mardi , 26 septembre 2017

Alzheimer : Un risque élevé pour les femmes

Une nouvelle grande étude suggère que les femmes blanches courent plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer par rapport aux hommes entre 60 et 70 ans.


Alzheimer : Un risque élevé pour les femmes
Les femmes blanches, dont le marquage génétique les prédispose à la maladie d’Alzheimer, sont plus susceptibles que les hommes blancs de développer la maladie pendant une période critique de 10 ans dans leur vie selon une étude dirigée par des chercheurs de la Keck School of Medicine.

Les résultats de l’une des plus grandes études de données mondiales infirment les hypothèses précédentes concernant le risque de la maladie d’Alzheimer et ils suggèrent de nouvelles voies pour les essais cliniques. Les résultats de l’étude montrent que les hommes et les femmes blancs, génétiquement vulnérables de 55 à 85 ans, possèdent les mêmes probabilités de développer la maladie d’Alzheimer. Une exception : À partir de la moitié des 60 ans jusqu’au au milieu des 70 ans, les femmes sont confrontées à des risques beaucoup plus élevés. Cela peut fournir des indices sur les causes de la maladie et les interventions potentielles chez ces femmes.

Notre découverte est importante, car elle souligne comment les essais cliniques peuvent être pondérés envers les femmes afin d’aider les scientifiques à identifier plus rapidement les interventions efficaces pour ralentir ou guérir la maladie d’Alzheimer selon Arthur Toga de la Keck School of Medicine.

L’étude a été publiée dans le Journal of the American Medical Association Neurology. Elle comprenait des données de 57 979 Nord-Américains et Européens dans le Global Alzheimer’s Association Interactive Network (GAAIN). Ce grand projet de données fournit aux scientifiques du monde entier des données partagées et des outils d’analyse sophistiqués pour remédier à la maladie d’Alzheimer qui représentent environ 65 % des 47 millions de cas de démence dans le monde entier.

L’époque et les données ont changé

Les résultats contredisent une étude séminale de 20 ans, qui avait révélé que les femmes avec une copie d’ApoE4, une variante génique liée à la maladie d’Alzheimer, avaient un risque de 50 % de plus de développer la maladie par rapport aux hommes ayant le même profil génétique.

Les résultats ont bénéficié d’une augmentation de données sur les participants par un facteur de 9 et ils indiquent que la décennie critique se situe entre 65 et 75 ans soit plus de 10 ans après le début de la ménopause. Des études antérieures chez les animaux et les humains ont rapporté une relation entre l’ApoE4, la ménopause et le déclin cognitif.

Un chromosole 19 avec la région du gène ApoE qui est mise en évidence - USC Stevens Neuroimaging and Informatics Institute

Un chromosole 19 avec la région du gène ApoE qui est mise en évidence – USC Stevens Neuroimaging and Informatics Institute

On a eu tellement de travaux qui se sont basés sur cette ancienne étude de 1997, mais avec des outils comme GAAIN, nous avons désormais la possibilité de réanalyser avec une puissance statistique largement supérieure selon Toga. Les nouveaux résultats sont significatifs, car près des deux tiers des plus de 5 millions d’Américains vivant avec la maladie d’Alzheimer sont des femmes selon l’Association de la maladie d’Alzheimer.

De nombreux attribuent ce déséquilibre au fait que les femmes, en moyenne, vivent plus longtemps que les hommes. Cependant, un nombre croissant de preuves suggère que d’autres raisons contribuent également à la différence. Par exemple, les hommes ont des taux élevés de maladies cardiaques et d’AVC. Ainsi, les hommes, qui vivent plus longtemps, peuvent être plus sains que les femmes du même âge et ils risquent moins de développer la maladie d’Alzheimer selon l’étude.

À l’avenir, les médecins, qui veulent prévenir la maladie d’Alzheimer, peuvent intervenir à différents âges pour les hommes et les femmes selon Judy Pa, co-auteure de l’étude et professeur adjoint de neurologie au Stevens Neuroimaging and Informatics Institute.

