La Commission Deschênes ou comment le Canada a donné refuge et blanchi les criminels de guerre nazis


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  • Le rôle du Canada dans le fait d’avoir donné refuge aux criminels de guerre nazis et créé une commission fantoche pour les blanchir totalement des crimes de guerre qu’ils ont commis.


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    Le vétéran nazi Yaroslav Hunka recevant une standing-ovation à la Chambre des communes à Ottawa, en Ontario, le 22 septembre 2023.

    Fin septembre 2023, le Parlement fédéral du Canada, dirigé par le premier ministre Justin Trudeau, s’est levé en bloc pour applaudir Yaroslav Hunka, un criminel de guerre nazi ukrainien de 98 ans qui avait servi dans les Waffen-SS. La couverture médiatique qui a suivi dans les grands médias, tant au Canada qu’à l’étranger, a cherché à banaliser cet incident, en l’expliquant comme un “accident” ou une “erreur” inexplicable.

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    Article après article, on niait que l’État canadien entretenait des relations significatives avec les criminels de guerre nazis et leurs collaborateurs nationalistes d’extrême droite en Ukraine et ailleurs en Europe de l’Est, bien que ce fait odieux fasse depuis longtemps l’objet de recherches universitaires.

    L’un des refrains les plus courants est que le Canada a mené une enquête publique approfondie sur la présence de criminels de guerre dans le pays au milieu des années 1980, la Commission Deschênes, et qu’il a innocenté les membres de la division Waffen-SS Galicia comme Hunka de toutes les allégations de complicité de crimes de guerre.

    Ce que cache ce récit intéressé, c’est que la Commission Deschênes a été une dissimulation de l’establishment du début à la fin. L’enquête a été conçue de manière à garantir une dissimulation du rôle de l’État canadien dans la fourniture d’un refuge aux criminels de guerre nazis après la Seconde Guerre mondiale, y compris jusqu’à 2 000 membres de la division Galicia de la Waffen-SS.

    De plus, il n’a même pas abordé la question des dizaines de milliers d’autres collaborateurs nazis nationalistes ukrainiens d’extrême droite, membres de l’Organisation des nationalistes ukrainiens, et de leurs homologues d’autres pays d’Europe de l’Est qui ont été accueillis au Canada à la fin des années 1940. et années 1950.

    Ils ont tous été complices de ce qui compte parmi les crimes les plus monstrueux de l’histoire de l’humanité : la guerre d’anéantissement nazie contre l’Union soviétique, qui a coûté la vie à quelque 27 millions de citoyens soviétiques, et l’Holocauste de 6 millions de Juifs européens.

    La décision du gouvernement canadien d’offrir un refuge aux criminels de guerre nazis, encouragée par les services de renseignement américains et britanniques, a dès le départ provoqué l’indignation et la colère. Dans les années qui ont immédiatement suivi la guerre, des organisations de gauche ukrainiennes et juives ont protesté à plusieurs reprises auprès du Parlement et du gouvernement, appelant à la prudence dans l’accueil des collaborateurs nazis.

    L’Association des Canadiens ukrainiens unis, l’organisation qui a succédé à l’Association du temple du travail des agriculteurs ukrainiens (UFLTA), de gauche, a lancé des avertissements spécifiques au Sénat canadien concernant la présence de criminels de guerre dans les camps de personnes déplacées, y compris des membres de la Waffen-SS. En raison de la perpétration d’innombrables crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment la répression sanglante de l’opposition civile au régime nazi et son rôle central dans la mise en œuvre de l’extermination massive des Juifs, la Waffen-SS a été déclarée organisation criminelle lors du procès de Nuremberg.

    Mais ces avertissements ont été cavalièrement rejetés, au milieu d’une campagne de lobbying soutenue menée par le Congrès ukrainien canadien (UCC), de droite virulente et financé par le gouvernement, pour garantir l’entrée au Canada des anciens combattants de la division Galice.

    L’UCC a également réussi à faire pression sur des milliers de membres des deux factions de l’OUN, l’OUN-M dirigée par Andrij Melnyk et l’OUN-B dirigée par Stepan Bandera, pour qu’ils entrent au Canada. L’un des vétérans de l’OUN accueillis par le Canada était Mykhailo Chomiak, rédacteur en chef du journal pro-nazi Krakivski Visti, qui avait fait campagne pour la création de la Division Galice et publié des discours antisémites. Chomiak était le grand-père de l’actuelle vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland.

