Erreur de diagnostic sur l’asthme : Un taux qui frôle les 30 % au Canada

Parmi les adultes qui ont été diagnostiqués avec l’asthme, une étude suggère qu’on n’a pas réussi à confirmer le diagnostic dans 30 %. Un taux d’erreur considérable, mais il faut prendre en compte les limites de l’étude, notamment la taille de l’échantillon qui n’est pas suffisant.


Parmi les adultes qui ont été diagnostiqués avec l'asthme, une étude suggère qu'on n'a pas réussi à confirmer le diagnostic dans 33 %. Un taux d'erreur considérable, mais il faut prendre en compte les limites de l'étude, notamment la taille de l'échantillon qui n'est pas suffisant.

Le diagnostic de l’ est assez difficile. Il en existe différents types qui possèdent des déclencheurs et des présentations cliniques différentes. L’asthme peut être épisodique ou il peut suivre une rechute ou récidive qui complique davantage le diagnostic si on se base sur une seule rencontre avec le patient. Même si l’asthme est une maladie chronique, on ignore le taux de rémission spontané chez les adultes.

Shawn D. Aaron de l’Ottawa Hospital Research Institute et ses collègues ont mené une étude portant sur 701 adultes qui avait eu un diagnostic d’asthme sur les 5 dernières années. Tous les participants ont été mesurés par des contrôles à domicile, la surveillance des symptômes et la spirométrie (qui mesure les fonctions du poumon) ainsi que des tests de provocation bronchique. Les participants, qui prenaient des médicaments d’asthme au quotidien, ont pu les réduire sur une succession de 4 contrôles pendant l’étude. Les participants, dont le diagnostic sur l’asthme a été infirmé, ont été suivis cliniquement avec des tests de provocation bronchique pendant 12 mois.

Sur les 701 participants, 613 ont pu compléter l’étude et 203 patients n’ont plus été diagnostiqués pour l’asthme. 12 participants avaient des conditions cardiorespiratoires plus graves qui ont été confondues avec l’asthme. Après un suivi de 12 mois, 181 participants (30 %) ne montraient aucun signe clinique sur la preuve de l’asthme. Les participants, dont l’asthme a été infirmé comparé à ceux qui ont eu la confirmation de leur diagnostic, sont passés par des tests de débit expiratoire pendant le diagnostic initial. Plus de 90 % des personnes qui avaient eu un ont pu abandonner leur médication après 12 mois supplémentaires.

Il y a deux hypothèses possibles sur ces erreurs de diagnostic sur l’asthme. La première est qu’il y a une rémission spontanée après un asthme qui était actif. La seconde est qu’il y a eu un mauvais diagnostic dès le départ. Selon les données de l’étude, 11 % des patients ont eu une rémission spontanée, car on avait effectué des tests pulmonaires avant le diagnostic de l’asthme. Ces tests montraient qu’il y avait bien des problèmes, mais qu’ils avaient disparu par la suite.

Cette étude suggère que le mauvais diagnostic de l’asthme peut se produire occasionnellement dans la communauté. Dans 2 % des participants, les symptômes de l’asthme ont été confondus avec un trouble cardiorespiratoire plus grave. De plus, la recherche suggère les lacunes pour mener des tests objectifs pendant le diagnostic initial. Les médecins doivent utiliser plusieurs tests en même temps tel que la spirométrie pre et post-bronchodilatateur, des mesures du débit expiratoire et des tests de provocation bronchique pour confirmer l’asthme pendant l’examen initial. Le risque d’un mauvais diagnostic est que les patients subissent une médication lourde, inutile et chère alors que leur asthme a bénéficié d’une rémission spontanée ou qu’ils n’ont jamais eu d’asthme.

Est-ce que le mauvais diagnostic de l’asthme est plus prévalent au Canada ? Une étude en 2008 montrait une de l’asthme en les comparant avec des personnes obèses et non obèses. 1 Pour les personnes obèses, le mauvais diagnostic de l’asthme était d’environ 30 % ce qui correspond avec la recherche actuelle et de 28 % chez les personnes normales. On a également des confusions dans le diagnostic entre l’asthme et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive). En 2009, une étude portant sur 500 personnes avait suggéré que 37 % des personnes diagnostiquées à l’asthme souffraient en réalité du BPCO.2 L’étude a été menée en Aberdeen en Écosse et à Denver aux États-Unis.

Le papier publié dans la revue JAMA : http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/10.1001/jama.2016.19627

Sources

1.
Aaron SD, Vandemheen KL, Boulet L-P, et al. Overdiagnosis of asthma in obese and nonobese adults. Canadian Medical Association Journal. 2008;179(11):1121-1131. doi: 10.1503/cmaj.081332
2.
Tinkelman DG, Price DB, Nordyke RJ, Halbert RJ. Misdiagnosis of COPD and Asthma in Primary Care Patients 40 Years of Age and Over. Journal of Asthma. 2006;43(1):75-80. doi: 10.1080/02770900500448738
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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