CellScope, un microscope sur un Smartphone permet de détecter un parasite africain mortel


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    Un microscope sur un téléphone permet de détecter rapidement le parasite Loa Loa principalement présent en Afrique.


     

    Pour des millions de personnes vivant en Centre Afrique, le fait d’être infecté avec le ver microscopique Loa Loa fait partie du quotidien. Ils souffriront juste de démangeaisons et de gonflements. Mais si une personne infectée prend une dose d’un médicament appelé Ivermectine qui permet de supprimer d’autres parasites, alors le ver Loa peut provoquer des hémorragies, des problèmes neurologiques et même la mort. Mais pour la première fois, des scientifiques ont développé un prototype de microscope qu’on peut installer sur un téléphone qui permet de détecter le Loa Loa en quelques minutes. Cela permet de déterminer rapidement si une personne peut prendre ce médicament sans aucun risque.

    Adrian Hopkins, un médecin et chercheur dans la santé publique a déclaré que c’est un accomplissement remarquable. Mais pour que l’appareil soit vraiment efficace, il faut qu’on puisse le commercialiser en Centre Afrique à un prix abordable.

    Les infections par le Loa Loa ou la Loase sont transmises par des moustiques et des mouches qui transportent des larves de Loa Loa. Dans la chair humaine, ces larves se transforment en vers jusqu’à une épaisseur qui est le double d’une méche de cheveu. Ces parasites vont ensuite se fixer dans la peau, les poumons, le flux sanguin et les yeux de la personne (On connait aussi cette maladie comme le ver africain de l’oeil parce que parfois les parasites passent à travers les yeux des personnes infectés). Jusqu’à maintenant, la détection de la loase était difficile, car les symptomes étaient subtiles.

    Hopkins a déclaré qu’autrefois, l’analyse était longue et elle ne donnait pas toujours de bons résultats. Un technicien certifié devait compter manuellement le nombre de vers minuscules dans un échantillon sanguin. Et il fallait déterminer s’il y a suffisamment de vers pour provoquer une infection causée par l’Ivermectine. Les programmes de santé administrent des millions de dose d’Ivermectine par année pour protéger les personnes de l’onchocercose (connu aussi comme la cécité des rivières) ou de l’éléphantiasis qui sont provoqués par d’autres parasites. Et il est difficile de comprendre les interactions entre l’ivermectine et la loase.

    Les chercheurs avaient déjà tenté de développer des tests sanguins pour des anticorps de Loa Loa ou pour les marquer afin de les identifier facilement dans un microscope, mais les techniques n’étaient pas rapides et elles coutaient chères. Daniel Fletcher, un bio-ingénieur de l’université de Californie, s’est demandé si un programme informatique pouvait détecter les vers dans les échantillons sanguins en identifiant leurs mouvements caractéristiques.

    Le groupe de Fletcher a utilisé le CellScope, une plateforme mobile de microscopie qu’ils avait déjà développé pour analyser des échantillons sanguins qui étaient infectés par le Loa Loa. L’appareil CellScope peut être inséré dans un iPhone comme une coque de téléphone et il a une petite fente sur le coté pour prendre les échantillons de sang.

    Une fois qu’il est installé, l’éclairage de l’iPhone illumine le sang tandis qu’un microscope aligné sur l’APN du téléphone va le magnifier. Pour le Loa Loa, l’équipe de Fletcher a crée un programme qui analyse 5 secondes de vidéo via le microscope qui peut détecter le mouvement caractéristique et calculer la quantité de parasites dans le sang. Plutôt que de compter chaque ver, le programme anticipe la présence des vers en se basant sur le changement des cellules sanguines alors que le ver passe à travers ces cellules.

    Quand les chercheurs ont utilisé cette nouvelle technologie pour analyser 33 patients infectés du Loa Loa au Cameroun, le CellScope a donné les mêmes résultats que les précédents tests manuels. Le taux de faux négatif était de 1 sur 10 millions ce qui permet une performance similaire à n’importe quel test clinique. L’équipe qui a publié ses travaux dans Science Translational Medicine a déclaré que vous n’avez pas simplement le résultat du test sanguin, mais vous avez aussi une géo-référence du patient et vous pouvez lui assigner un numéro. Ainsi, on peut avoir un historique détaillé des personnes atteints du Loa Loa plutôt que d’aller dans chaque village et d’écrire les noms sur un morceau de papier.

    Fletcher admet que la généralisation du CellScope à des millions de personnes en Afrique sera très difficile. Pour le moment, ils ont conçu manuellement le prototype dans leur laboratoire, mais il va être difficile de convaincre les entreprises de le fabriquer en masse, car l’objectif final de cet appareil est qu’on n’en aura plus besoin dans l’avenir.

    Une vidéo montrant le CellScope Loa en action :

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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