Une modification génétique massive de porcs pour les transformer en donneurs d'organe



Les chercheurs ont pulvérisé le record de la sur des porcs afin de les transformer en de parfaits donneurs d’ pour les humains.

Depuis des décennies, les scientifiques et les médecins rêvent d’utiliser les organes des porcs pour les transplanter sur des humains. Mais le rejet par le système immunitaire humain et les virus porcins ont toujours freiné la réalisation de ce rêve. Mais après avoir modifié près de 60 gènes dans des embryons de porcs, soit 10 fois plus qu’une modification sur d’autres animaux, les chercheurs estiment qu’ils ont créé un excellent fournisseur d’organes qui n’est pas un humain.

Les travaux ont été présentés le 5 octobre pendant une réunion de la National Academy of Sciences (NAS) à Washington. Le généticien George Church de la Harvard Medical School et ses collègues ont annoncé qu’ils avaient utilisé la technologie CRISPR/Cas9 pour désactiver 62 rétrovirus endogènes porcins (PERVs) dans des embryons de porcs. On ne pouvait ni traiter, ni neutraliser ces virus qui sont présents dans le génome des porcs. Et on avait peur que ces virus provoquent des maladies chez les receveurs d’organes humains.

Le groupe de Church a aussi modifié plus de 20 gènes dans un autre groupe d’embryons de porcs incluant les gènes qui encodent les protéines sur la surface des cellules des cochons. Ces gènes sont connus pour déclencher une réponse du système immunitaire humain à cause de la coagulation du sang. Church n’a pas révélé ces gènes parce que ces travaux ne sont pas encore publiés. Éventuellement, ces porcs, pour les dons d’organes, auront besoin de cette modification en plus de la suppression du PERVs.

La préparation pour l’implantation

C’est quelque chose que je voulais faire depuis une décennie selon Church. Il a fondé une entreprise de biotechnologie, eGenesis, qui tente de proposer le processus à des prix abordables. Church et son équipe n’ont pas donné beaucoup de détails sur la technique qui leur a permis de supprimer une telle quantité de gènes dans ces porcs. Mais il a déclaré que ces embryons de porcs modifiés sont prêts à être implémentés dans des truies.

Jennifer Doudna, une biochimiste de l’université de Californie, est l’une des inventrices de la technologie CRISPR/Cas9 et elle est impressionnée par la quantité de gènes modifiés. Si ces travaux se confirment, alors on pourrait utiliser ces techniques dans des applications de biologie synthétique où on peut désactiver/activer des gènes selon les besoins. Dans les micro-organismes, la création de tels circuits nécessite une insertion et une modification de multiples gènes qui se régulent mutuellement. Et la modification de gènes multiples sera aussi utile dans les thérapies humaines selon George Daley, un biologiste en cellule souche à la Harvard Medical School, car de multiples gènes sont souvent impliqués dans de nombreuses maladies génétiques.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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