La liberté d’expression n’est pas le droit de parler dans le vide


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  • Quand Elon Musk nous donne sa définition de la liberté d’expression, on se rend compte qu’il n’a toujours pas compris ce concept.


    Quand Elon Musk nous donne sa définition de la liberté d'expression, on se rend compte qu'il n'a toujours pas compris ce concept.

    Après le rachat de Twitter, Elon Musk a rassuré les chantres bienpensants sur le fait que les discours de haine et autres joyeusetés seraient toujours interdits sur sa plateforme en arguant que la liberté d’expression n’est pas la liberté d’accès. Que ce n’est pas parce que vous avez le droit de vous exprimer que tout le monde doit vous entendre.

    Sauf que c’est stupide à plus d’un titre. Car selon cette définition, remarquablement détruite par Andrew Torba, le CEO de Gab, cela revient à s’exprimer dans le vide. Le concept même de la liberté d’expression est que les autres vous entendent et soient convaincus par vous. Si on dit à quelqu’un qu’il a le droit de s’exprimer comme il veut, mais que personne ne pourra l’entendre, alors c’est la pire censure qui existe, car elle est démoralisatrice dans ses fondements.

    Cela implique qu’on distille le découragement, car le mec peut s’égosiller, mais personne ne l’entend. Il peut penser que ce qu’il dit n’intéresse pas, mais c’est juste qu’il est invisible. La liberté d’expression n’est pas une vitesse variable, si certains ont plus de visibilité que d’autres, alors cela n’est plus de la liberté, mais de la censure déguisée. Et le pire est qu’Elon Musk reprend les mêmes arguments que les pires de l’anti-racisme comme Jonathan Greenblatt, directeur de l’Anti-Defamation League, équivalent de la Licra aux Etats-Unis et qui a servi sous Obama.

    Cela revient à vivre dans un monde similaire à l’épisode « Blanc comme neige » de Black Mirror. Dans cet épisode, il y a une technologie qui permet de « bloquer » des personnes au niveau rétinien. Le blocage implique que seules les silhouettes des personnes soient visibles et non leurs corps et leurs visages. C’est la même chose si on discrimine la liberté d’expression avec la liberté d’accès. Ce n’est pas que l’un va avec l’autre, mais les deux sont une seule chose.

    Il y a deux solutions, la première est de proposer une liberté d’expression absolue et le premier amendement de la Constitution américaine le permet. On doit tout accepter, même les dingues et les pires saloperies. La seconde solution est de supprimer l’étape algorithmique. Car votre visibilité sur les réseaux sociaux se base sur l’algorithme qui a décidé de vous favoriser ou non. Cette dernière solution est la plus élégante, mais personne ne la mettra en place.

    Car cela implique que la portée d’un discours ne se basera que sur ses arguments. Si on le met en place, alors la totalité des gouvernements et des médias de masse se retrouveront avec une audience de zéro. Tous les parasites se retrouveront sans audience et vous aurez une vraie expression parmi le peuple. Beaucoup trop démocratique pour l’envisager !

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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