    Soulignant l’ampleur de l’afflux de fascistes, l’OUN-B, organisée sous le nom de “Ligue canadienne pour la libération de l’Ukraine” et plus tard de “Ligue des Canadiens d’origine ukrainienne” (LUC), fut en mesure d’établir 30 succursales à travers le Canada en 1950, à en même temps que son leader, Bandera, continuait de promouvoir ses vues fascistes et d’organiser une campagne terroriste antisoviétique en Ukraine. Au Québec, l’Église catholique a joué un rôle majeur en permettant aux collaborateurs nazis du régime français de Vichy d’entrer au Canada et de voyager en Amérique latine.

    Il est incontestable que l’installation des criminels de guerre nazis et de leurs complices d’extrême droite était une politique d’État sanctionnée par les plus hauts niveaux du gouvernement. Dans un rapport au Comité sénatorial permanent de l’immigration et du travail en 1948, le sénateur Thomas Crerar déclarait que les “PD” (personnes déplacées) d’Ukraine et d’Europe de l’Est “exerçaient une influence anticommuniste très saine” sur le lieu de travail. Les fascistes ukrainiens ont été utilisés pour briser les grèves et attaquer les réunions ouvrières.

    Le sénateur Crerar, citant les patrons de la mine, loue "l’influence anticommuniste très saine" des collaborateurs nazis. [Photo : Gouvernement du Canada-Hansard]

    Le sénateur Crerar, citant les patrons de la mine, loue “l’influence anticommuniste très saine” des collaborateurs nazis. [Photo : Gouvernement du Canada-Hansard]

    Le célèbre historien canadien Irving Abella, qui a dénoncé l’amère hostilité de l’élite dirigeante canadienne à l’égard des immigrants juifs fuyant les persécutions nazies dans le livre qu’il a co-écrit avec Harold Troper, Aucun n’est de trop : le Canada et les Juifs d’Europe 1933-1948, a un jour fait remarquer qu’un tatouage SS sur le bras servait de “passeport” pour le Canada d’après-guerre. Dans le même temps, Ottawa a poursuivi sa politique d’avant et pendant la Seconde Guerre mondiale consistant à rejeter systématiquement les immigrants juifs, qui, contrairement aux ex-nazis, étaient craints comme une menace communiste potentielle.

    Dans les années 1980, la colère suscitée par la présence des nazis dans le pays était devenue trop grande pour que l’élite dirigeante du Canada puisse l’ignorer. Simon Wiesenthal, qui a découvert où se trouvaient les criminels de guerre nazis à travers le monde, a présenté des preuves crédibles de la présence de nazis d’Allemagne, d’Ukraine et d’autres pays au Canada, dont jusqu’à 2 000 anciens membres de la Waffen-SS.

    En février 1985, le gouvernement progressiste-conservateur dirigé par Brian Mulroney a annoncé la création d’une enquête publique sur les criminels de guerre au Canada sous la direction de l’ancien juge de la Cour de circuit du Québec, Jules Deschenes. Mais comme c’est depuis longtemps une pratique courante au Canada en matière de commissions royales et d’enquêtes publiques, la Commission Deschênes a été créée non pas pour révéler la vérité, mais pour l’obscurcir et l’enterrer.

    La Commission Deschênes s’est vu confier un mandat encadré et délibérément circonscrit de manière à garantir qu’elle produirait un blanchiment. Ottawa ne tolérerait pas la rupture des relations politiques étroites qu’il avait développées au fil des décennies avec les forces nationalistes d’extrême droite d’Ukraine et de toute l’Europe de l’Est dans le cadre de sa politique anticommuniste de guerre froide au pays et à l’étranger.

    Cela consistait notamment à aider les collaborateurs ukrainiens des nazis dans les deux ailes de l’OUN à élaborer un nouveau récit visant à dissimuler leurs crimes et à se redéfinir comme un combattant de la “libération nationale” contre le “totalitarisme” soviétique.

    La carrière de Peter Savarin, vétéran sans vergogne de la division Waffen-SS Galicia, démontre l’importance et l’influence croissantes de ces forces. Savarin a été chancelier de l’Université de l’Alberta dans les années 1980 et président du Parti progressiste-conservateur de l’Alberta.