La ménopause et la baisse des niveaux d’oestrogènes, qui commencent en moyenne à 51 ans, peuvent expliquer la différence selon Pa. Cependant, les scientifiques ignorent toujours la cause. Les chercheurs doivent étudier les femmes 10, 15 ou même 20 ans avant leur période la plus vulnérable pour voir s’il existe des signaux détectables pour suggérer un risque accru pour la maladie d’Alzheimer dans une période de 15 ans.

Des exercices mentaux pour prévenir Alzheimer

Seules certaines femmes ont un risque de développer la maladie d’Alzheimer au milieu de leurs 60 ans jusqu’au au milieu de leurs 70 ans par rapport aux hommes. Pour le déterminer, les femmes pourraient analyser leur ADN. Cependant, Pa fait remarquer que le test génétique pour la variante ApoE4 n’est pas une boule de cristal.

Il existe une controverse quant à savoir si les gens doivent connaître leur statut ApoE parce que c’est juste un facteur de risque selon Pa. Cela ne signifie pas que vous allez avoir la maladie d’Alzheimer. Même si vous avez 2 copies d’ApoE4, vos risquent sont plus élevés, mais vous pourriez vivre une longue vie et ne jamais avoir de symptômes. Même si certaines femmes découvrent qu’elles courent un risque accru, elles peuvent améliorer leurs chances en modifiant leur mode de vie.

Faites plus d’exercices et exercez votre esprit, notamment dans la vieillesse selon Pa. Pratiquez des loisirs qui sont cognitifs ou physiquement stimulants. Réduisez l’apport en sucre transformé parce qu’il est lié à l’obésité qui est associée à de nombreuses maladies chroniques.

Le manque de minorités dans les données

La maladie d’Alzheimer est la cinquième cause de décès chez les Américains âgés de 65 ans et plus, mais elle pourrait dépasser les 2 premiers tueurs de la nation qui sont la maladie cardiaque et le cancer. Les décès liés à la maladie d’Alzheimer ont augmenté de près de 39 % entre 2000 et 2010, alors que les décès liés aux maladies cardiaques ont diminué de 31 % et les décès par cancer ont diminué de 32 % selon le CDC.

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les données de 27 études différentes qui ont évalué la variation des gènes ApoE des participants ainsi que des caractéristiques tels que le sexe, la race, l’origine ethnique, le diagnostic (déficience cognitive normale ou légère ou maladie d’Alzheimer) et l’âge au diagnostic.

Les données de près de 58 000 personnes ont été examinées. Des méta-analyses ont été effectuées sur 31 340 blancs qui ont eu des diagnostics cliniques entre 55 et 85 ans. La proportion de minorités était si faible que les analystes ne pouvaient tirer des conclusions statistiquement significatives sur leur risque de maladie. Pour cette raison, l’étude portait uniquement sur les blancs.

La plupart des archives du monde entier ont un nombre insuffisant de minorités selon Toga. L’un des messages de notre étude est que les gens de toutes les races et des groupes ethniques doivent être impliqués dans les essais cliniques d’Alzheimer parce que cette maladie est un problème qui nous affecte tous.

Les femmes absentes des essais cliniques

Historiquement, les femmes n’ont pas été correctement représentées dans les essais cliniques, notamment dans les études sur les maladies cardiaques. Les femmes doivent être représentées équitablement par rapport aux hommes ou même surreprésentées selon Pa.

Plus de recherches doivent cibler les femmes, car les variations propres au sexe peuvent être si subtiles que les scientifiques peuvent les manquer lorsqu’ils contrôlent le genre ou utilisent des modèles pour exclure les différences entre les sexes. La plupart des recherches actuelles ignorent une grande partie de cette équation.

Source : JAMA Neurology (http://dx.doi.org/10.1001/jama.2017.11467)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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