Comment Charon ralentit la perte de l’atmosphère de Pluton

La relation de Pluton avec sa lune Charon est l’une des interactions les plus inhabituelles du système solaire à cause de la taille et de la proximité de Charon. Charon fait la moitié du diamètre de Pluton et elle orbite à environ 19 000 km de la planète naine. C’est comme si notre lune était trois fois plus proche de la Terre avec un diamètre équivalent à Mars.


La relation de Pluton avec sa lune Charon est l'une des interactions les plus inhabituelles du système solaire à cause de la taille et de la proximité de Charon. Charon fait la moitié du diamètre de Pluton et il orbite à environ 19 000 km de la planète naine. C'est comme si notre lune était trois fois plus proche de la Terre avec un diamètre équivalent à Mars.
CREDIT : NASA-JHUAPL-SwRI

Une nouvelle recherche de la Georgia Institute of Technology suggère des pistes supplémentaires sur cette relation et son impact sur la perte de l’atmosphère de par le vent solaire. Quand Charon est positionné entre le soleil et Pluton, l’étude suggère que la lune réduit considérablement cette perte atmosphérique.

ne possède pas toujours sa propre atmosphère selon Carol Paty, professeure adjointe à Georgia Tech. Mais quand c’est le cas, elle crée un bouclier pour Pluton en redirigeant une partie du vent solaire. Cette barrière crée un angle plus aigu dans l’arc de choc de Pluton (l’arc de choc désigne la zone entre la magnétosphère et l’environnement ambiant) et cela réduit la perte de l’atmosphère. Quand Charon ne possède pas d’atmosphère ou quand elle est derrière ou à côté de Pluton, alors son impact est minimal sur l’interaction du vent solaire avec Pluton.

Les prédictions de l’étude, qui a été effectuée avec les données de la sonde New Horizons, sont cohérentes avec les mesures sur la perte de l’atmosphère effectuées par la sonde. Les précédentes estimations donnaient une perte 100 fois plus grande par rapport aux mesures actuelles. La recherche est publiée dans la revue Icarus. 1 John Hale qui a co-dirigé l’étude avec Paty, estime que le système de Pluton est une fenêtre sur nos origines, car la planète naine n’a pas subi les températures extrêmes des objets proches du soleil.

Le résultat est que Pluton possède plus d’éléments volatils alors que ces derniers ont disparu depuis longtemps sur les planètes proches du soleil. Mais même en étant à une grande distance du soleil, Pluton perd lentement son atmosphère. En connaissant la fréquence de la perte, on peut connaitre la quantité d’atmosphère restante et déterminer cette atmosphère à son état d’origine. Et ensuite, on peut avoir une idée du système solaire pendant sa formation.

Hale et Paty estiment également que leur recherche confirme une hypothèse populaire sur Charon. La zone de décoloration à côté de ses poles lunaires est probablement provoquée par des particules magnétisées qui proviennent de l’atmosphère de Pluton. Ces particules se sont accumulées sur Charon sur des milliards d’années, notamment quand Charon est proche de Pluton.

Sources

1.
Hale JPM, Paty CS. Pluto–Charon solar wind interaction dynamics. Icarus. décembre 2016. doi: 10.1016/j.icarus.2016.11.036
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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