Blocage de WhatsApp, un présage pour une bataille internationale sur le chiffrement

Un tribunal au Brésil a bloqué WhatsApp pendant 72 heures, mais le juge est revenu sur sa décision quelques heures plus tard. Une simple péripétie à première vue, mais c’est le présage d’une bataille internationale sur le chiffrement. Et le chiffrement est en train de perdre.


Le blocage de WhatsApp au Brésil est un signe avant-coureur d'une bataille internationale sur le chiffrement.

En février 2016, WhatsApp annonce qu’il a dépassé le milliard d’utilisateurs. Le lundi 2 mai 2016, il a perdu 100 millions d’utilisateurs à cause d’un blocage de par les fournisseurs de mobile au Brésil. Un tribunal avait demandé des informations sur le compte d’un utilisateur, mais WhatsApp, malgré sa coopération, n’a rien pu fournir puisque les messages ne sont pas enregistrés sur ses serveurs.

On avait déjà eu un blocage similaire en décembre 2015 et dans les cas, la justice est revenue sur sa décision. Mais la pression se fait de plus en plus forte. Apple a résisté aux demandes du FBI sur un accès à un iPhone d’un des assaillants de la tuerie de San Bernadino, mais le FBI a pu lire les messages via un autre moyen. Malgré les attaques des agences gouvernementales, les États-Unis plaident en faveur du , mais ce n’est pas le cas dans les autres pays.

Un projet de loi au Royaume-Uni imposera aux entreprises de baisser la sécurité ou de casser le chiffrement de leur service. La Chine a passé une loi anti-terroriste qui nécessite que les entreprises technologiques coopèrent pleinement avec les autorités incluant le déchiffrement des messages. Notons que la loi anti-terroriste chinoise est simplement une combinaison du Patrioct Act aux États-Unis et de la Loi Renseignement en France. Dans les prochaines années, on verra de plus en plus d’attaques sur les messageries chiffrées sous prétexte qu’ils sont les principaux outils pour la propagande terroriste. Si on traitait le problème du terrorisme à la racine plutôt que de s’attaquer aux outils, la lutte antiterroriste progresserait vraiment alors que dans l’optique actuelle des gouvernements, les outils offrant l’anonymat sont menacés alors qu’on évite de s’attaquer à la menace elle-même.

Mais parfois, la lutte anti-terroriste et le chiffrement ne sont qu’un prétexte. Dans de nombreux pays, ce sont les fournisseurs de mobile qui attaquent directement WhatsApp, Telegram et les autres messageries. Le Maroc a bloqué tous les services de voix sur IP, car ces derniers concurrençaient leurs propres services qui coutent la peau des fesses. Même dans le cas du premier blocage de WhatsApp au Brésil, les fournisseurs étaient monté au créneau en arguant que la messagerie leur fait une concurrence déloyale.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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