7 questions taboues en science et en technologie


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  • Même pour la science et la technologie qui sont réputées pour la neutralité, il existe des sujets et des questions qui sont totalement tabous. Des robots enfants pour les pédophiles, une manière de baisser la température du climat, l’accès gratuit aux papiers scientifiques, le cout de la santé, faites votre choix.


    Même pour la science et la technologie qui sont réputées pour la neutralité, il existe des sujets et des questions qui sont totalement tabous.

    Il y a des sujets polémiques dans tous les pays. La en France et le créationnisme aux États-Unis, mais il y a d’autres sujets beaucoup plus sensibles qui sont interdits dans toute discussion qui se respecte. Des chercheurs se sont réunis pendant la conférence Forbidden Research pour parler des limites éthiques et morales de la science. Aujourd’hui, la technologie et la science peuvent faire beaucoup de choses, mais est-ce qu’on doit tout faire ? Dans la liste des questions dérangeantes, on les robots sexuels enfants pour les pédophiles, le Gene Drive génétique et une méthode pour réduire le réchauffement climatique.

    Est-ce qu’on doit modifier le climat ?

    L’ingénierie solaire est peut être la technologie la plus importante au 21e siècle. L’idée est de lutter contre la hausse de la température en balançant du dioxyde de soufre dans l’atmosphère qui va refléter une partie de la lumière du soleil qui arrive sur Terre. David Keith, un professeur d’Harvard, estime que c’est faisable et abordable et ce chercheur est quasi certain que les températures reviendront à leurs niveaux pré-industriels. Mais est-ce que cela va endommager l’atmosphère ? Pour le découvrir, il faudrait faire des petits tests, mais personne ne veut franchir le pas. Car cela revient à envoyer plus de polluants dans l’atmosphère.

    Collectivement, nous avons préféré l’ignorance. Nous avons besoin d’un programme international de recherche qui soit transparent, mais personne ne veut le créer. C?est une couardise politique selon Keith. On peut le voir de cette manière, mais cette méthode revient à supprimer les effets plutôt que la cause. Si on supprime la cause, qui est l’utilisation des énergies fossiles et des modes de vie en surconsommation, alors les températures vont baisser automatiquement sans empoisonner l’atmosphère. Ce type de technique est la même chose que de dire : Nous n’allons pas dépasser un réchauffement supérieur à 2 degrés. Cette phrase peut sembler positive, mais elle sous-entend : Nous pouvons encore réchauffer jusqu’à 2 degrés en plus.

    Est-ce qu’on doit donner des robots enfants à des pédophiles ?

    Quelques chercheurs, se comptant sur les doigts d’une main, estiment que des robots enfants ou la réalité virtuelle pourraient les aider à étudier les pédophiles. En leur donnant un exutoire sans grande conséquence, on pourra mieux étudier ce trouble. Mais la recherche sur la pédophilie est quasi inexistante à cause de l’aspect émotionnel et juridique qui l’entoure. Aux États-Unis, les chercheurs sont obligés de dénoncer tous les pédophiles à la police.

    Je veux savoir si on peut utiliser des robots dans une mode thérapeutique selon Kate Darlin, une éthicienne de la robotique au MIT Media Lab. On n’a aucune idée si on peut le faire, car la recherche est impossible à cause de l’énorme stigmate . Les robots spécialisés dans le sexe arrivent bien plus vite qu’on le pensait et il est important pour la société de discuter de ce problème.

    Quel est l’impact des armes sur la santé publique ?

    Il est évident que les armes sont une menace directe sur la santé publique. Mais ne comptez pas sur le CDC sur le cout de cet impact. En 1996, le Congrès a interdit formellement à cette agence de faire la moindre recherche qui permettrait de réguler la circulation des armes à feu.

    Quel est le cout de la technologie de la santé ?

