Menace sur le café

Si les températures continuent d’augmenter, alors 80 % des terres au Brésil et en Amérique Centrale deviendront inadaptées pour la culture de l’Arabica, le café le plus populaire au monde. Ce sont les conclusions de l’International Center for Tropical Agriculture. Starbucks est en train de créer de nouvelles alternatives, mais les résultats sont loin de satisfaire la demande en croissance exponentielle pour le précieux breuvage qui est le carburant de millions de personnes dans le monde pour commencer leur journée.


La production du café est menacé à cause du réchauffement climatique

En plus de la perte des récoltes, les températures en augmentation vont forcer les fermiers à emprunter de nouvelles routes et c’est un changement couteux et complexe. Le circuit actuel du café est menacé selon Bambi Semroc qui travaille sur le réchauffement climatique et son impact sur le café au Conservation International. Si on ne change pas rapidement l’agriculture du café, alors on perdra 50 % de la production à l’horizon 2050.

Et Starbucks est très inquiet face à ce changement puisque c’est le plus grand vendeur de café au monde. Starbucks travaille avec des fermiers pour qu’ils puissent cultiver du café dans un climat qui se réchauffe et l’entreprise tente également de réduire son propre impact sur le réchauffement climatique. Depuis une décennie, Starbucks a créé un réseau de fermiers autour du monde qui cultivent du café avec de nouvelles normes. Cela inclut l’agriculture à l’ombre et la conservation des arbres pour protéger les récoltes. Starbucks rapporte que 99 % de sa production, aux environs de 180 000 tonnes, respecte ces nouvelles normes.

En 2013, Starbucks a même acheté sa propre ferme de café au Costa et l’a transformé en laboratoire pour cultiver des plantes qui peuvent survivre à des climats de plus en plus chauds. Les régions agricoles du café s’étirent comme une ceinture autour de l’Équateur sur plus de 50 pays avec le Vietnam, l’Indonésie, le Brésil et la Tanzanie. Les températures en augmentation pénalisent déjà les récoltes dans ces pays sans oublier la rouille des feuilles et d’autres maladies qui dévastent les récoltes.

Les expérimentations pour un nouveau café portent leur fruit, mais sur une petite échelle. En 2014, Starbucks a créé 170 sacs d’un café qui résiste aux champignons, mais il pousse plus lentement et les rendements sont moins optimaux. Toujours en 2014, des fermiers ont perdu 60 % de leurs récoltes de café à cause de la rouille des feuilles suivant une augmentation de la température ainsi que des pluies diluviennes. À la fin de 2014, Starbucks a donné 20 millions de semis aux fermiers affecté par le champignon sans oublier qu’il a partagé la formule pour le croisement des espèces de café.

Si Starbucks impacte positivement la culture sur le café, son impact sur le réchauffement climatique est une autre histoire. En 2008, l’entreprise envisageait de réduire ses émissions de carbone de 25 %, mais l’objectif n’a jamais été atteint. Pire, le poids carbone de l’entreprise a crevé le plafond à cause de l’arrivée des plats chauds dans ses points de vente. Les plats chauds augmentent le besoin en réfrigération, en cuisson en provoquant des pics sur la consommation d’énergie. Malgré cet échec, les investisseurs ont salué la performance de l’entreprise puisque la production du café a été préservée pour quelques années. Du moment que le café est toujours prêt, on s’en fout de son impact colossal sur le réchauffement climatique.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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