Les humains sont des superprédateurs et ce n'est pas un compliment



Une nouvelle étude montre ce que tout le monde savait plus ou moins. Les humains sont des superprédateurs qui chassent les autres animaux jusqu’à leur extinction et on n’a pas de quoi être fier.

Une nouvelle étude montre le pouvoir destructeur de notre espèce. Non seulement, nous tuons les autres animaux à une fréquence plus élevée que les autres prédateurs, mais notre tendance à massacrer les animaux à l’âge adulte augmente la difficulté de ces animaux à se renouveler. Certains pourraient s’enorgueillir de ce statut de superprédateur, mais il possède aussi des implications obscures. Selon Gerardo Ceballos, un écologiste du National Autonomous University of Mexico : Un prédateur tel que l’être humain est capable de chasser ses proies jusqu’à l’extinction. Et cela s’est déjà produit auparavant. Il y a 14 000 ans, les humains qui sont entrés en Amérique du Nord ont provoqué la disparition totale des grandes espèces telles que les mammouths. Et depuis 14 000 ans, nous avons cessé d’améliorer nos techniques de chasse, notamment pour la pêche. La surpêche est un énorme problème dans certaines parties du monde et un récent rapport suggère que l’activité humaine pourrait provoquer l’extinction de 90 espèces de poisson.

Les humains sont des prédateurs féroces et avides

Cette nouvelle étude a commencé comme une observation informelle. Thomas Reimchen, un écologiste évolutionnaire de l’université de Victoria au Canada, a passé des années à étudier l’impact des prédateurs sur l’épinoche (un poisson) sur une île de 130 kilomètres sur la cote pacifique du Canada. Au fil des décennies, ce chercheur a déterminé que chaque espèce ne tuait pas plus de 2 % d’épinoche par an et cela concernait uniquement les individus jeunes. Mais sur la même île, les humains effectuaient une pêche systématique de saumons à l’âge adulte. Le contraste entre ces 2 prédateurs (un animal et un humain) a surpris le chercheur et il a donc mené une étude en se basant sur les données de la littérature scientifique pour connaitre l’impact de la chasse des humains et des autres animaux sur les autres espèces.

Après avoir compilé et analysé les données de 300 études s’étalant sur 10 ans, l’équipe a découvert des conclusions sinistres selon Christ Darimont, un scientifique dans la conservation de l’université de Victoria, qui a aussi participé à l’étude. Les autres prédateurs (les lions, les loups, les grizzlis) tuaient les herbivores avec la même fréquence, mais les humains tuaient les grands carnivores (donc les animaux qu’on vient de mentionner) à une fréquence qui était 9 fois plus grande. Darimont, Reimchen et ses collèges ont publié leurs travaux dans la revue Science et leurs conclusions sont que : Nous ne tuons pas ces carnivores uniquement pour la nourriture, mais également pour les trophées et parfois pour les anéantir, car ils représentent des rivaux potentiels. Le problème est que ces grands carnivores ne sont pas des proies dans le monde animal et de ce fait, ils n’ont pas développé d’aptitudes à éviter les humains ou à se renouveler plus rapidement pour compenser les pertes provoquées par les humains.

Une surpêche qui est systématique

Mais le massacre sur les poissons est encore plus catastrophique. Les chercheurs rapportent que les humains pêchent à une fréquence qui est 14 fois supérieure aux autres prédateurs. On peut remercier la pêche industrielle puisque nous pouvons glorifier une pêche annuelle qui avoisine les 100 millions de tonnes. Et le pire est que nous ciblons systématiquement les adultes ce qui empêche les poissons à renouveler leur population. Et cette surpêche a provoqué une mutation chez les espèces qui ont développé de nouveaux Patterns et comportements. Nicholas Dulvy, écologiste marin de la Simon Fraser University au Canada a déclaré qu’il est satisfait des résultats de l’étude. Il estime que la chasse et la pêche ne suscitent pas une grande attention du public et ce type d’étude peut les inciter à regarder ce qui se passe dans ce secteur. La disparité de la prédation entre les humains et les humains illustre l’absence totale de programmes de protection et d’une politique stricte sur la conservation des espèces. Darimont estime que les humains doivent prendre l’exemple sur les autres prédateurs en baissant drastiquement leur fréquence de chasse et en ciblant les jeunes tout en épargnant les adultes.

Mais d’autres sont critiques face à cette étude. Ray Hilborn, un écologiste de l’université de Washington à Seattle a déclaré que c’est du n’importe quoi. Même si les humains pêchent davantage que les autres prédateurs, ils ne représentent que 40 % de toute la prédation sur les poissons. Et ces 40 % sont un montant raisonnable pour alimenter l’humanité. Ce chercheur ne pense pas qu’il faut baisser la pêche et espérer nourrir toute l’humanité en même temps. Mais il y a un problème avec cette affirmation. Ce serait vrai si la pêche rapportait des ressources égales pour tous les pays. Mais la situation actuelle est que les pays riches cannibalisent les zones de pêche dans le monde entier avec la pêche industrielle et avec les accords commerciaux qui sont dévastateurs pour les pays pauvres. De plus, il est faux de dire que la pêche nourrit toute l’humanité, car les études ont montré que les pays industrialisés jettent 50 % de leur nourriture avec le gaspillage alimentaire.

Pour Blaire Van Valkenburgh, un paléoécologiste de l’université de Californie à Los Angeles : Les gens doivent comprendre qu’il est important de protéger autant les grands carnivores que les poissons. Je pense que ce type d’étude se concentre sur l’aspect alarmant, mais c’est nécessaire si on regarde l’apathie des gouvernements et des citoyens. Il sera très difficile de changer notre de chasse et de pêche, mais ce type d’étude permettra d’en débattre et c’est une bonne chose.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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