    Les dépenses de santé aux États-Unis sont très élevées et les prix des médicaments crèvent le plafond. Mais bonne chance pour trouver le cout réel d’une technologie sur la santé. Faisant partie de l’Obamacare, la Maison Blanche avait lancé un institut fédéral de recherche, avec un fond de 491 millions de dollars, pour déterminer quels sont les traitements médicaux qui fonctionnent le mieux. Mais on peut remercier le lobby de l’industrie et les groupes de médecin, il n’y a aucune recherche qui a été faite malgré cette subvention considérable. On ne parle pas de faire des économies dans un contexte de rigueur. On parle du cout réel des traitements par rapport aux remboursements qui sont pris en charge par l’Etat.

    En France, on possède un remboursement à 100 % sur la plupart des pathologies lourdes. Et les citoyens peuvent connaitre ce qu’ils ont couté à la Sécurité sociale. Mais on obtient uniquement un prix qui est fourni et il faudrait faire des recherches pour voir si le prix est réellement le cout de la technologie. Les compagnies d’assurance ne font rien pour baisser le cout des traitements médicaux en utilisant le prétexte qu’une bonne santé n’a pas de prix. Si, elle a un prix, mais on nous refuse le droit de le connaitre. Le meilleur exemple est la dernière Liste des médicaments essentiels publiés par l’OMS afin de proposer des qualités de soins équivalents pour les pays riches et pauvres. 2 médicaments dans cette liste font partie des traitements les plus chers qui existent.

    Est-ce que l’accès à la connaissance scientifique doit être totalement gratuit ?

    Il y a quelques mois, la publication scientifique s’est pris une baffe avec les révélations des pratiques scandaleuses concernant les prix des papiers scientifiques. Alexandra Elbakyan, une étudiante au Kazakhstan, avait lancé la plateforme Sci-Hub qui proposait gratuitement les papiers scientifiques derrière un mur payant. On sait que des groupes comme Elsevier ont renforcé leur sécurité et Sci-Hub ne fonctionne plus aussi bien qu’auparavant.

    Est-ce que les papiers scientifiques doivent être gratuits ? Oui, dans un monde idéal. Mais la publication scientifique a créé des tendances qui favorisent la publication dans les revues qui permettent d’avoir une certaine notoriété et donc des subventions au bout du compte. Mais les revues ne financent aucune recherche scientifique, car ce sont les contribuables qui paient. À moins de réformer totalement la publication scientifique et de détruire le monopole des revues, il est inefficace de lutter contre le modèle des publications.

    Est-ce qu’on doit modifier généralement toute une espèce ?

    Le Gene Drive est une nouvelle manière radicale d’utiliser la technologie CRISPR pour propager des traits génétiques à travers toute une espèce. Par exemple, des moustiques modifiés pour qu’ils ne transmettent plus le paludisme ou des espèces intrusives qui s’auto-détruisent. Cette fois, ce sont les scientifiques qui sont contre cette technologie. On ne peut pas tester ces dans l’environnement confiné d’un laboratoire avec le risque qu’ils se propagent et contaminent la flore et la faune sauvage. Si cela se produit, alors la science serait totalement discréditée aux yeux du public. En revanche, d’autres plaident pour le Gene Drive en estimant qu’il faut juste plus de protections dans les contrôles et les expériences.

    Est-ce que quelqu’un espionne mon téléphone ?

    La vie privée est devenue importante pour de nombreuses personnes avec les révélations de Snowden. Ce dernier travaille avec Andre Huang sur un nouvel appareil qu’on pourrait connecter à un téléphone. Cet appareil détecterait si le téléphone envoie des signaux alors qu’il n’est pas censé le faire. C’est surtout à destination des journalistes qui sont en zone de guerre. On peut penser que c’est un gadget pour faire des unes médiatiques racoleuses. Mais pour Snowden, la loi et les gouvernements actuels empêchent de créer une technologie de communication qui soit totalement sécurisée.

     

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    Jacqueline Charpentier

    Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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