Planet Nine : Une Super-Terre derrière Pluton

Les astronomes ont trouvé beaucoup d’indices sur une possible 9e planète de notre système solaire. Cette Super-Terre pourrait se cacher dans le monde mystérieux de la ceinture de Kuiper. On l’a baptisé Planet Nine pour le moment.


Planet Nine pourrait être la 9e planète du système solaire. Et ce serait une Super-Terre.

À une époque, il était excitant de découvrir une nouvelle . Mais le télescope Kepler a déjà découvert près de 2 000 exoplanètes ces 20 dernières années. Mais cette fois, cette pourrait être la 9e de notre système solaire après le cas tumultueux de Pluton. Le California Institute of Technology estime qu’il y a suffisamment d’indices pour qu’il y ait une planète derrière Pluton. Les chercheurs Konstantin Batygin et Mike Brown ont proposé leurs preuves à la revue The Astronomical Journal qui a accepté de les publier. Et non seulement, ce serait la 9e planète du système solaire, mais elle pourrait être une Super-Terre, soit une planète qui fait 10 fois la taille de la Terre. Les scientifiques anticipent sa présence en se basant sur les anomalies des orbites de quelques objets célestes qu’ils peuvent voir.

Pour le moment, cet objet s’appelle simplement et elle doit se trouver à environ 30,5 milliards de kilomètres du soleil, soit 5 fois plus loin que la distance de Pluton. Mais en dépit du fait que ce soit une planète massive, elle est très sombre ce qui explique pourquoi personne ne l’a détecté jusqu’à présent. Et en fait, on n’a pas encore d’instrument pour confirmer l’existence de Planet Nine, mais d’autres chercheurs estiment que les preuves sont convaincantes et que c’est un travail remarquable.

Des orbites étranges

Batygin et Brown ne sont pas les premiers à dire qu’on a manqué une planète dans notre système solaire. En 2014, Trujillo et Scott Sheppard de la Carnegie Institution for , ont argué dans la revue Nature qu’ils ont découvert un petit objet, appelé 2012 VP113, avec d’autres corps célestes identifiés dans la partie extérieure du système solaire. La preuve réside dans les orbites de ces petits objets célestes, notamment avec un paramètre obscur appelé argument de périhélie. Ce dernier est la relation entre le temps qu’un corps soit au point le plus proche du soleil et le temps qu’il passe à travers le plan du système solaire. Les objets, identifiés par Trujillo et Sheppard, avaient tous des anomalies dans cet argument de périhélie. Cela signifie qu’ils sont influencés par la gravitation d’un monde encore inconnu. Les premiers chercheurs parlaient simplement d’une étrangeté et ils voulaient que d’autres scientifiques prennent le relais. Et l’étrangeté n’était que la face immergée de l’iceberg selon Batygin.

Batygin et Brown ont d’abord analysé les données de Trujillo avec un regard neuf. Ils ont noté que l’orbite des objets descendait sur un long axe sur la même partie du ciel. En d’autres termes, toutes les orbites pointaient vers la même direction. Mais ce n’est pas une preuve suffisante puisque 2 corps peuvent avoir 2 arguments de périhélie similaires même si leurs orbites ne sont pas similaires. Mais quand Batygin et Brown ont étudié ces orbites, ils ont remarqué qu’elles étaient alignées. Et c’est l’une des preuves les plus solides qu’il y a un corps céleste massif qui influence ces objets.

Les orbites étranges de certains objets célestes dans la ceinture de Kuiper pointent des indices sur Planet Nine, la 9e planète du système solaire

Ils ont d’abord pensé que c’était des objets dans la ceinture de Kuiper qui provoquaient ces alignements. Mais la masse de cette ceinture n’est pas suffisante. Et ensuite, ils ont pensé à la possibilité très improbable d’une autre planète et les simulations ont montré que les anomalies des orbites correspondaient parfaitement avec la présence de Planet Nine. Et les simulations ont aussi montré autre chose : La gravité de cette planète géante doit mener à un ensemble d’objets dont les orbites ne sont pas alignées les unes avec les autres, mais qui sont inclinés à 90 degrés par rapport aux planètes et par rapport au plan du système solaire. On a déjà remarqué ce Pattern dans d’autres situations, mais on n’a jamais pu l’expliquer. La simulation de Batygin et Brown pourrait l’expliquer si on envisage la présence de cette planète géante.

Une Super-Terre

La planète, qui doit correspondre à ces données, doit être 10 fois plus grande que la Terre et cela la met dans une catégorie appelée Super-Terre. On connait beaucoup de Super-Terres autour d’une étoile, mais il n’y en a aucune dans le système solaire à part Neptune. Neptune fait 17 fois la taille de la Terre et elle est la 4e plus grande de notre système solaire. Planet Nine est moins massive, mais elle est très lointaine. À son point le plus proche du soleil, elle serait à environ 35 milliards de kilomètres du soleil et c’est le point où elle crée les anomalies détectées par les chercheurs.

C’est une distance colossale, mais on pourrait la détecter avec un télescope tel que celui du Japanese Subaru Telescope à Hawaii. Il possède un miroir suffisamment large pour capturer le maximum de lumière, mais également une vue à grand-angle pour capturer une grande partie du ciel. Mais il faut être prudent avec l’annonce d’une planète géante dans le système solaire. Hal Levison du SwRI estime qu’il a vu beaucoup d’annonces similaires dans sa carrière et ce n’était jamais des planètes. Certes, les orbites sont étranges et ce sont de bons indices, mais cela fait des décennies qu’on n’a pas découvert de planètes géantes. Certains chercheurs comparent l’ambiance actuelle de la communauté des astronomes à celle de John Herschel lorsqu’il s’est exprimé le 10 septembre 1846 à la British Association for the Advancement of Science. On a découvert des anomalies sur la planète Uranus et cela pourrait suggérer la présence d’une autre planète géante. Herschel avait déclaré : Nous la voyons comme Christophe Colomb voyait l’Amérique depuis les rives de l’Espagne. On sent sa présence dans nos calculs qui sont certainement inférieurs à des observations oculaires. Et 2 semaines plus tard, on découvrait la planète Neptune et elle se trouvait exactement dans l’endroit prédit par les calculs.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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