lundi , 20 novembre 2017

Revues prédatrices : Un problème qui concerne les pays riches et pauvres

Une recherche suggère que les chercheurs des pays riches et pauvres utilisent les revues prédatrices pour publier leurs papiers scientifiques. Cela contredit la croyance selon laquelle seuls les chercheurs dans les pays pauvres sont piégés par le Predatory Publishing. L’Inde et les États-Unis sont en tête des papiers qui sont présents dans les revues prédatrices.


Revues prédatrices : Un problème qui concerne les pays riches et pauvres
Une grande analyse publiée dans la revue Nature montre que, contrairement à la croyance populaire, la majorité des papiers scientifiques dans des revues biomédicales, suspectées de Predatory Publishing (57 %), provenaient de pays riches ou des revenus intermédiaires et de nombreux papiers ont été publiés par des institutions prestigieuses.1

Les revues prédatrices étaient quasiment inconnues il y a dix ans, mais aujourd’hui, on estime que 8 000 revues prédatrices (Predatory Journals) publient chaque année plus de 400 000 études scientifiques. Ces revues permettent de publier rapidement les résultats de la recherche, généralement à moindre coût que les revues légitimes, mais elles ne fournissent pas des contrôles tels que l’évaluation par les pairs. Les revues prédatrices sont également difficiles à analyser ce qui signifie que les prestataires de soins et les chercheurs peuvent rarement extraire les données de ces revues.

Des chercheurs de l’Hôpital d’Ottawa et de l’Université d’Ottawa ont analysé 1 907 papiers scientifiques publiés dans 220 revues suspectées de Predatory Publishing. Les revues ont été choisies au hasard parmi des listes bien connues, mais controversées de Jeffrey Beall, un bibliothécaire de l’Université du Colorado.

Ils ont constaté que les principaux pays, qui publiaient dans ces revues prédatrices, étaient l’Inde (27 %), les États-Unis (15 %), le Nigeria (5 %), l’Iran (4 %) et le Japon (4 %). Les U.S. National Institutes of Health étaient la source de financement la plus fréquente mentionnée parmi les très rares articles qui le mentionnaient.

Notre recherche contredit la conviction que les revues prédatrices sont un problème uniquement dans les pays à faible revenu selon le Dr David Moher, auteur principal et chercheur à l’Hôpital d’Ottawa et professeur agrégé à l’Université d’Ottawa. Les revues prédatrices publient des recherches par des scientifiques du monde entier incluant ceux qui travaillent dans des institutions prestigieuses dans les pays riches.

Les auteurs notent toutefois que leurs résultats doivent être interprétés dans le contexte de la production scientifique globale pour chaque pays et chaque institution. Par exemple, les États-Unis publient plus de recherches que n’importe quel autre pays et la grande majorité est publiée dans des revues légitimes. Les chercheurs ont également tenté de juger de la qualité des journaux suspects de Predatory Publishing en utilisant des versions adaptées des listes de contrôle.

Même si la qualité peut être inégale dans les revues légitimes, nous avons constaté que cette qualité était bien pire dans les journaux suspectés de Predatory Publishing selon Larissa Shamseer, étudiante en doctorat à l’Hôpital d’Ottawa et à l’Université d’Ottawa et co-auteur de l’étude. Par exemple, les essais cliniques publiés dans les revues prédatrices sont beaucoup moins susceptibles de fournir des informations sur l’approbation de l’éthique de la recherche, l’enregistrement des essais et la randomisation dans les groupes de traitement. Ces détails sont essentiels pour que d’autres chercheurs puissent évaluer la validité des résultats.

Nous estimons que les données provenant de millions de patients et d’animaux peuvent se retrouver dans des revues prédatrices selon le Dr Manoj Lalu, anesthésiste à l’Hôpital d’Ottawa et co-auteur de l’étude. La majorité de ce travail est indétectable par les lecteurs incluant les prestataires de soins qui veulent s’informer sur les soins de leurs patients.

Les chercheurs ont également fait une liste des principales institutions qui publient dans leur échantillon de revues prédatrices et ils ont essayé de contacter les auteurs correspondants. Sur 87 courriels envoyés, 18 ont répondu. Seuls 2 auteurs ont déclaré qu’ils savaient que la revue qu’ils publiaient était potentiellement prédatrice.

Certaines revues prédatrices sont très habiles pour se faire passer pour des revues légitimes selon la Dre Kelly Cobey, responsable des publications à l’Hôpital d’Ottawa. Nous devons former les chercheurs sur cette question.

Sources

1.
Nature Publishing Group. Nature. http://dx.doi.org/10.1038/549023a. Accessed September 5, 2017.
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A propos de Jacqueline Charpentier

mm

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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