dimanche , 25 juin 2017

Le phytobiologiste Olivier Voinnet du CNRS a été suspendu pour mauvaise conduite dans ses travaux

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Le phytobiologiste Olivier Voinnet a été suspendu pendant 2 ans pour avoir manipulé des images sur certains de ces travaux.

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Le phytobiologiste Olivier Voinnet a été suspendu pour une durée de 2 ans par le CNRS après 2 enquêtes qui ont prouvé de mauvaises conduites dans certains de ces travaux. Mais la suspension de Voinnet ne sera effective que s’il retourne au CNRS. Malgré le fait que c’est l’un des scientifiques Senior de ce centre, il a été détaché au Swiss Federal Institute of Technology Zurich (ETHZ) depuis novembre 2010. Le CNRS et l’ETZH ont publié les découvertes de plusieurs enquêtes le 10 juillet 2015 sur les travaux de Voinnet. Olivier Voinnet est reconnu sur le plan international pour sa recherche sur comment l’interférence d’ARN permet aux plantes, aux invertébrés et aux mammifères de combattre les virus.

Chaque centre a rapporté que même s’il n’y avait pas de preuves que des données ont été fabriquées, des images ont été manipulées dans les travaux de Voinnet. Dans une déclaration séparée, le conseil d’administration de l’ETHZ a déclaré que les articles qui contenaient les erreurs ne sont pas considérés comme une mauvaise conduite selon les règles de l’institut. Mais il donne un blâme à Olivier Voinnet pour avoir brisé les directives sur l’intégrité de la recherche scientifique. Des articles sur le site PubPeer en décembre 2014 ont soulevé des questions sur des images dans les travaux de Voinnet. Ces questions ont résulté de 2 enquêtes par le CNRS et l’ETHZ. L’organisme suisse a publié un rapport de 22 pages qui détaillent les résultats d’une enquête sur 32 articles de Voinnet. Pendant ce temps, le CNRS a déclaré sur son site que sa propre enquête ne pouvait pas être publiée selon la loi française.

La déclaration du CNRS nous apprend que l’enquête a trouvé des manipulations délibérées sur les diagrammes et les graphiques et c’est une violation manifeste sur les normes d’éthiques pour la présentation de travaux scientifiques. Cette affaire a terni la réputation du CNRS et même si on ne peut pas détailler la sanction de suspension de 2 ans, elle est totalement justifiée par rapport à de mauvaises conduites répétées. La sévérité de la sanction s’explique aussi par la renommée internationale du chercheur et au fait qu’il était l’un des principaux scientifiques du CNRS. L’enquête du CNRS a trouvé des erreurs dans 13 articles. Le rapport d’ETHZ mentionne qu’il a trouvé des erreurs dans 20 articles. Certaines erreurs dans les graphiques telles qu’une modification, une duplication et un mauvais marquage des images pour les rendre plus convaincantes. Mais ces modifications n’affectent pas la conclusion générale de l’expérience. Selon les enquêteurs, la majorité des articles contenant des erreurs ont subi une modification délibérée sur les images qu’on peut qualifier de mauvaise conduite. Par exemple, certaines images ont été contrastées ou coupées ensemble. Le rapport demande la rétraction de 3 articles dont 2 ont déjà été supprimés.

La tragédie est que les expériences qui ont subi cette mauvaise conduite ont été menées en prenant toutes les précautions. Mais la manipulation des images pendant la publication a faussé de nombreux articles. Toutes les expériences n’ont pas été retestées et les travaux de Voinnet ont été reproduits avec succès par d’autres scientifiques. Voinnet continuera ses recherches avec l’ETZH pour une période indéterminée selon Detlef Günther qui est le vice-président de l’institution pour la recherche et les relations publiques. Mais un conseiller externe sera rattaché à ce groupe pour vérifier les prochaines publications. Selon toujours le rapport de l’ETZH, Olivier Voinnet a pleinement collaboré aux enquêtes et il a fourni les données d’origine de ces travaux. Et il a répondu à toutes les questions même si certaines étaient indélicates par nature. Dans une annonce, Olivier Voinnet a déclaré qu’il regrette qu’il n’a pas pris toutes les précautions pendant le processus de publication et qu’il prend toute la responsabilité des erreurs. Il regrette de tous les impacts négatifs que cela va causer sur son groupe et ses collègues et dans le futur, il prêtera plus attention lorsqu’il publiera les données.

 

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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