Tchernobyl : Les humains plus nocifs que les radiations nucléaires


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  • Une étude vient de démontrer que la vie animale abonde dans les environs de Tchernobyl. Une première conclusion est que l’habitation des humains est plus nocive pour les animaux que la radiation nucléaire. De quoi faire réfléchir.

    Les élans, les chevreuils, les sangliers et d’autres animaux sauvages connaissent une augmentation de leur population dans les environs de Tchernobyl alors que les humains ont abandonné cette zone depuis des années. Les chercheurs, qui viennent de publier cette étude dans Current Biology (http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2015.08.017), estiment qu’il n’y a aucune preuve d’une influence négative de la radiation nucléaire sur l’abondance des mammifères. La zone d’étude couvre Tchernobyl jusqu’à la frontière entre le Belarus et l’Ukraine. Cette zone d’une superficie de 4 200 kilomètres carrés a été évacuée après que la centrale de Tchernobyl ait explosé en 1986 en envoyant un nuage radioactif sur toute l’Europe.

    Quand les humains sont supprimés de l’environnement, la nature devient florissante même après le plus grand accident nucléaire de notre temps selon Jim Smith, scientifique environnemental à l’université de Portsmouth et co-auteur de l’étude. Mais certains scientifiques estiment que l’étude ne décrit pas l’impact des radiations sur les animaux d’un point de vue individuel.

    Ces travaux se basent sur des données, collectées pendant des années, dans le Belarus. De 2008 à 2010, les scientifiques bélarussiens ont compté les traces de neige des animaux dans la Polesie State Radioecological Reserve. Cette dernière concerne la zone d’exclusion de Tchernobyl au Belarus. Ils ont également étudié les animaux en hélicoptère dans les 10 ans après la catastrophe. En analysant les données, Smith et ses collègues n’ont trouvé aucune corrélation entre les niveaux de contamination et le compte des animaux.

    En fait, ils ont trouvé que la quantité de populations d’animaux, dans les zones évacuées, a considérablement augmenté de 1993 à 1994. Cela suggère que la chasse, l’industrie forestière et l’agriculture avaient exterminé une grande partie de la vie sauvage avant 1986.

    Nous ne disons pas que la radiation nucléaire est bonne pour les animaux, mais nous disons que les humains sont bien pires selon Smith pendant la présentation de ses travaux à la presse. Le co-auteur de l’étude, Tom Hinton de l’Institute of Environmental Radioactivity à l’université de Fukushima au Japon, reconnait que l’étude ne décrit pas l’impact de la radiation sur chaque animal. Sans aucun doute, les animaux à côté de Tchernobyl et de Fukushima ont subi des dommages génétiques. Et la question à un million de dollars est : Quelle est la portée de ces dommages ? Et pour le moment, les scientifiques ne peuvent pas encore répondre à cette question.

    Ron Chesser, un biologiste à la Texas Tech University à Lubbock, a déclaré que ces résultats correspondent avec ses propres travaux. Ce chercheur avait découvert que les animaux abondaient autour de Tchernobyl dans les années 1990. Leurs données sont plus complètes et exhaustives que les miennes. Ils ont accompli une tâche herculéenne afin de mettre un point final à ce débat.

    Mais certains experts insistent que ce débat n’est pas encore terminé. Anders Møller, un écologiste de l’université de Paris-Sud en France, a déclaré qu’il a trouvé des impacts considérables de la radiation chez les animaux à Tchernobyl tels qu’un cerveau de taille réduit chez les oiseaux. Et en travaillant sur la zone d’exclusion de l’Ukraine en 2009, Møller a découvert que la quantité des animaux baisse lorsque les niveaux de radiation augmentent [cite]10.1016/j.ecolind.2012.10.025[/cite]. Møller soulève aussi des questions sur la fiabilité des données bélarussiennes. De nombreux de mes collègues ont été mis en confinement pour plusieurs années lorsqu’ils ont publié des résultats négatifs. Il faut que ces découvertes soient vérifiées par d’autres chercheurs.

    Mais Smith a déclaré qu’il a pleinement confiance dans l’intégrité de ces découvertes. J’ai travaillé étroitement avec les scientifiques du Belarus pendant 20 ans et ce n’est pas parce qu’ils sont du Belarus qu’on doit automatiquement dénigrer leurs travaux. Ces scientifiques sont aussi intègres et compétents que n’importe quel scientifique occidental.

     

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    1. Phil Ansois dit :

      L’article montre bien que les positions des auteurs du premier article et celles des chercheurs indépendants comme Mousseau et Møller sont en contradiction frontale.
      Mais le titre « Les humains plus nocifs que les radiations nucléaires », montre le parti pris pour l’article de Mr Smith et ses collègues.
      Sauf naïveté difficilement concevable « durant 20 ans », Mr Smith et ses collègues savent pourquoi ils font confiance aux pauvres scientifiques biélorusses qui n’ont le choix qu’entre des conclusions hyper optimistes et la perte de leur boulot.
      Un peu plus d’investigation aurait montré que les gouvernements locaux sont dans le déni du problème de la contamination radioactive auquel ils sont confrontés et donc que les seules recherches tolérées sont celles qui sont axées sur le déni et la minimisation, pour ne pas reconnaitre l’inaction face à la population en danger, et pour rassurer l’industrie nucléaire qui collabore à cette œuvre de désinformation (l’AIEA qui tient l’OMS en laisse, etc…).
      Il faut éviter coute que coute tout ce qui sape l’acceptation publique de l’énergie nucléaire, au niveau mondial.
      Il suffit de voir comment est traité l’institut indépendant BELRAD http://www.belrad-institute.org/FR/doku.php qui est harcelé par le gouvernement Biélorusse, parce qu’il tente de combler la non-assistance à personnes en danger de ce gouvernement. Se renseigner aussi sur les mésaventures du courageux Pr Bandashevsky.
      D’autre part, il est clair que des « comptage par hélicoptère » masquent l’étude qualitative, basée sur la comparaison détaillée entre les zones contaminés et les autres moins contaminées.
      La nature parait luxuriante, mais il faut observer de près les oiseaux et les rameaux de pin (à Fukushima, Ref 26) pour voir les anomalies. Vu du ciel les vaches de Fukushima on l’air normales, mais ces taches blanches qu’elles ont sur leur poil noir, cela n’existait pas avant 2011 !
      Pour continuer cette recherche, le document suivant contient une trentaines de liens traitant des conséquences de la radioactivité sur la faune et la flore à Tchernobyl et à Fukushima.
      https://www.dropbox.com/s/gkb0d2jx8y3efja/Faune_et_flore_%20Fukushima_et_Tchernobyl.pdf?dl=0

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