Guerre en Ukraine : L’Afrique va payer le prix de la famine


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  • Pendant que des slaves chrétiens se battent entre eux pour des motifs purement internes, l’Afrique risque de payer le prix de cette guerre avec la famine.


    Pendant que des slaves chrétiens se battent entre eux pour des motifs purement internes, l'Afrique risque de payer le prix de cette guerre avec la famine.

    La guerre en Ukraine a des conséquences immédiates sur les prix des denrées alimentaires. Pour répondre aux sanctions, la Russie a décidé de suspendre ses exportations de blé et de sucre. Le petit problème est que l’Afrique, étonnamment, dépend entièrement du blé russe. L’infographie ci-dessous est un peu exagérée, car elle fournit des moyennes brutes, mais le fait est bien présent. C’est la Russie qui est le principal fournisseur du blé en Afrique avec un volume de 3,5 milliards de dollars par an.

    Pendant que des slaves chrétiens se battent entre eux pour des motifs purement internes, l'Afrique risque de payer le prix de cette guerre avec la famine.

    La dépendance des pays africains au blé russe

    Plusieurs raisons expliquent cette dépendance de l’Afrique vis à vis du blé russe. En premier lieu, le prix, si en temps normal, le prix se situent autour de 211 à 215 dollars la tonne pour le blé, le blé russe est autour de 200 dollars. Mais c’est surtout la production russe qui est insolente avec près de 75 millions de tonnes produits en 2021/2022, soit 25 % de la production mondiale.

    L’Afrique est le continent qui connait la plus forte démographie, mais aussi une amélioration de son pouvoir d’achat. Cela booste les demandes de blé, mais le continent noir est très inégalitaire sur l’autonomie alimentaire. Si des pays comme la Cote d’Ivoire arrivent à s’en sortir, d’autres puissances comme le Nigeria sont très dépendants du blé russe.

    Et il y a deux pays qui vont souffrir le plus avec l’Egypte et la Turquie dont les importations de blé russe dépassent les 80 %. Et cela provoquera un effet domino puisque ces pays utilisent le blé russe pour des produits transformés qu’ils importent à leur tour dans d’autres pays africains. Tout le spectre des produits allant des pâtes jusqu’à la farine en passant par le pain vont connaitre non seulement une explosion de prix, mais aussi une pénurie.

    Pendant que des slaves chrétiens se battent entre eux pour des motifs purement internes, l'Afrique risque de payer le prix de cette guerre avec la famine.

    Les exportations du blé russe vers le reste du monde – Source : Trademap.org

    On peut blâmer la Russie… si on pense comme des débiles. La faute revient à un mondialisme exacerbé où très peu de pays ont pu atteindre leur souveraineté alimentaire dans les principales céréales. L’Inde et la Chine sont aussi de très gros producteurs de blé, respectivement premier et second producteurs mondiaux devant la Russie, mais ils la gardent surtout pour leur marché intérieur.

    Le Covid et l’inflation avait déjà touché l’Afrique de plein fouet, alors que la crise sanitaire a été géré comme des macaques par les pays occidentaux. L’inflation vient du fait que des pays occidentaux ont considéré leur banque centrale comme un tourniquet, injectant des centaines de milliards de dollars sur les marchés, créant une inflation qui n’est pas près de s’arrêter. C’est à dire que dans toutes les merdes internationales organisées par l’Occident, c’est toujours l’Afrique qui paie le prix du sang et des morts. Difficile de blâmer la Russie alors que c’est le reste du monde qui n’a pas de mentalité souveraine et qui se base uniquement sur un circuit cassé du mondialisme.

    C’est d’autant plus un échec pour l’Occident par le fait que la Russie est arrivé récemment sur le marché du blé. Et l’ironie du sort est que c’est la guerre russe et les sanctions de 2014 qui ont forcé la Russie à développer massivement sa production agricole et à être des exportateurs nets. Parce que les sanctions ne font rien de plus que donner un coup de pied au cul des russes pour qu’ils deviennent de plus en plus puissants et autonomes et que le reste du monde dépend de plus de plus de la nation du vodka.

    La réalité géologique avec le gaz et le pétrole seront toujours plus importants qu’une virtualité idéologique, chantée à tue-tête par les occidentaux alors que leurs greniers sont vides. Et la réalité agricole explique aussi le vote en demi-teinte de l’ONU pour condamner la Russie. Oui, la majorité des pays ont condamné, mais il y a 35 pays qui se sont abstenus. C’est intéressant puisqu’une grande partie de ces pays sont en Afrique et en Amérique latine.

    Pendant que des slaves chrétiens se battent entre eux pour des motifs purement internes, l'Afrique risque de payer le prix de cette guerre avec la famine.

    Liste des pays qui ont voté dans la résolution de l’ONU pour condamner la guerre en Ukraine (Pour : 141, Contre : 5, Abstention : 35)

    Les Africains ont compris que l’exportation des valeurs démocratiques et droits de l’hommiste est moins importante que celle du blé. Même si l’Afrique va subir la suspension des exportations du blé russe, il faut se rappeler les mots de certains ambassadeurs russes en Afrique concernant le vote de l’ONU. La Russie a noté soigneusement tous les pays qui ont voté pour, contre et se sont abstenus. « Et l’histoire de la Russie prouve est qu’elle n’oublie jamais ceux qui l’ont aidé ou qui n’étaient pas contre elle. »

    Les intérêts russes en Afrique sont moindres comparés à ceux de la Chine ou des Etats-Unis, mais c’est une présence qui compte de plus en plus et l’Afrique ne peut tout simplement pas l’ignorer, car encore une fois, la réalité des champs agricoles qui impacte celle des ventres pleins sera toujours supérieure à toute idéologie.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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