L’addiction cachée à l’exercice physique

Quand l’exercice physique devient une chose tellement plaisante qu’elle devient une addiction dangereuse.


Quand l'exercice physique devient une chose tellement plaisante qu'elle devient une addiction dangereuse.

Dans un monde où seul 1 américain sur 5 pratique quotidiennement de l’, on pourrait penser que l’ à l’exercice est un faux problème. Mais ne vous y trompez pas selon Marilyn Freimuth, une psychologue clinicienne à la Fielding Graduate University à Santa Barbara, l’addiction à l’exercice peut totalement contrôler la vie d’une personne. Ils se blessent et ils dédient leur vie à l’exercice, car notre culture glorifie l’activité physique. Nous négligeons ce problème.

Une addiction négligée

Dans leur livre intitulé The Truth About Exercise Addiction: Understanding the Dark Side of Thinspiration sorti en 2015, Katherine Schreiber et Heather Hausenblas, professeur de kinésiologie à l’université de Jacksonville écrivent : Le drogué à l’exercice considère l’activité physique comme un mécanisme de copie et une compulsion sans laquelle il ne peut pas survivre. Les gens se sentent bien mentalement et physiquement après un bon exercice. Mais pour les drogués de l’exercice, cette bouffée de plaisir, similaire aux jeux d’argent et à la nymphomanie, est bien plus élevée. Cette addiction donne aux athlètes et aux autres une bouffée puissante de plaisir qui les rend totalement dépendants de l’exercice. Cette augmentation considérable de l’activité physique peut avoir des conséquences graves sur la santé incluant la fatigue, les blessures musculaires, les infections, le déséquilibre de l’électrolyte, les problèmes cardiaques et paradoxalement de l’apathie.

Pour voir cette addiction à l’exercice, il suffit de voir les Jeux olympiques. L’addiction à l’exercice augmente chez les athlètes à mesure qu’elles deviennent des stars selon une étude publiée le mois dernier dans le Journal of Behavioral Addictions. Tim Brewerton, un médecin de la Medical University en Caroline du Sud, confirme les conclusions de cette étude. Nous vénérons les athlètes olympiques comme des dieux. Nous leur donnons beaucoup d’attention, mais si nous connaissions une infime partie de leur vie, alors vous verrions qu’ils sont enchainés à l’entrainement. Ils s’entrainent pendant des années et ce n’est pas forcément pour gagner des médailles, mais pour recevoir encore et encore de l’attention.

L’addiction à l’exercice et les troubles alimentaires

L’étude de l’addiction à l’exercice est difficile, car elle a une relation complexe avec les troubles de l’alimentation. Dans les années 1800, les médecins, qui traitaient l’ de jeunes femmes, ont souvent noté une agitation extrême et le besoin compulsif de bouger. Et dans une étude de 1984, un groupe de médecins a noté dans le Journal of the American Medical Association que les coureurs partagent les mêmes traits psychologiques que les jeunes femmes souffrant d’anorexie telle que le perfectionnisme et la dépression même si c’était à des niveaux moins importants.

Une différence entre l’addiction à l’exercice et les autres addictions selon Brewerton est que les gens drogués par le sont plus vulnérables aux autres addictions tout en développant un rejet sur certains risques. Par exemple, ces personnes ne vont pas boire comme des trous dans une fête et ils resteront à l’écart de tous les excès qui sont associés à la vie nocturne. Mais étant donné que leur addiction bénéficie d’un sentiment positif de la part de la société, alors ils vont devenir perfectionnistes.

En général, on ne dit jamais à quelqu’un qu’il fait trop d’exercice selon Freimuth. Au lieu, on va les complimenter systématiquement pour leur discipline et leur motivation. Les neuroscientifiques ont identifié des chemins alternatifs de récompense chez les individus souffrant de troubles alimentaires. On peut citer l’anorexie et une surdose d’exercice. Cependant, il est difficile de détecter uniquement l’addiction à l’exercice. En général, cette dernière est toujours en tandem avec le . De plus en plus d’athlètes olympiques ont révélé leurs troubles alimentaires. 31 % des athlètes olympiques ont ce type de trouble comparé à 13 % dans la population générale selon un rapport du comité olympique de 2009. Le trouble alimentaire et l’addiction à l’exercice apparaissent souvent ensemble, mais seul le trouble alimentaire est diagnostiqué selon Mia Lichtenstein, une psychologue clinicienne de l’University of Southern Denmark dans une étude publié en mars 2016.

