vendredi , 28 avril 2017

L’impact d’une publication scientifique dans le temps

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Une recherche suggère que l’impact d’un scientifique par rapport à ses publications est aléatoire dans le temps. Cela contredit l’hypothèse que les jeunes chercheurs ont le maximum d’impact puisqu’ils ont une plus grande créativité au début de leur carrière.


L’impact d’une publication scientifique dans le temps
Cette visualisation représente chaque ligne comme la carrière d'un scientifique. Chaque "bosse" représente les papiers les plus populaires selon le nombre de citations. Et on voit qu'il y une répartition totalement aléatoire. Crédit : Kim Albrecht, Roberta Sinatra
L‘impact d’un scientifique dans le temps est réparti de manière aléatoire par rapport aux études qu’il va publier. Ce phénomène est décrit par un simple modèle dans lequel l’impact d’un scientifique est une fonction de facteur incluant la productivité et la créativité.

Les recherches précédentes sur la créativité suggéraient qu’un scientifique va faire ses principales découvertes au début de sa carrière. Ensuite, les probabilités d’une découverte majeure vont baisser à toute flèche à cause du manque de créativité et de l’augmentation des formalités administratives. En réalité, on connait peu l’impact d’un scientifique au fil du temps. Et pour mieux le comprendre, Roberta Sinatra et ses collègues ont analysé les carrières de milliers de scientifiques en se concentrant sur leurs publications scientifiques.1

L’évaluation de l’équipe a confirmé que de nombreux scientifiques publient leurs travaux les plus créatifs dans les 2 décennies qui suivent le début de leur carrière et c’est cohérent avec de précédentes recherches. Mais l’évaluation montre également que la productivité affiche le même résultat. Cela suggère que les scientifiques font leurs principales découvertes au début de leur carrière à cause de leur productivité soutenue plutôt que de la créativité.

Pour mieux explorer les racines du succès de la créativité sans la productivité ou l’âge, les chercheurs ont classé chaque papier publié par un scientifique selon un ordre chronologique en se demandant si les papiers les plus populaires étaient également les plus anciens. Et les résultats montrent que les papiers les importants étaient rarement les premiers. Au lieu, on a un affichage totalement aléatoire. Cela signifie qu’on ne peut pas dire si le papier le plus influent sera le plus ancien ou le plus récent. Mais à partir de ces résultats, les chercheurs ont développé un modèle qui prédit l’impact de la carrière en intégrant le hasard, la productivité et un facteur appelé Q qui est propre à chaque scientifique. Ces facteurs combinés montrent qu’un scientifique peut connaitre le succès à n’importe quel âge et cela permet aussi de réduire les biais qu’on va donner à certains scientifiques sous prétexte qu’ils sont trop vieux ou trop jeunes. Le facteur le plus important est une productivité soutenue.

Sources

1.
Sinatra R, Wang D, Deville P, Song C, Barabasi A-L. Quantifying the evolution of individual scientific impact. Science. 2016;354(6312):aaf5239-aaf5239. doi: 10.1126/science.aaf5239
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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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