Découverte de la zone du cerveau qui rend les humains uniques


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  • Pour trouver cette zone du cerveau qui rend les humains uniques, les chercheurs ont analysé la réponse cérébrale à des informations abstraites entre des cerveaux humains et ceux des singes.

    Les neuroscientifiques ont identifié une zone du cerveau qui donne des caractéristiques uniques aux humains incluant celle du langage. Cette zone s’active chez les humains, et pas chez les singes, lorsque les 2 reçoivent des informations abstraites. Depuis des décennies, les scientifiques pensent que nos caractéristiques uniques viennent de notre capacité à analyser de l’information abstraite. Et un article publié dans la revue Current Biology fournit la première preuve physique qu’une zone précise dans notre cerveau nous permet d’analyser une donnée abstraite en nous différenciant totalement des autres primates. D’autres études, qui ont comparé les humains et les singes, ont révélé des différences dans l’anatomie du cerveau, mais aucune de ces différences n’expliquait les capacités propres aux humains. Cela nous donne un indice très intéressant sur ce qui est vraiment spécial dans notre cerveau selon le psychologue Gary Marcus de l’université de New York. Rien n’est plus important que de comprendre comment nous avons évolué pour devenir ce que nous sommes aujourd’hui.

    Une simple séquence

    Une équipe de chercheurs menée par Stanislas Dehaene de l’unité d’imagerie cérébrale de l’INSERM à Gif-sur-Yvette a analysé les changements dans l’activation du cerveau lorsque des humains et des singes écoutaient une simple séquence de sons. Par exemple, 3 sons identiques qui sont suivis par un 4e son différent (tel que les 4 premières notes de la 5e symphonie de Beethoven : da-da-da-DAH). Les chercheurs ont joué différentes séquences avec cette structure, connue comme AAAB et d’autres séquences tout en utilisant un scanner d’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf). La technique d’IRMf détecte les changements dans le flux sanguin du cerveau qui correspond à une activité cérébrale située dans une certaine région. L’équipe voulait découvrir si les humains et les singes pouvaient reconnaitre 2 caractéristiques des séquences. La première concerne le compte des sons indiquant la capacité à compter et la seconde concernait la répétition des sons indiquant la capacité à reconnaitre un Pattern algébrique.

    Dans le premier cas, la chaine des sons avait pu changer allant de AAAB à AAAAB. Le Pattern de base était le même, mais le nombre de sons avait changé. Et c’était l’inverse dans le second cas, à savoir, les sons avaient changé, mais leur nombre était resté le même. L’équipe a également analysé ce qui se passait si les 2 caractéristiques changeaient en même temps.

    Une activation intense

    Chez les singes et les humains, une zone du cerveau qui est associé avec les chiffres s’est activée dans le scanner IRMf quand les sujets ont identifié un changement dans le nombre de sons. Les 2 espèces ont aussi enregistré le Pattern de répétition dans certaines zones du cerveau qui sont équivalentes chez les singes et les humains. Mais seul le cerveau des humains a montré une réponse unique au changement combiné dans la quantité de sons et la différence de la séquence. Et cette réponse était une activation intense sur une zone du cerveau qu’on appelle le gyrus frontal inférieur. Selon Marcus : Il semble que les singes reconnaissent un Pattern, mais ils ne réalisent pas qu’il est intéressant et ils ne vont pas plus loin. Seuls les humains le poussent dans une analyse plus approfondie.

    Le gyrus frontal inférieur est une part du cortex qui est plus développé chez les humains que chez les singes. De plus, le gyrus frontal inférieur possède ce qu’on appelle l’aire de Broca qui traite le langage. Et quand l’équipe de Dehaene a lu des séquences aux humains, les zones du langage se sont activées chez chaque individu et ces zones se sont superposées à celles qui étaient activées par les séquences sonores. Mais l’intégration de l’information abstraite va au-delà du langage. Nous avons pensé que les humains ont des zones de cerveau qui sont capables d’assembler de l’information selon Tecumseh Fitch, biologiste à l’université de Vienne. Mais ce type d’expérience peut nous faire découvrir d’autres caractéristiques uniques chez des humains telles que l’appréciation de la musique.

     

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