    Dirigeant du Congrès mondial des Ukrainiens libres, il a été l’un des fondateurs de l’Institut canadien d’études ukrainiennes, affilié à l’Université de l’Alberta, qui a joué un rôle de premier plan dans la légitimation et la promotion du nationalisme ukrainien d’extrême droite. Savarin reçut l’Ordre du Canada moins d’un an après la conclusion de la Commission Deschênes.

    Anatomie d’une dissimulation

    Le mandat de la commission Deschênes, la nature des organismes officiellement habilités à l’enquête et donc une influence significative sur les preuves examinées, et le temps très court accordé à ses travaux ont été conçus pour produire une conclusion prédéterminée : il y a eu peu, voire aucun, Criminels de guerre nazis au Canada.

    La commission a reçu pour instruction de ne pas enquêter sur les décisions des gouvernements canadiens précédents, excluant ainsi toute révision ou réexamen de la décision prise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale d’autoriser les collaborateurs nazis à entrer dans le pays.

    La commission était également autorisée uniquement à déterminer s’il existait un fondement dans la loi canadienne en vigueur pour poursuivre les anciens combattants de la Waffen-SS pour crimes de guerre. La focalisation étroite sur les membres de la Waffen-SS était intentionnelle de la part de l’establishment politique, qui voulait éviter des questions plus vastes qui auraient mis en lumière comment le Canada était devenu un refuge pour les nazis d’Allemagne et leurs collaborateurs de toute l’Europe de l’Est.

    De plus, Deschenes n’a eu que 11 mois pour recueillir des preuves. La commission a accordé un statut officiel à deux organisations défendant les intérêts des criminels de guerre ukrainiens : l’UCC et la Fraternité de la 1ère Division de Galice de l’Armée nationale ukrainienne, une organisation d’anciens combattants de la Division de Galice, également connue sous le nom de 14e Division de grenadiers des Waffen-SS. Le statut officiel signifiait que ces organisations avaient le pouvoir de contre-interroger les témoins et de faire pression de manière agressive pour l’exclusion des preuves de la procédure.

    Yaroslav Hunka (au centre) parmi les troupes nazies de la division Waffen-SS Galicia. [Photo : Ivan Katchanovski/Twitter ou X]

    Yaroslav Hunka (au centre) parmi les troupes nazies de la division Waffen-SS Galicia. [Photo : Ivan Katchanovski/Twitter ou X]

    L’UCC s’est donné beaucoup de mal pour discréditer le travail de la commission, notamment en le dénonçant comme un complot soviétique. Il a créé la Commission des libertés civiles (CLC) pour influencer la couverture médiatique de l’enquête et faire pression sur le gouvernement. L’Institut canadien d’études ukrainiennes dirigé par Savarin à l’Université de l’Alberta a organisé des “conférences universitaires” pour dénoncer la commission Deschênes.

    Les conditions d’acceptation des preuves en provenance d’Union soviétique et de Pologne, où vivaient la grande majorité des témoins oculaires des crimes de la division Galicia et de la Waffen-SS dans son ensemble, ont été fixées de manière absurde sous la pression de l’UCC.

    Cette campagne était motivée par l’auto-préservation. La présentation de preuves provenant de l’Union soviétique aurait non seulement révélé les crimes de guerre des Waffen-SS, mais aussi ceux de l’OUN et de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), dirigée par l’aile Bandera de l’OUN. L’image soigneusement cultivée d’une UPA qui avait héroïquement lutté contre “les deux camps”, c’est-à-dire l’Union soviétique et les nazis, aurait été brisée.

    Deschenes aurait même pu être contraint d’élargir son enquête pour inclure les crimes de guerre commis par des membres de l’OUN et de l’UPA lors de leur participation à la police auxiliaire nazie à un stade antérieur de la guerre. C’est durant cette période, qui suivit l’invasion nazie de l’Union soviétique en juin 1941 mais précéda la création de la Division de Galice au printemps 1943, que les nationalistes ukrainiens furent le plus directement impliqués dans l’Holocauste, même si l’UPA mena des massacres importants de Juifs et de Polonais.

    Or, Deschênes lui-même est intervenu pour empêcher une telle issue. Lorsque l’Union soviétique, à la surprise des nationalistes ukrainiens-canadiens, a accepté, à l’été 1986, les conditions strictes imposées pour la présentation de preuves à la commission, Deschenes a déclaré qu’il n’avait “pas le temps” de les examiner. Peu de temps après, Deschenes conclut les travaux et rendit le rapport de la commission.

