North Stream 1 : La Russie, le problème fondamental du gaz et le délire des européens


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  • Quand vous tentez d’extorquer un bien précieux pour une bouchée de pain, alors il est normal que quelqu’un vienne vous remettre à votre place.


    Quand vous tentez d'extorquer un bien précieux pour une bouchée de pain, alors il est normal que quelqu'un vienne vous remettre à votre place.

    La négociation indirecte, via des pannes et des annonces de sanction, entre la Russie et l’Europe ressemble à un caïd et les autres enfants de la récré. Avec de l’agressivité, le caïd essai toujours d’extorquer leur goûter aux autres gamins, mais l’un d’entre eux, un russkov, qui pense qu’il n’a pas survécu à la Sibérie pour se faire enquiquiner par des danseuses à Bruxelles, a décidé de riposter en baissant le froc du caïd devant tout le monde et prouver que les grandes gueules sont proportionnelles à la petitesse de leur organe sensible.

    Quand le G7 a voulu fixer un prix au rabais pour le prix du gaz russe, la Russie a décidé de couper définitivement le flux qui passait par North Stream 1. La réaction a été immédiate, car les prix sur le marché spot se sont envolé à plus de 2800 euros le mille mètre cube. Le prétexte de la coupure est une panne dans le tuyau. Décidément, depuis le mois de juillet de 2022, ce Nord Stream 1 connait beaucoup de pannes et il doit y avoir une intrication quantique là-dessous, car les pannes se produisent juste après des déclarations moisies du G7 qui se rend compte que son pistolet de plastique ne peut pas faire grand-chose quand tous les gamins de la récré décident de dire stop à ce chantage de bas étage.

    Dans un premier temps, les entreprises européennes vont payer le prix fort du gaz. Ce sont les Schleus qui vont morfler le plus, car toute leur industrie se base sur le gaz. Mais c’est aussi le cas de la France, vous n’allez pas faire fonctionner des aciéries avec du bois de chauffage ou de l’électricité nucléaire. Cependant, les européens peuvent acheter du gaz russe… auprès des Indiens, des Chinois ou des Turcs qui se frottent les mains.

    C’est à dire que les Occidentaux sont dans une telle débilité idéologique qu’ils préfèrent acheter un gaz russe à 50 ou 100 % plus cher à des intermédiaires juste pour pouvoir dire « que nous n’achetons pas directement aux russes et que les sanctions marchent ». L’euro a également plongé de nouveau, passant sous la barre des 0,99 dollars, un seuil qu’il a déjà franchi à trois reprises depuis juillet 2022.

    Avec Nord Stream 2, l’Allemagne voulait devenir le principal hub de gaz en Europe, c’est lui qui aurait distribué, selon son bon vouloir, aux autres pays et elle aurait pu couper les vannes si tel pays ne respectait le grand esprit européen. C’est aussi pour ça que les écologistes délirants, allemands et français, ont tenté de torpiller le nucléaire français en l’excluant des énergies propres. La décapitation de Nord Stream 2 a totalement inversé le processus et c’est maintenant l’Allemagne qui est le maillon faible et ce sont les autres pays européens, notamment la France, qui vont devoir lui envoyer du gaz.

    On peut penser que la France va échapper à la hausse des prix de l’électricité puisque le nucléaire lui fournit une partie de son énergie (à 70 %) et que les prix de l’uranium n’ont pas beaucoup augmenté en sachant que la France en possède de grandes réserves. Mais l’Europe est aujourd’hui synonyme d’Absurdiland, car malgré le fait que la France utilise le nucléaire, le prix de l’électricité française se base sur celui du gaz. Comme la France fait partie du marché commun de l’énergie et que la majorité des pays membres utilisent le gaz pour produire leur électricité, alors vous payez le prix fort même si cela n’a aucun lien avec le cout réel de l’électricité. Le bouclier tarifaire est une solution de court terme, un parapluie alors que c’est la grosse grêle qui est prévue dans le ciel énergétique européen.

    Mais la guerre énergétique entre la Russie et l’Europe n’a pas commencé en 2022, ni en 2014 pendant la première guerre en Ukraine, mais elle date de 2009 lorsque la Russie se retire de la Charte Européenne de l’Energie qui voulait simplement mettre la main sur le gaz russe sans aucune contre-partie. Cette charte impliquait pour la Russie qu’elle devienne une simple zone de transit, comme les pays baltes, où le gaz produit en Asie Centrale, passe sur son territoire sans aucun contrôle de sa part.

