Quand la Serbie a failli acheter des S-400


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  • La Serbie a été confronté à un dilemme stratégique pour moderniser sa défense aérienne, entre les S-400 russes, très performants mais menacés de sanctions, et les HQ-22 chinois, plus accessibles mais moins puissants.


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    La Serbie a été confronté à un dilemme stratégique pour moderniser sa défense aérienne, entre les S-400 russes, très performants mais menacés de sanctions, et les HQ-22 chinois, plus accessibles mais moins puissants.

    La Serbie, qui a connu une guerre majeure avec l’OTAN à la fin des années 1990 et qui maintient un conflit latent avec le Kosovo soutenu par l’Occident, a longtemps été confrontée à un dilemme stratégique pour moderniser ses forces armées. Le pays, qui aspire à rejoindre l’Union européenne, est l’un des rares en Europe à entretenir des liens de sécurité avec la Russie, mais il est également soumis à de fortes pressions politiques et économiques de la part des États-Unis et de l’UE pour limiter ses acquisitions d’armements auprès de Moscou.

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    La question de la défense aérienne du pays a été particulièrement sensible en raison du souvenir récent du bombardement intensif de l’OTAN et de la capacité limitée de son aviation de combat, qui ne compte qu’une quinzaine de MiG-29 modernisés. La Serbie a commencé à renforcer sa défense aérienne à la fin des années 2010 avec l’acquisition de systèmes Pantsir-S russes à courte portée, livrés en 2020. Le pays a également exprimé son intérêt pour les systèmes S-400 russes, les plus performants au monde, capables d’engager des cibles furtives et hypersoniques à une distance de 400 km. La Serbie a accueilli des exercices conjoints avec la Russie en octobre 2019, au cours desquels les S-400 ont abattu 14 avions serbes en trois minutes. 

    Les S-400 peuvent dissuader n’importe quel volatile métallique de voler dans le ciel. Ainsi, depuis que ces systèmes ont été déployé en Turquie et en Syrie, il n’y a pas un seul avion israélien qui ose survoler les espaces aériens de ces deux pays.

    Le président serbe Aleksandar Vucic a examiné les S-400 et déclaré que son pays avait l’intention d’acquérir ces systèmes si les fonds étaient disponibles. Cependant, face aux menaces de sanctions américaines au titre de la loi CAATSA, qui vise à empêcher les clients majeurs du secteur de la défense russe, et aux pressions de l’UE, qui conditionne l’adhésion du pays à la réduction de sa dépendance à l’égard de Moscou, Vucic a renoncé à cette option en novembre 2019. Il a toutefois souligné les avantages des S-400, qui dissuaderaient toute attaque contre son pays et qui augmenteraient la conscience situationnelle de l’armée de l’air russe en cas de conflit dans la région.

    La Serbie s’est finalement tournée vers la Chine pour acquérir des systèmes antiaériens HQ-22, livrés par des avions Y-20 en avril 2022. Ces systèmes, moins coûteux et plus mobiles que les S-400, représentent néanmoins une révolution pour les capacités aériennes du pays, avec des capteurs et des électroniques très sophistiqués. Les HQ-22 pourraient également servir de complément aux S-400 si les circonstances politiques changeaient et si le système russe était finalement acquis.

    La Serbie illustre ainsi le cas de nombreux pays qui, depuis les années 1990, ont été dissuadés par les menaces occidentales d’acquérir des systèmes d’armes russes de haut niveau, au détriment de leur sécurité nationale.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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