Brewerton estime que cette conclusion n’est pas surprenante quand vous considérez une souris qui court sur sa roue. Elle ne comprend pas le concept de bruler des calories ou de se mettre en forme pour la saison des bikinis, car la souris court parce que c’est amusant. Réduisez son accès à la nourriture et une chose intéressante va se produire. Au lieu de devenir une boule de fourrure refusant de bouger de son lit, la souris va courir encore plus. Le manque de nourriture augmente le sentiment de la récompense de l’exercice. Elle va se sentir de mieux en mieux et le résultat est qu’elle va passer chaque minute de sa vie sur sa roue jusqu’à provoquer l’effondrement et la mort. La course extrême combinée avec une privation de la nourriture en fait un bon modèle pour l’anorexie. Les professionnels, qui traitent l’anorexie, rapportent que leurs patients se privent tellement de nourriture que leurs organes cessent de fonctionner, mais ils continuent à aller à la salle de sport plusieurs fois par jour. L’exercice physique leur donne une identité et une raison de vivre pour les aider à combattre la dépression et l’anxiété.

Une autre difficulté est que l’addiction à l’exercice n’est pas bien définie selon Freimuth. Quand on lit la littérature scientifique, on trouve des termes comme l’exercice compulsif, l’exercice pathologique, l’exercice excessif, l’exercice obligatoire ou encore l’exercice problématique. Dans le Diagnostic and Statistical Manual, seule l’addiction au jeu est présente. Les addictions vont au-delà des compulsions à cause de leur seuil de tolérance selon Schreiber et Hausenblas.

Addiction ou compulsion ?

Dans une étude publiée en mai 2016, Brewerton et ses collègues ont tenté de déterminer si la surdose de l’exercice était une addiction ou une compulsion en précisant que ce n’est pas juste un problème de vocabulaire. Vous traitez différemment l’addiction et la compulsion. Si c’est une addiction à l’exercice, alors il faut stopper totalement l’activité physique ou participer à des groupes de thérapie. Si c’est une compulsion, alors il faudra se tourner vers la psychothérapie cognitivo-comportementale et changer la mentalité de la personne sur l’exercice. Certains traitements de troubles de l’exercice et de l’alimentation ont commencé à intégrer l’exercice avec une meilleure nutrition tout en résolvant les problèmes psychologiques complexes selon les chercheurs. Mais ces traitements ne sont pas forcément indiqués à de véritables accrocs à l’exercice. Et la réponse est surprenante. C’est à la fois une addiction et une compulsion à l’exercice.

Dans un sondage de 1 500 personnes (608 hommes et 885 femmes de 18 à 79 ans), les chercheurs ont utilisé tous les questionnaires disponibles qui ont été développés sur les troubles de l’exercice ainsi que des sondages liés aux troubles alimentaires et mentaux. Brewerton a découvert 2 formes de l’addiction à l’exercice, l’addiction primaire et secondaire. L’addiction primaire se produit sans la présence d’un trouble alimentaire et elle était prédominante chez les hommes. L’addiction secondaire à l’exercice se produisait avec un trouble alimentaire et elle était prédominante chez les femmes. L’addiction primaire était typique d’une addiction tandis que l’addiction secondaire ressemblait plus à une compulsion.

Selon Brewerton, les hommes et les femmes courent des risques similaires sur l’addiction à l’exercice. La principale différence est que les femmes souffriront davantage d’un tandem incluant le trouble alimentaire. Ces personnes ont adopté le sport par plaisir, mais elles ont franchi la ligne où l’exercice est devenu une passion obsessive. Cette dernière se caractérise par une inflexibilité dans le comportement et des niveaux très élevés d’engagements selon une étude dans le Journal of Behavioral Addiction. Les drogués sont passionnés avec l’addiction de leur choix jusqu’à ce que cela devienne un cauchemar. La passion existe avec l’addiction. Les parieurs adorent parier jusqu’à ce qu’ils en soient dégoutés, mais ils continuent à le faire.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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