    L’étroite coordination qui s’est produite entre l’UCC et le gouvernement a été soulignée par le sort de John Sopinka, le principal conseiller juridique de l’UCC devant la commission. C’est Sopinka qui a fait le plus de pression pour bloquer les preuves soviétiques, notamment en employant des tactiques dilatoires pour profiter du délai strict de 11 mois imposé par la commission pour recueillir des preuves. Peu de temps après la conclusion de la commission, Sopinka a été nommé à la Cour suprême du Canada bien qu’il n’ait jamais siégé un seul jour à la magistrature.

    Les conclusions et les suites de la commission

    Les conclusions du rapport de la Commission Deschênes n’auraient guère pu mieux convenir aux nationalistes ukrainiens d’extrême droite s’ils les avaient rédigées eux-mêmes. Faisant fi du droit international, y compris des décisions du procès de Nuremberg, la commission a disculpé la division de Galice collectivement et individuellement.

    Deschenes a exploité une technicité juridique pour décider que les membres de la division Waffen-SS Galicia “ne devraient pas être inculpés en tant que groupe”. Le Canada n’avait pas signé l’Accord de Londres qui a servi de base aux tribunaux de Nuremberg. Par conséquent, a statué Deschenes, il n’y avait aucune base en droit canadien pour suivre la décision de Nuremberg qui a déclaré les Waffen-SS une organisation criminelle dans son ensemble et a ainsi fait de la simple appartenance à ses rangs un crime de guerre.

    Mais la commission est allée plus loin encore. Il a déclaré individuellement tous les membres de la division Galicia “innocents” de tout crime de guerre parce qu’ils avaient été “individuellement contrôlés à des fins de sécurité avant leur admission au Canada”. Cette conclusion n’était pas moins scandaleuse que le fait que la commission ait ignoré le procès de Nuremberg.

    Le mandat même de la Commission Deschênes l’empêchait de réexaminer les décisions des gouvernements canadiens précédents. Pourtant, c’est précisément ces décisions d’admettre des milliers de membres de la Waffen-SS qui ont été citées comme “preuve” que ces individus n’étaient pas coupables de crimes de guerre ! Les décisions antérieures du gouvernement canadien ont été considérées a priori comme légitimes, simplement parce qu’il s’agissait de décisions du gouvernement canadien.

    Il est facile de comprendre pourquoi les nationalistes ukrainiens et leurs défenseurs au sein de l’establishment politique et des médias ont cité cette dissimulation parrainée par l’État pour nier leur collusion avec les nazis et leur implication dans les pires crimes de guerre de l’histoire de l’humanité.

    Dans la mesure où des critiques à l’égard de la Commission Deschênes émanent de l’establishment canadien, c’est qu’une partie du travail de la Commission, un dossier distinct contenant une liste de centaines de noms de criminels de guerre nazis présumés vivant au Canada, devrait être formulée publique. La liste, comprenant les noms de plusieurs dizaines de personnes dont la Commission avait recommandé qu’elles soient poursuivies pour crimes de guerre, est restée confidentielle en 1986 lorsque le rapport de la commission a été publié.

    Même si de telles demandes sont tout à fait justifiées et pourraient contribuer à démasquer les criminels de guerre nazis, une analyse approfondie de l’étendue de la complicité de l’impérialisme canadien dans la dissimulation des collaborateurs nazis après la Seconde Guerre mondiale nécessite une enquête beaucoup plus vaste. De grandes quantités de preuves supplémentaires sont devenues disponibles depuis l’enquête Deschenes en raison de la dissolution stalinienne de l’Union soviétique, qui a ouvert la voie à de vastes archives historiques.

    De plus, la commission n’a même pas abordé la question de l’implication des membres de l’OUN et de l’UPA dans des crimes de guerre, notamment lorsqu’ils ont servi dans des unités militaires/policières soutenant l’invasion nazie de l’Union soviétique en juin 1941. Les événements d’extermination qui se sont déroulés au cours des mois suivants comprenaient un pogrom sanglant contre la population juive de Lviv, initié et dirigé par les nationalistes ukrainiens en juin-juillet 1941.

    La détermination de l’élite dirigeante du Canada à éviter tout examen de cet épisode et d’innombrables autres aspects de la vaste collaboration de l’OUN avec les nazis était motivée par des considérations politiques historiques et contemporaines. L’alliance étroite entre l’impérialisme canadien et l’extrême droite ukrainienne a été développée comme un élément clé du programme anticommuniste d’Ottawa pendant la guerre froide dans la période d’après-guerre, indissociable de son partenariat militaro-stratégique avec Washington.

