Une approche scientifique pour réduire la pauvreté



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Une aide aux plus pauvres montre une certaine efficacité si on utilise une approche scientifique.


 

Les gouvernements, les associations et les ONG dépensent des milliards de dollars chaque année pour réduire la pauvreté, mais on manque de méthodes rigoureuses pour démontrer l’efficacité de ces programmes. Mais un programme de tests aléatoires montre que le fait d’aider les familles les plus pauvres permet de créer une tendance positive qui continue même après la fin du programme. L’aide consistait en une sorte de Package composé d’argent, de médicaments, de vêtements et de formation pendant une durée de 2 ans à destination des personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollars par jour. L’aide a été fournie pendant 2 ans, mais les résultats ont montrés que les personnes ont pu améliorer leur niveau de vie pendant 1 an de plus alors que le programme était terminé.

Justin Sandefur, un économiste du développement au centre du développement global à Washington : Cette étude va devenir une référence pour évaluer l’impact des projets de développement économique. Mais les critiques estiment que les responsables de l’étude n’ont pas pris en compte tous les impacts.

Le responsable de l’étude est Abhijit Banerjee qui est un économiste au MIT et il a utilisé une approche unique pour cette aide contre la pauvreté. Il l’a conçu comme un test clinique de médicaments en prenant des personnes au hasard pour démontrer l’efficacité de la méthode quelle que soit les conditions. Cette approche s’appelle le Graduation Program qu’on peut traduire par amélioration progressive. L’étude a comporté 2 groupes, le premier qui recevait ce Package d’aides et le second qui n’en recevait pas, mais qui pouvait bénéficier d’aides provenant d’autres programmes. Cette approche est controversée, car elle implique qu’on va aider certains pauvres tandis qu’on va laisser tomber les autres. Cependant, le secteur du développement économique est de plus en plus favorable à ce type de méthode si elle est efficace sur le long terme.

Dans l’étude, les travailleurs sociaux ont identifiés 11 000 personnes provenant de pays connus pour leur pauvreté tels que l’Ethiopie, le Ghana, l’Inde, le Pakistan,le Pérou et le Honduras. Les chercheurs ont divisés les personnes en 2 groupes. Le premier groupe recevait de la nourriture, des soins de santé et des formations financières de base telles que commencer un compte d’épargne. Ces personnes pouvaient aussi choisir entre différentes choses pour gagner leur vie telles que des moutons, des vaches, des poulets ou des ruches d’abeille. Une fois que l’aide avait commencée, les travailleurs sociaux ont surveillés les progrès de ces pauvres pendant une durée de 2 ans. Et à la fin du programme, ils ont déterminé les progrès qui ont été accomplis.

Comparé avec le premier groupe (celui qui n’avait pas reçu les aides), le groupe qui a été aidé a pu augmenter ses dépenses mensuelles de 5 %. Et il a pu économiser 95 % en plus que l’autre groupe. De plus, ce groupe a également pu augmenter son cheptel de 40 %. Selon Banerjee, les pauvres n’ont pas juste dépensés les aides financières et mangés leurs cheptels, mais ils les ont utilisés pour augmenter leurs revenus. Le résultat est qu’ils ne sont pas retournés à une pauvreté extême après la fin de l’expérience.

Les pauvres ont généré un retour sur investissement de 433 % dans certains cas

Les résultats les plus surprenants concernent le retour sur investissement. Les chercheurs ont calculés le retour sur investissement pour chaque dollar dépensé. Ainsi en Inde, le ROI était de 433 %, soit 4,33 dollars pour chaque dollar donné aux pauvres. Ils ont vu le même résultat en Ethiopie où les pauvres qui ont été aidés ont généré un retour sur investissement de 280 %. Le gouvernement éthiopien prévoit d’étendre ce programme à plus de 10 millions de personnes.

Mais les résultats n’étaient pas toujours positifs. Au Honduras, une association a donné des milliers de poulets à 800 familles pauvres. Mais la maladie a tué la plupart de la volaille et un an plus tard, les familles n’avaient pas amélioré leur niveau de vie tandis que d’autres étaient dans un état encore pire. Le test au Hondura a subi une perte de -198 % sur le retour sur investissement. Toutefois, on doit pondérer que des facteurs externes comme cette maladie a empêché les pauvres d’exploiter pleinement les aides.

Mais cet échec au Honduras a suffi pour que des critiques s’insurgent contre l’efficacité du programme. Jeffrey Sachs, économiste à l’université de Colombia : Même si les résultats globaux sont positifs, on n’est pas plus avancé sur la connaissance de l’implication des communautés locales, de la politique gouvernementale, de l’écologie locale et du système agricole. Cet économiste ajoute qu’une durée de 3 ans est trop courte pour déterminer l’efficacité de ce programme.

Les lacunes de cette méthode

Michael Patton, consultant pour ce type de programme d’aide à Minneapolis : Nous devons comprendre précisément les échecs et les succès de chaque programme en fonction de chaque pays. La prétendue approche scientifique et rigoureuse de cette aide cache les autres mécanismes en jeu afin de détecter les variations qui sont la cause du succès ou de l’échec de la lutte contre la pauvreté dans tel ou tel pays.

Pour sa part, Sandefur estime que cette approche aléatoire permet de déterminer la validité d’un programme d’aide dans différents contextes. Cette année, une série de tests aléatoires sur le micro-crédit a montré que ce type d’aide est totalement inefficace, car il n’améliore pas la vie des gens. Le micro-crédit est des petits prêts aux pauvres pour développer leur activité. Mais la hantise du remboursement a fait que le micro-crédit est un échec dans la plupart des cas et que les personnes qui en bénéficient stagnent dans leur niveau de vie.

En opposition au micro-crédit, le Graduation program ne demande aucun remboursement. Ce sont des donations en liquide, en cheptel et d’autres produits de première nécessité. De ce fait, c’est un programme d’aide à l’état pur qui est accompagné d’encouragement et cette approche fonctionne mieux que forcer les pauvres à rembourser leurs dettes. Cette approche scientifique de la réduction contre la pauvreté donnera sans doute naissance à d’autres programmes similaires que ce soit au niveau local ou international.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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