Nous assistons à la mort des mers et à la disparition du corail



Le professeur Peter F Sale estime que l’humanité assiste sans réagir à la mort des mers. Dans quelques années, le aura complètement disparu pour laisser place à un océan totalement contaminé.

Même les estimations les plus optimistes pendant la conférence sur le changement climatique de décembre () ne seront pas suffisantes pour sauver le corail. Ce sont les conclusions d’une session plénière pendant la conférence Goldschmidt qui s’est tenue à Prague. Pendant une réunion qui rassemblait des géochimistes, le professeur Peter F Sale (université de Windsor au Canada) a appelé au courage des climatologues pendant le COP21. Il a déclaré qu’il faut absolument atteindre l’objectif d’une température inférieure à +2 degrés Celsius.

Selon le professeur Sale, même si la conférence de Paris est un succès et qu’un traité est ratifié, le réchauffement et l’acidification des océans vont continuer au-delà de ce siècle. Et il continue : C’est un problème très grave. Aujourd’hui, je trouve rarement des coraux que j’avais l’habitude de voir dans les années 1960. Au lieu, nous avons un océan qui est envahi par les algues et une érosion rapide par le calcaire. Le corail va disparaitre si nous ne pratiquons par une réduction agressive sur les émissions de carbone. Un taux de CO2 à 350 PPM (partie par million) ou 1C est défendable sur le plan scientifique et cela permettrait de donner une bonne chance au corail. On peut également viser un niveau légèrement inférieur à 350 PPM, mais un objectif d’une température de +2 Celcius est inutile, car cela va provoquer des conséquences catastrophiques. L’objectif de ces +2 degrés Celcius est simplement une réponse minimaliste des politiciens pour éviter de faire trop de vagues et d’avoir des chances pour leur prochaine élection. Mais sur le plan scientifique, ce niveau n’aura aucun impact sur la catastrophe qui se produit actuellement sur les mers.

En plus des émissions de CO2, nous devons également gérer les autres attaques sur les océans. Depuis 1940, nous avons perdu 90 % de la biomasse des poissons sans oublier que nous polluons les eaux côtières et la plupart des zones marines protégés ne le sont pas. Soit, nous acceptons cette situation et cela signifie la fin de la haute mer avec la disparition de toutes les ressources océaniques.

En ayant conscience de ce que nous faisons, est-ce que nous avons le droit d’éliminer tout un écosystème de cette planète ? Aucune race ne l’a jamais fait auparavant, mais l’humanité pourrait être la première race qui réussirait cet exploit dramatique. Et sachez-le, la disparition du corail provoquera immédiatement la disparition des forêts humides.

Le professeur Ove Hoegh-Guldberg, le principal coordinateur de la section de l’océan avec l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) a déclaré : Nous devons admettre que même les concepts économiques tels que la taxation du carbone ne sont pas suffisants pour réduire les émissions globales. C’est une urgence mondiale et nous devons passer par une décarbonisation totale dans les 20 prochaines années. Toute autre solution provoquera la disparition du corail et des autres écosystèmes qui en dépendent.

Dans le même temps, nous devons augmenter la protection sur les systèmes biologiques sur la terre. Car l’impact de la destruction de la biodiversité provoque une acidification et un réchauffement des océans. De ce fait, la protection terrestre et océanique est intimement liée. Le professeur John (Charlie) Veron, expert en corail et ancien responsable de l’institut des sciences marines d’Australie a commenté : Les scientifiques dans le climat et dans le corail connaissent ces problèmes et ils sont tous d’accord sur l’extrême gravité de la situation. Et ils admettent aussi que seule une action drastique pourra empêcher la destruction du corail et des autres écosystèmes similaires. Si nous ne réussissons pas, alors les générations futures devront payer le prix fort de notre laxisme et de notre échec.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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  1. michael dit :

    Je crains malheureusement que la vision pessimiste soit de rigueur. Les états ne sont pas prêt à sacrifier leur industrie pour sauver la planète. Leur seule vision est liée au PIB. Les générations futures pourront nous faire un procès, il sera trop tard.

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