    L’impérialisme américain a mené la guerre froide comme une croisade pour l’hégémonie impérialiste américaine dans le monde, qu’il a poursuivie en menant des guerres sanglantes et en parrainant de violents coups d’État militaires pays après pays. Si l’on pouvait compter sur les nationalistes d’extrême droite pour soutenir ces opérations militaires agressives, ils remplissaient également une fonction politique intérieure clé.

    Les anciens collaborateurs nazis parmi les nationalistes ukrainiens en particulier ont joué un rôle clé dans les efforts de l’élite dirigeante canadienne pour purger et contrôler le mouvement ouvrier. Alors qu’avant la Seconde Guerre mondiale, la diaspora ukrainienne du Canada était un bastion de la politique socialiste de gauche, l’après-guerre a été témoin d’une transformation radicale alors que l’UCC, parrainée par l’État, et les organisations connexes diffusaient la propagande impérialiste de la guerre froide et soutenaient les syndicats canadiens qui adhéraient à l’anticommunisme de droite.

    Alors que les années 1980 touchaient à leur fin, les représentants de l’impérialisme canadien se préparaient à redéployer leurs alliés nationalistes ukrainiens-canadiens d’extrême droite vers leur patrie ancestrale, où s’ouvrait la volonté des staliniens de restaurer le capitalisme par la dissolution de l’Union soviétique, avec de nouvelles possibilités pour soumettre l’Ukraine à la domination de l’impérialisme occidental.

    Ces descendants politiques de collaborateurs nazis se révéleraient une force essentielle en injectant dans la population un nationalisme ukrainien enragé anticommuniste et anti-russe, jetant ainsi les bases idéologiques du nouvel État capitaliste ukrainien “indépendant”.

    Plus de trois décennies plus tard, dans des conditions où l’impérialisme canadien joue un rôle majeur dans la guerre menée par les États-Unis contre la Russie, le fait que la Commission Deschênes soit utilisée par des fauteurs de guerre pour dissimuler les crimes de guerre perpétrés par des membres de la Waffen-SS comme Yaroslav Hunka souligne qu’il s’agissait d’un blanchiment.

    Alors que les grandes puissances s’engagent dans une nouvelle redistribution du monde, l’élite dirigeante est déterminée à réhabiliter les collaborateurs nazis alors qu’elle commet des crimes de guerre d’une ampleur non moins horrible que ceux perpétrés au cours des quatre premières décennies du siècle dernier. Cela est clairement révélé par l’étroite collaboration d’Ottawa et de Washington avec le régime d’extrême droite de Kiev, notamment par le soutien à des groupes comme le bataillon Azov et le parti Svoboda, dont les racines remontent à l’OUN collaborationniste nazi.

    Cette politique illustre à quel point il est grotesque de la part de l’establishment politique et des grands médias de calomnier les manifestations contre le génocide des Palestiniens en cours, soutenu par l’impérialisme, par l’État israélien comme étant “antisémites”. Ils le font tout en travaillant main dans la main avec les descendants politiques des forces complices de l’Holocauste des Juifs européens.

    Comme l’écrivait le World Socialist Web Site en conclusion de la série “Les amis fascistes de l’impérialisme canadien” en mai 2022 :

    La principale raison pour laquelle les classes dirigeantes des puissances impérialistes mettent en avant des forces d’extrême droite et carrément fascistes est leur peur mortelle de la montée croissante de la classe ouvrière à l’échelle mondiale.

    Après des décennies de répression de la lutte des classes par les syndicats et les partis de “gauche” de l’establishment, les travailleurs de tous les pays sont poussés à la lutte par les conditions de vie impossibles créées par l’explosion de l’inflation, les inégalités sociales sans précédent, les infections massives pendant la pandémie et la mort pendant la guerre avec la perspective d’être transformée en chair à canon pour les intérêts géostratégiques de l’élite dirigeante.

    Exposer devant les masses travailleuses les liens politiques et idéologiques entre les crimes horribles perpétrés par les impérialistes au cours de la première moitié du 20e siècle et la résurgence de méthodes similaires de répression et de pillage aujourd’hui est crucial afin de transformer ces premières expressions de colère de la classe ouvrière en en un mouvement politique conscient contre le capitalisme.”

    Par International Committee Of The Fourth International (World Socialist Web site)

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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