Le poisson-scie peut se reproduire sans sexe


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    Le poisson-scie est le premier vertébré connu qui peut se reproduire sans aucune relation sexuelle si c’est nécessaire.


     

    Pour de nombreuses espèces, la reproduction se base sur un mâle et une femelle. Mais pour la première fois, des scientifiques rapportent la naissance virginale du premier vertébré sauvage connu qui est le poisson-scie tident. En temps normal, ce poisson (Pristis pectinata) se reproduit avec des relations sexuelles qui sont basées sur un mâle et une femelle. Mais la dernière analyse montre que près de 4 % des poissons-scies dans un estuaire de Floride sont nés sans aucune contribution d’un mâle. Ce phénomène est connu comme une parthénogenèse et cette reproduction asexuée est rare parmi les vertébrés. En fait, les seules fois où on a observé ce phénomène concernaient des animaux en captivité, notamment des serpents et des dragons du Komodo. Ces travaux ont été publiés dans la revue Current Biology.

    Le premier cas de parthénogenèse chez un vertébré sauvage

    Le poisson-scie tident est l’une des 5 plus grandes espèces de raie qui ont une mâchoire en forme de scie. Ce poisson fait partie de la même sous-classe que les requins. À une époque, le poisson-scie tident abondait dans les côtes sud et est des États-Unis allant de la Caroline du Nord jusqu’au Texas. Mais la surpêche et le développement des côtes ont considérablement réduit sa population. Ce poisson est désormais une espèce en voie de disparition qu’on trouve uniquement sur la côte sud-ouest de la Floride.

    Les chercheurs ont découvert des preuves de naissances virginales chez ce poisson-scie lorsqu’ils menaient une analyse génétique pour déterminer si ces poissons se reproduisaient normalement. Et les chercheurs ont découvert que 190 poissons-scies dans un estuaire de Floride montraient des niveaux de parenté très élevés avec d’autres poissons dans la même population. La parenté est mesurée de 0 à 1 où 0 indique qu’il n’y a aucune parenté et 0,5 indique que les parents étaient de vrais frères et soeurs. 7 des 190 poissons-scies analysés ont montré un niveau de parenté qui était proche du 1 ce qui indique une naissance virginale.

    Un tango à deux n’est plus nécessaire ?

    Andrew Fields, le principal auteur de l’étude et un généticien spécialisé dans les poissons à l’université Stony Brook à New York, a déclaré que son équipe a eu des doutes sur ces découvertes. Mais une analyse approfondie a permis d’écarter toutes les autres explications à part la parthénogenèse. Selon lui : J’aurais eu des doutes si on avait trouvé 1 seul poisson, mais on ne peut pas nier la naissance virginale quand on trouve 190 preuves différentes.

    Les 7 poissons parthénogéniques provenaient de différentes portées et ils semblaient normaux comparé à leurs âges. Cela nous indique que la parthénogenèse a fait en sorte que ces poissons puissent vivre dans la nature sans aucun problème. Les auteurs de l’étude encouragent les autres chercheurs à analyser des bases de données d’ADN qui appartiennent à d’autres vertébrés sauvages pour déterminer si on peut identifier d’autres reproductions par parthénogenèse. En plus de ces données existantes, ces chercheurs vont aussi surveiller d’autres données provenant de poisson-scie qui vivent dans les autres régions du monde.

    Nicholas Dulvy, un écologiste marin à la Simon Fraser University à Burnaby au Canada, a déclaré que ces travaux renforcent le fait que les raies et les requins possèdent une grande diversité dans leurs modes de reproduction comparés à d’autres groupes de vertébrés. Et selon ce chercheur, c’est une raison de plus pour qu’on doive s’intéresser davantage à ces espèces, car ils peuvent nous apprendre beaucoup sur la diversité biologique dans la nature.

    Les animaux utilisent la parthénogenèse pour réduire la baisse de leur population

    Mais on ignore les modèles de parthénogenèse chez les espèces sauvages. L’équipe de Field suggère que la parthénogenèse est une stratégie utilisée par certaines espèces pour contrer à la disparition de leurs populations. Et ces animaux le déterminent lorsque les femelles n’arrivent plus à trouver des mâles. Et si cette théorie se confirme, alors la parthénogenèse pourrait être bien plus fréquente qu’on le pensait chez des animaux en voie d’extinction. Mais Dulvy ajoute que la parthénogenèse ne sera pas suffisante pour sauver les poissons-scies tident. Nous devons toujours avoir de très bons programmes de protection, car l’homme est le principal responsable de la disparition de cette espèce.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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