Des crustacés en hibernation aspirent une masse phénoménale de carbone dans les océans


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  • Des crustacés en hibernation engloutissent des millions de tonnes de carbone chaque année, mais cela fait partie du cycle naturel du carbone. On ne doit pas compter sur ces organismes pour combattre le réchauffement climatique.

    copepode
    Des petits crustacés appelés copépodes sont les animaux les plus nombreux dans les océans et si cette nouvelle étude est correcte, alors ces crustacés sont bien plus importants qu’on le pensait puisqu’ils aident à débarrasser le dioxyde de carbone qui se trouve dans les océans. Ce dioxyde de carbone provient de l’atmosphère et c’est l’un des facteurs du réchauffement climatique. Certaines espèces des crustacés en Atlantique du Nord stockent une quantité massive de carbone dans leurs graisses lorsqu’ils plongent dans un état d’hibernation.

    Le cycle naturel du carbone

    Ces découvertes montrent des indices sur la manière dont les océans déplacent le carbone selon Daniel Mayor qui est un biologiste dans les zooplanctons du National Oceanography Centre situé à Southampton. Je pense que c’est vraiment excitant. Si ces travaux sont confirmés, alors cela pourrait aider les biochimistes à mieux comprendre le cycle naturel du carbone, mais l’aspiration du carbone par ces crustacés n’aura pas d’impact direct sur le changement climatique. Les océans stockent le carbone avec un processus qu’on appelle la pompe biologique. La pompe est alimentée par des créatures microscopiques appelées phytoplanctons qui utilisent l’énergie du soleil et celle du dioxyde de carbone pour se développer via la photosynthèse. Quand les phytoplanctons meurent, ils coulent dans les abysses qui se trouvent à 1000 mètres de profondeur. Dans ces profondeurs, le carbone dans leur organisme reste pendant des siècles et même des millénaires. Et de nombreux autres phytoplanctons suivent le même chemin, mais de manière indirecte. Ils sont mangés près de la surface par les copépodes, des Krills et d’autres zooplanctons dont les excréments se déposent sur les fonds marins. On estime que cette pompe biologique stocke environ 1 gigatonne de carbone par année dans les abysses, mais cela représente uniquement 10 % du carbone qui est émis par les énergies fossiles chaque année. Cette pompe semble plus efficace dans l’Atlantique du Nord qui contient 25 % du carbone qui est stocké dans les abysses.

    Selon Sigrún Jónasdóttir, biologiste dans les zooplanctons à la Technical University au Danemark : On peut remercier le cycle de vie inhabituel des copépodes pour envoyer autant de carbone dans les abysses. Les copépodes les plus fréquents dans l’Atlantique du Nord, Calanus finmarchicus et 2 espèces proches, passent seulement quelques mois par année à la surface pendant l’apparition des phytoplanctons. Ces copépodes accumulent de la graisse équivalente à 50 % de leurs poids et ensuite, ils plongent à 1000 mètres de profondeur pour y passer le reste de l’année en hibernation. Les températures très basses des abysses leur permettent de ralentir leur métabolisme et à économiser de l’énergie jusqu’à la prochaine apparition de phytoplanctons. La masse des copépodes est quasi invisible, car la graisse de leur organisme consiste principalement d’ester de cire qui se compresse et s’épaissit dans les profondeurs.

    Très peu d’impacts sur la réduction du réchauffement climatique

    Jónasdóttir savait que les Calanus continuent de respirer pendant l’hibernation et qu’ils brulent une grande partie de leur graisse. Cela signifie qu’ils laissent le dioxyde de carbone dans les océans par un phénomène que Jónasdóttir surnomme la pompe lipide. Curieux de la quantité de carbone qui coule de cette manière, Jónasdóttir et ses collègues ont combiné des études sur l’abondance des Calacus et de la répartition des navires-océanographes dans l’Atlantique du Nord. Et ils ont mesuré la biologie des copépodes en se basant sur leur taux de graisse et leur fréquence respiratoire pendant l’hibernation. Dans la région de l’Atlantique du Nord, les copépodes laissent de 1 million à 3 millions de tonnes de carbone par année. C’est la même quantité que celle qui est contenue dans les phytoplanctons et les excréments qui coule chaque année au même endroit. Mais la chercheuse ajoute que ces mesures ne sont pas encore précises et qu’il faut prendre cette affirmation avec précaution. Et on ignore la quantité de carbone qui est englouti par les autres types de copépodes. La principale difficulté est de mesurer ces organismes afin d’avoir une idée plus précise sur cette pompe lipide. Mais on ne doit pas compter sur ces crustacés pour combattre le changement climatique, car leur quantité n’est pas suffisante pour aspirer plus de graisse que les estimations actuelles. Et le changement climatique pourrait affecter les copépodes. Si les océans se réchauffent, alors la respiration des copépodes va s’accélérer ce qui va ralentir la production des lipides et le stockage du carbone dans les abysses.

     

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