    L’Europe voulait devenir le centre mondial de l’énergie, car elle salivait sur les réserves russes qu’elle pensait piller en toute impunité puisque la Russie était ruinée après l’effondrement de l’URSS. L’arrivée de Poutine va changer la donne et les européens, après le retrait russe de la Charte Européenne de l’Energie, lancent une course effrénée pour devenir « indépendants » de l’énergie russe. On se rend compte que 13 ans plus tard, c’est un échec magistral. Le discours martelé et majoritaire sur le changement climatique a permis aux élites européennes de balancer des centaines de milliards de dollars sur les énergies comme le solaire et l’éolien. L’Allemagne a passé 20 ans à dépenser 150 milliards et le résultat est mirobolant… elle pollue 2 fois plus que la France, car les miroirs magiques et les ventilateurs n’empêchent pas les centrales à charbon de fonctionner à pleine régime.

    En même temps qu’elle misait tout sur les énergies renouvelables, l’Europe a décidé d’arrêter les contrats à long terme avec la Russie et « d’acheter des petites quantités de gaz quand c’est nécessaire ». Les contrats à long terme sont bénéfiques pour les deux partie. Le vendeur, en l’occurrence la Russie, possède la garantie d’avoir des revenus réguliers pendant 10 ou 15 ans et il peut parfaitement calibrer sa production de gaz. L’acheteur, qu’il soit un pays ou un bloc, possède la garantie d’avoir un prix fixe autour de 400 dollars le mille mètre cube. Mais quand les européens ont décrété que le gaz russe est caca-beurk, alors c’est tout le marché du gaz qui a été démoli.

    Les contrats sont devenus ponctuels avec des quantités variables ce qui a donné le marché spot. Et plutôt que d’avoir un prix fixe, c’est l’offre et la demande qui le déterminerait. Le résultat, qui serait évident même pour un trisomique amputé de 70 % de son cerveau, est que la moindre crise va faire grimper les prix au plafond. Et c’est ce qu’on voit aujourd’hui.

    Rien n’a marché selon le plan des européens. En premier lieu, les énergies renouvelables sont devenus le principal passe-temps des survivalistes débiles plutôt que de vraies alternatives pour alimenter tout un pays. De plus, l’Europe pensait que si elle se coupait de l’énergie russe, alors le monde entier suivrait son exemple, car voyez-vous, l’Europe est le grand phare de liberté et de démocratie dans le monde. Mais c’est le contraire qui s’est passé. Non seulement, le monde s’en bat les baloches de l’Europe, mais de nombreux pays ont commencé à négocier des contrats à long terme avec la Russie.

    De plus, la crise ukrainienne a montré au reste du monde que non seulement les plans des européens sont moisis au dernier degré, mais que c’est de véritables voleurs à la petite semaine qui n’hésitent pas à saisir l’argent des autres par pure idéologie, . La saisie des avoirs russes a incité le monde à abandonner l’euro et même le dollar et à négocier directement en rouble.

    La Russie n’a rien perdu au change. On pensait que la baisse des exportations vers l’Europe serait nocive pour elle, mais le prix du gaz a tellement augmenté que la Russie gagne beaucoup plus d’argent qu’auparavant en livrant moins de gaz. La seule solution des Occidentaux est de se mettre à quatre pattes devant la Russie en retirant toutes les sanctions. Mais ce serait un aveu d’échec absolu et une défaite bien plus grande que sur le plan militaire. De plus, il n’est pas certain que la Russie accepte de nouveau traiter avec les européens si on en croit les dires de Lavrov : »Jamais plus nous ne ferons confiance aux Occidentaux« .

    Les causes de la crise énergétique européenne datent d’au moins 10 ans. Les deux guerres en Ukraine ont simplement rajouté du piment sur la plaie, mais ce n’est pas l’origine. Tant que les européens ne comprendront pas cette simple réalité qu’ils ne peuvent pas se passer du gaz russe quelle que soit la condition, alors la situation ne fera qu’empirer. Si les entreprises baissent la production et perdent de l’argent, alors on aura une explosion du chomage dans les 12 mois qui suivent. Un chomage de masse combiné à une forte inflation et des pénuries, qui sont davantage artificielles que réelles, peut produire des émeutes et des crises de plus en plus violentes. C’est pour ça que la France a fait le plein de blindés anti-émeutes.

    Ne le prenez pas pour des cons, ils savent très bien comment ça va se terminer.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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