana (11) – (R) 60%-39%, (D) 50%-49%, (R) 54%-44%, Victoire possible de Clinton
    • Louisiane (8) – (R) 57%-42%, (R) 59%-40%, (R) 58%-41%, Victoire possible de Trump
    • Mississippi (6) – (R) 60%-40%, (R) 56%-43%, (R) 55%-44%, Victoire possible de Clinton
    • Missouri (10) – (R) 53%-46%, (R) 49%-49%, (R) 54%-44%, Victoire possible de Clinton
    • Caroline du Sud (9) – (R) 58%-41%, (R) 54%-45%, (R) 55%-44%, Victoire possible de Clinton
    • Texas (38) – (R) 61%-38%, (R) 56%-44%, (R) 57%-41%, Victoire possible de Trump

    Ces chiffres surprennent, car les résultats nous disent que de nombreux Etats pivots dans les 3 dernières élections ont voté pour le candidat républicain, mais cette fois, la majorité des Etats marche pour Clinton. L’explication est que certains Etats Pivot sont connus pour pratiquer l’alternance. Et n’oublions pas qu’il y avait Romney dans la dernière élection. Le cas de l’Indiana est particulier. Il avait voté par 60 à 39 % pour élire Bush dans le second mandat et 54 par 44 % contre le second mandat d’Obama. Mais les sondages de l’Indiana montrent que les électeurs sont prêts à élire Obama pour la 3e fois avec Hillary si elle se bat contre Trump. Cela signifie que l’Indiana est prêt à tout pour éviter Trump. Les résultats des dernières élections montrent que Romney avait gagné 66 votes électoraux, mais dont on prédit qu’ils iront à Clinton pour la prochaine élection.

    De plus, les sondages actuels sont favorables à Trump à cause du cirque médiatique, mais les sondages montrent que Clinton pourrait même gagner par le vote populaire dans une marge plus importante que celle entre Obama et Romney. Les projections montrent une victoire d’Hillary Clinton sur Donald Trump par 419 votes électoraux contre 119.

    Une chose étrange se produit dans certains Etats connus pour être démocrates. Ces électeurs démocrates votent massivement pour Donald Trump dans les élections primaires. Mais il faut comprendre que c’est une vieille tactique qui est souvent utilisé dans la politique américaine. Les électeurs votent exprès pour le candidat adverse dans les primaires pour avoir un adversaire très faible dans l’élection générale.

    Clinton traine de nombreuses casseroles

    Les partisans de Trump nous disent que Clinton ne peut pas être élue à cause de sa gestion de Benghazi. Mais les citoyens américains se fichent de ces détails, car ils veulent un programme qui se base d’abord sur les actions nationales. La politique internationale est toujours secondaire. Pour le moment, les républicains poussent à mort sur Benghazi et les mails de Clinton, mais en novembre 2016, les gens auront oublié et ils voudront un candidat qui ne soit pas trop catastrophique.

    Ensuite, le second argument est que Donald Trump va à l’encontre de toutes les statistiques. On pensait que c’était un bouffon et qu’il ne réussirait jamais aux élections primaires. C’est vrai qu’on n’aurait jamais imaginé Donald Trump en tête des sondages pour les primaires, mais on a surtout surestimé l’intelligence et la stratégie des républicains. On pensait qu’ils seraient assez intelligents pour neutraliser rapidement Trump, mais ils ont laissé pourrir la situation en pensant que le ballon se dégonflerait de lui-même. Le problème est que Ted Cruz et les autres candidats avaient des positions très toxiques et vagues sur de nombreux sujets alors que Donald Trump crève l’écran et qu’il a parfaitement exploité les nouvelles technologies (Une occasion de lire : Donald Trump est le candidat ultime d’internet).

    On n’est pas tiré d’affaire avec comme présidente

    Les tendances sont positives envers Clinton pour la bonne et simple raison qu’elle ne va pas bouleverser les choses. On dit de bonnes choses sur le mandat d’Obama, mais n’oublions pas que son gouvernement a donné un chèque en blanc aux banques, qu’il n’a rien fait pour Guantánamo ou contre l’espionnage de la NSA. Clinton est très proche des grands Telcos ce qui fait qu’on peut s’asseoir dès maintenant sur la neutralité du net. Parmi les financiers de sa campagne, on a des groupes pharmacologiques et des entreprises minières. Dans de nombreuses déclarations, Clinton n’a pas hésité à dire que les États-Unis sont indispensables au monde et cela signifie qu’ils vont jouer au gendarme dans tous les pays qui leur sont défavorables. Bernie Sanders aurait été une bonne pioche, mais une élection présidentielle est bien trop importante pour qu’on donne la victoire à un homme qui se soucie des causes sociales et de ses citoyens.

     

    N'oubliez pas de voter pour cet article !
    1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
    Loading...
    mm

    Estelle Dufresne

    Ancienne journaliste dans plusieurs titres de la presse régionale. Mais comme la presse régionale n'existe plus, je me suis recyclé dans les rubriques internationales de plusieurs sites en ligne.

    Pas de réponses

    1. master dit :

      vive trump je suis sur qu’il va passer x)

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *