mardi , 24 avril 2018

Actualités scientifiques de la semaine #37

Toutes les actualités scientifiques de la semaine que nous n’avons pas pu traiter dans des articles dédiés. Toutes les sources sont en anglais.


Actualités scientifiques de la semaine #37

L’explication des mystérieux flashs de lumière sur la surface de la Terre

Depuis quelques années, les satellites voyaient des petits flashs de lumière sur la surface de la Terre. L’explication est que ce sont des cristaux de glace qui flottent à la surface de la planète. Ces flashs se produisent lorsqu’un rayon de soleil frappe une surface réfléchissante telle que de l’eau ou des cristaux de glace. Ces flashs se produisent uniquement à certains endroits, car il faut que les sondes soient parfaitement alignées dans l’angle quand le rayon frappe la surface. Et le fait qu’on ait pu les détecter de loin dans l’espace indique que c’est une méthode qu’on pourrait utiliser pour détecter de l’eau sur les exoplanètes.

Les sites nucléaires américains sont des bombes à retardement

Le 9 mai 2017, des personnes ont dû se réfugier dans un abri anti-atomique sur le complexe nucléaire de Hanford dans l’Etat de Washington. Est-ce que la Russie a déclenché ses frappes nucléaires ? Non, le toit s’est effondré sur un tunnel qui abrite les déchets nucléaires au Département de l’énergie. Ce tunnel était utilisé par 36 wagons ferroviaires pour transporter du plutonium qui devait être raffiné. Cet incident révèle l’état désastreux des sites américains qui abritent des déchets ou des matériaux nucléaires. Les autorités estiment que ces sites doivent être la priorité pour qu’ils soient conformes aux normes. Les tunnels de Hanford sont en tête de liste et si on continue de les négliger, alors un jour, ça risque de provoquer des fuites de radiation sur des centaines de kilomètres, car le site nucléaire de Hanford s’étale sur plus de 1 500 km carrés.

Paolo Macchiarini licencié en Russie

Une fois que vous avez été accusé de fraude scientifique, alors il est difficile de trouver un abri dans un autre pays. La Russie vient de licencier Paolo Macchiarini qui est un chirurgien célèbre pour ses trachées artificielles. On le considérait comme un génie et un pionnier jusqu’à ce qu’on découvre que les trachées artificielles avaient la fâcheuse habitude de tuer les patients. Plusieurs de ses papiers ont été rétractés et il a été licencié par le Karolinska Institute en 2016. Il avait trouvé refuge en Russie, mais il y a quelques semaines, la revue Nature a rétracté un autre de ses papiers ce qui a mis fin à la collaboration avec la Russie.

Doubler la production de tomate avec la modification génétique

Quand on plante les tomates, la plupart des cultivateurs amateurs se contentent de la maturité ou de sa grosseur. Mais les agriculteurs se concentrent surtout sur la manière dont la plante pousse. Car le pattern de branchement des différentes souches permet d’avoir une plante qui donnera plus de tomates que de fleurs. Mais cela ne fonctionne pas toujours, car si on crée trop d’embranchements sur la plante de la tomate, alors on a beaucoup de fleurs que de tomates ce qui pénalise le rendement. Les chercheurs ont utilisé la modification génétique pour comprendre les gènes qui sont associés aux embranchements et la production de fleurs. En les altérant, la plante a donné le double des tomates par rapport à la méthode normale.

2 femmes scientifiques et Nicolas Hulot au gouvernement de Macron

Des États-Unis, les premières nominations de Macron sont très bien accueillies. Et sur le papier, cela semble assez de bon augure. Déjà, on a 2 femmes scientifiques qui entrent au gouvernement. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Agnès Buzyn, la nouvelle ministre de la Santé. Mais il y a déjà une couille dans le potage, car Agnès Buzyn est mariée à Yves Lévy qui dirige l’INSERM qui possède un budget de 1 milliard de dollars. Le souci est que l’INSERM est sous la tutelle du ministère de la Santé et de la Recherche. C’est bien pire qu’un conflit d’intérêts, mais tout le monde trouve ça normal. On a également l’arrivée de Nicolas Hulot qui montre de bons signes pour l’écologie, mais il faut être réaliste, la nomination de Hulot est juste de la poudre. On peut rigoler avec son nouveau ministère de Transition écologique et solidaire qu’on devrait renommer par Transition écologique et solitaire, car il sera bien seul face aux autres.

Un géologue créationniste est interdit de faire des analyses dans le Grand Canyon

Andrew Snelling, un géologue australien, a porté plainte contre le National Park Service (NPS) parce qu’on lui a refusé de collecter des échantillons dans le Grand Canyon. Le problème est que ce géologue est un créationniste convaincu et qu’il voulait ces échantillons pour prouver une “inondation massive” qui s’est produite il y a 4 300 ans, soit le Déluge biblique. Il travaille pour Answers in Genesis, une organisation qui veut étudier la géologie d’un “point de vue biblique”. Mais ce ne sont pas ses affiliations religieuses qui lui ont valu l’interdiction. Quand il a demandé le permis, le NPS a estimé qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait et qu’on ne trouve pas trace de lui dans la communauté scientifique avant 1982 lorsqu’il a obtenu son doctorat. On avait peur de ce type de phénomène après l’arrivée de Trump. Non seulement, les charlatans et les pseudoscientifiques sont plus nombreux que jamais, mais ils défient de plus en plus la communauté scientifique sur des bases judiciaires, car ils pensent que leur champion à la Maison Blanche les a rendus légitimes. On a également vu passer un article où des praticiens de l’acupuncture exigent des réponses sur l’interdiction de cette pratique à l’hôpital. Si un scientifique peut être religieux, alors il est important de limiter les frontières. Mais cette affaire montre que lorsque le scientifique s’engage publiquement dans des causes de croyance, alors il perd généralement ses compétences scientifiques, car il est entouré par des personnes qui dénigrent systématiquement l’esprit de contradiction et la méthode scientifique.

Les rivières sur Titan sont très différentes de celles de la Terre

Titan ressemble énormément à la Terre. Une atmosphère, des paysages irréguliers, des mers et des rivières. Mais une recherche démontre que Titan ressemble beaucoup plus à Mars qu’à la Terre. Sur Terre, ce sont les plaques tectoniques qui façonnent notre planète alors qu’il n’y en a pas sur Titan ou Mars. Cela suggère que les 3 planètes ont des topographies très différentes. Titan est surtout influencé par les forces de marée de Saturne plutôt qu’une activité géologique native même si celle-ci est présente dans une moindre mesure.

Elsevier demande 15 millions de dollars à Sci-Hub et Libgen

L’année dernière, on avait parlé de Sci-Hub qui propose gratuitement les papiers scientifiques. La plateforme est d’une simplicité enfantine et elle est utilisée par la plupart des chercheurs dans le monde entier. Mais Elsevier n’a pas du tout apprécié et elle a porté plainte contre Sci-Hub et Libgen. Elsevier estime que Sci-Hub a provoqué des pertes considérables et il a subi des vols répétés sur le droit d’auteur. Et il demande donc tranquillement 15 millions de dollars en dommages et intérêts. Alexandra Elbakyan, la fondatrice de Sci-Hub, a simplement répondu qu’elle s’assoie littéralement sur ces dommages et que le site continuera comme si de rien n’était. Elle ne répondra pas à la plainte et si le site est suspendu, il existe toujours la version disponible sur TOR.

Le pénis ? Une simple construction sociale

Les preuves méta-scientifiques et androcentriques qui postulent que le pénis est l’organe masculin de la reproduction est très exagéré et nous défions ce postulat. Nous considérons que le pénis n’est pas un organe anatomique dans le sens le plus pur de son terme, mais plutôt un concept et une construction sociale extrêmement fluide.

Après des analyses approfondies sur la représentation du pénis dans les méta-analyses, mais également les études anatomiques, nous concluons que le pénis ne peut pas être représenté comme l’organe sexuel masculin. C’est plutôt une construction sociale qui est dommageable pour la société et les générations futures. Le pénis conceptuel pose des problèmes considérables pour l’identité du genre et reproductive dans les dynamiques sociales et familiales. Sur ce point, le pénis est une source d’abus pour les femmes et les autres groupes marginalisés par le genre. C’est une source performative du viol et il est le principal pilote derrière le changement climatique.

Vous froncez les sourcils, c’est normal. L’article a été publié par le site skeptic.com et c’est un Hoax de a à z. Les auteurs ont créé un papier totalement insensé et absurde de 3 000 mots ajoutant des phrases complexes à souhait. Le pire est que le papier a été accepté dans une revue évaluée par les pairs, Cogent Social Sciences, qui est en Open Access (Le PDF si l’article est supprimé).

Dans cet article, les deux auteurs veulent dénoncer à la fois le modèle payant des revues Open Access en soulignant que le modèle peut être intéressant sur le long terme, mais catastrophique sur le court terme, car il perpétue le phénomène de Publish and Perish. Mais surtout, l’étude Hoax dénonce le manque de rigueur et le politiquement correct du monde académique et l’émergence considérable des études de genre (gender studies) qui font accepter tout et n’importe du moment que cela promeut l’égalité entre les genres.

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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