Les femmes dans les STEM, un problème de culture masculine ?

La participation des femmes dans les STEM (Science, technologie, ingénierie et mathématique) est bien documentée, mais on ignore encore les causes de cette sous-représentation des femmes dans ces disciplines. La culture masculine pourrait être un facteur prédominant.


La participation des femmes dans les STEM (Science, technologie, ingénierie et mathématique) est bien documentée, mais on ignore encore les causes de cette sous-représentation des femmes dans ces disciplines. La culture masculine pourrait être un facteur prédominant.

Une étude de l’université de Washington est l’une des premières à analyser les causes de l’ homme/femme dans les champs du . Publié dans la revue Psychological Bulletin, le papier identifie 3 principaux facteurs, mais le plus prédominant est la culture masculine qui donne l’impression aux qu’elles ne sont pas les bienvenues dans ces secteurs.

On sait que les femmes sont mal représentées dans les STEM, mais on a tendance à généraliser tous les secteurs alors que la disparité est variable. Les femmes représentent 37 % des diplômés dans les STEM aux États-Unis, mais leur représentation varie selon les disciplines. 40 % des femmes possèdent un diplôme en mathématique, mais en informatique, ce chiffre baisse à 18 %.

L’étude s’est focalisée sur 6 principales disciplines des STEM avec la biologie, la chimie, l’informatique, l’ingénierie, la physique et les . La biologie, la chimie et les possèdent la plus grande proportion de femmes tandis que les 3 autres font partie des mauvais élèves. Les chercheurs ont analysé plus de 1200 papiers sur la sous-représentation des femmes dans les STEM et dans ces papiers, ils ont identifié 10 facteurs qui impactent la différence du genre que ce soit dans l’intérêt et la participation. Ensuite, ils ont filtré les 3 facteurs prédominants qui revenaient systématiquement dans les papiers afin d’avoir une moyenne. Et les 3 facteurs sont un manque d’expérience pré-universitaire, les clichés sur les capacités des femmes dans ces secteurs et une culture masculine.

L’étude identifie 3 aspects de cette culture masculine. Les stéréotypes des disciplines qui sont incompatibles avec la perception des femmes sur leurs propres capacités, les stéréotypes négatifs sur les capacités des femmes et l’absence de modèles qui pourraient inspirer les femmes à tenter l’aventure des STEM (peu de présence dans les postes académiques élevés).

L’absence de l’expérience pré-universitaire est également un facteur. La différence du genre sur l’intérêt des STEM est plus faible parmi les responsables d’écoles secondaires qui proposent de bons cursus en mathématiques et en . Mais il y a peu de cours en informatique, en ingénierie et en physique comparé à la chimie, la biologie et les mathématiques. Le résultat est que les étudiants ont très peu d’information sur ces disciplines.

Les étudiants envisagent leur discipline selon les perceptions et non ses réalités selon les chercheurs. Cela provoque un décalage avec les réalités du secteur et les stéréotypes. Si l’étudiante ne possède que des clichés, alors elle risque de ne pas envisager la moindre perspective dans ces disciplines. Mais le manque d’expérience pré-universitaire n’est pas prédominant. Par exemple, les femmes sont plus attirées par des secteurs tels que le travail social ou l’infirmerie alors que ces derniers sont rarement présents dans l’école secondaire. Mais si le manque d’expérience s’accompagne d’une culture masculine, alors le biais du genre explose et les femmes délaissent les STEMs.

La croyance en ses propres capacités est aussi un facteur qui est souvent revenu dans les études, mais ce facteur n’est pas fiable selon les chercheurs. En effet, les femmes tendent à déclarer qu’elles sont moins bonnes en mathématique que les hommes, mais il y a plus de femmes en mathématiques comparées à d’autres secteurs du STEM.

La discrimination sexuelle dans le recrutement et d’autres opportunités n’explique pas totalement le niveau de variabilité. Les chercheurs pensaient qu’ils allaient trouver moins d’inégalités dans les champs où les femmes étaient bien représentées, mais ce n’était pas le cas. Les chercheurs ont mené l’étude en se concentrant sur le choix de femmes, mais ils ont réalisé rapidement que ce n’est qu’un facteur dans l’équation. Le choix des hommes est également important. Le nombre de femmes diplômées en informatique a baissé drastiquement depuis les années 1980 et c’est parce qu’il y avait de plus en plus d’hommes qui débarquaient dans le secteur plutôt qu’une baisse chez les femmes. Les historiens culturels attribuent ce changement à l’avènement de l’ordinateur personnel et au cliché sur l’homme qui est un génie en l’informatique.

La conclusion des chercheurs est qu’une culture inclusive est cruciale pour booster la participation des femmes dans les STEM. Cela passe par le changement des environnements dans les salles de classe et en bloquant les clichés négatifs sur le fait que les femmes ne sont pas douées en science. Mais tant qu’on aura des rayons totalement roses et bleus dans les supermarchés, cela ne risque pas de changer de sitôt.

Source : Université de Washington

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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