Pourquoi l’Italie tourne le dos à la route de la soie chinoise ?


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  • L’Italie, seul pays de l’UE à avoir signé un mémorandum d’entente avec la Chine sur la BRI, a décidé de ne pas le renouveler. Cette rupture s’explique par des raisons politiques, économiques et stratégiques.


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    En 2019, le gouvernement précédent dirigé par Giuseppe Conte et Luigi Di Maio (ministre des affaires étrangères à l’époque) étaient enthousiastes à propos de la BRI, pensant que la Chine investirait en Italie avec des projets, des opportunités et des fonds. Mais qu’est-ce qui a changé ?

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    Riccardo Benussi, de Dezan Shira & Associates en Italie, explique :

    Le mémorandum d’entente n’est pas un traité ayant une validité internationale contraignante et a été annulé par le nouveau gouvernement Meloni par le simple fait de ne pas le renouveler. C’est un message à la Chine que la base du gouvernement est atlantiste, et pro-États-Unis. Les Chinois savent que l’Italie a des liens historiques et un lien fort avec les États-Unis et ne feront pas d’histoires à ce sujet, il n’y a donc pas eu de remous à Pékin suite à la décision de Meloni.

    Le commerce entre la Chine et l’Italie continue, quel que soit la couleur du gouvernement italien. Les médias chinois ont d’ailleurs à peine mentionné le sujet et ne se comporteront certainement pas comme ils l’ont fait avec la Lituanie, qui est allée plus loin et a dégradé ses relations diplomatiques et établi des échanges commerciaux avec Taïwan.

    La Chine a trop à perdre et veut rester aussi ouverte et amicale que possible avec l’UE après le Covid et ne veut pas envenimer les choses pour le moment. L’ambassadeur de Chine à Rome a exprimé sa déception mais c’était à peu près l’ampleur de la réaction chinoise.

    Il est vrai que le ton du gouvernement Meloni a été très clair, ils ont déclaré que c’était une “grosse erreur” d’adhérer à la BRI, même si cela visait davantage les électeurs italiens et une critique ciblée du gouvernement d’opposition. Ce commentaire a probablement été exagéré comme raison du départ de l’Italie de la BRI. Mais n’oublions pas que parmi les 148 pays qui coopèrent sur la BRI, plusieurs États membres de l’UE restent impliqués et ont obtenu des financements de Pékin, même s’ils n’ont pas signé de mémorandum d’entente.”

    Ces États membres de l’UE comprennent la Grèce et la Hongrie, cette dernière étant parmi les plus grands bénéficiaires mondiaux des investissements de la BRI en 2022. Il convient également de noter que les infrastructures financées par la Chine en direction de l’UE représentent plus de 1 000 trains de marchandises circulant entre la Chine et l’Europe chaque mois.

    Benussi attribue également les lacunes de l’Italie sur la BRI à des pressions internes et externes à l’époque. Il déclare : “Au moment de la signature du mémorandum d’entente sur la BRI, le ministre des affaires étrangères de l’Italie pensait qu’il serait financièrement avantageux pour l’Italie de le faire, mais aucun investissement d’une valeur ou d’une résonance significative n’a été réellement réalisé.

    Le mémorandum d’entente aurait pu être meilleur et était plutôt vague dans son contenu, un problème confirmé par les deux parties un an plus tard. Il y avait aussi une attente exagérée de la part de certains gouvernements régionaux en Italie que la Chine jetterait de l’argent sur des projets d’infrastructure mal nécessaires, mais Pékin sait que l’UE elle-même devrait les financer, ne veut pas remplacer Bruxelles en tant que Banque européenne d’investissement, et de toute façon n’est intéressé que par des projets qui ont un potentiel de génération de flux de trésorerie futurs.

    Il y avait un décalage entre une certaine naïveté italienne en termes d’attentes et le pragmatisme financier de la Chine.”

    En ce qui concerne l’état actuel des relations entre la Chine et l’Italie, Benussi commente : “Le ministre des affaires étrangères italien actuel, Antonio Tajani, a déclaré que la BRI n’est pas une priorité car les relations bilatérales entre l’Italie et la Chine sont déjà saines, et le déficit commercial ne s’est pas aggravé.”

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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