Russie, Europe et l’embrasement possible des Balkans


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  • Les Balkans sont une plaie ouverte au coeur de l’Europe et les changements drastiques de la Russie pour se tourner vers l’Est et l’Asie, pourraient provoquer un second conflit en Europe.


    Les Balkans sont une plaie ouverte au coeur de l'Europe et les changements drastiques de la Russie pour se tourner vers l'Est et l'Asie, pourraient provoquer un second conflit en Europe.

    Il est clair qu’il y aura un avant et un après la guerre en Ukraine. Quand Lavrov assène que « jamais plus la Russie ne fera confiance à l’Europe », c’est davantage une vérité gravée dans le marbre plutôt que des déclarations affriolantes. La Russie va changer son visage économique et ses routes commerciales et cette nouvelle trajectoire la mène directement dans les Balkans. Et vu la bêtise occidentale actuelle, cette dernière pourrait presser cette région très instable et on pourrait avoir un second conflit qui s’ouvrirait vers l’Est.

    Comment cela pourrait se passer ? Actuellement, les occidentaux se rendent compte que leurs sanctions actuelles contre la Russie est l’équivalent d’une mouche qui percuterait le cul d’un éléphant. Cela ne marche pas. Même si l’économie russe se contracte légèrement, on est très loin de l’apocalypse avec le nuage de criquets et de la pluie de feu. Les occidentaux changent donc leur fusil d’épaule et veulent viser le pétrole.

    Ils savent que la Russie importe et exporte fois l’or noir et ils ne peuvent pas viser les pays producteurs puisque la plupart refusent de sanctionner la Russie. En revanche, une partie du pétrole et d’autres biens passent par les pays sous le contrôle de l’Union Européenne et ils veulent ainsi couper ces routes dans une nouvelle salve de sanctions. Les Russes le savent et ils tentent de contourner le territoire européen autant que possible.

    Si on regarde l’image d’ensemble, la Russie n’a plus aucun intérêt en Europe. Les entreprises occidentales qui se sont cassés de Russie auront un mal de chien à revenir, car ils feront face à des consommateurs russes qui les enverront chier sur les roses. De plus, l’Inde, l’Iran et la Chine sont en train d’accélérer leur déploiement en Russie pour remplacer les entreprises occidentales qui ont fait la bêtise de partir pour de l’idéologie crasse et stérile.

    La Russie a beaucoup de tours dans son sac pour contourner l’Europe. Le plus important est l’Union économique eurasiatique (EAEU) qui est une zone de libre échange qui inclut la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, l’Arménie et le Kirghizstan. Cette Union eurasiatique n’est pas piqué des hannetons, car elle pèse 1800 milliards de dollars pour une population de 183 millions de personnes. De plus, cette union signe activement des accords de libre-échange avec le Vietnam ainsi que les grands pays asiatiques qui sont en plein boom économique. Et c’est là que la Serbie entre en scène.

    Serbie

    L’objectif de la Russie est assez clair, elle veut s’approvisionner exclusivement en Asie et avec les pays européens qui lui sont favorables. La Serbie est pro-russe depuis des années et même si c’est un pays sans littoral, elle a des frontières communes avec la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Ces trois pays sont également plus ou moins pro-russes, preuve est les déclarations de Viktor Orban sur les sanctions contre le pétrole russe.

    Et la Serbie possède un accord de libre échange avec l’EAEU et donc, le pays peut servir de pont pour acheminer les biens depuis l’Europe, incluant le pétrole vers la Russie. La Bosnie-Herzégovine est également un voisin de la Serbie et elle a également un accord de libre échange avec l’EAEU. Si l’Occident tente de faire pression sur ces pays pour qu’ils n’accèdent pas à l’EAEU, alors ces pays des Balkans pourraient s’embraser très facilement. Et que les occidentaux n’oublient pas que cette fois, la Russie n’aidera pas à l’OTAN à « pacifier » la région. Si les Balkans deviennent instables, alors cela pourrait redessiner les frontières avec cette zone et le sud de l’Europe.

    Tous les pays de l’Eurasie peuvent investir en Serbie afin de développer la logistique pour que leurs biens passent à travers son territoire et satisfaire les énormes besoins du marché russe. Ce développement de la Russie avec les Balkans dans le cadre de l’EAEU va poser des problèmes avec un voisin qui est pro-européen avec la Croatie.

    Les Balkans sont une plaie ouverte au coeur de l'Europe et les changements drastiques de la Russie pour se tourner vers l'Est et l'Asie, pourraient provoquer un second conflit en Europe.

    Ainsi, la Bosnie-Herzégovine veut construire un port, une autoroute et des voies ferrées dans la ville de Neum. Sauf que la Croatie est en train de construire le port de Pelješki qui passe à travers Neum. Donc, il faut que ce pont ait une hauteur suffisante pour laisser passer les navires. Cependant, les directives européennes ont forcé la Croatie à abaisser la hauteur du pont ce qui fait que les navires de Neum sont bloqués.

    Cela peut créer des affrontements avec la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. En ajoutant qu’actuellement, les occidentaux contrôlent entièrement l’accès maritime de la Bosnie, car le seul port maritime du pays se trouve à Ploče, situé en Croatie. Si les occidentaux empêchent les bosniaques d’accéder à l’Union eurasiatique, alors cela risque de créer du grabuge.

    Monténégro, Kosovo et Albanie

    On voit qu’il y a déjà des tensions avec seulement 2 pays des Balkans qui sont impliqués. Mais on peut aussi ajouter le Monténégro, le Kosovo et l’Albanie à ce bal de feu et de sang qui peut émerger en Europe. La population du Monténégro est orthodoxe et très conservatrice et le fait que les occidentaux aient sanctionné le pape orthodoxe, ont ravivé de vieilles querelles qui ont déchiré l’Europe dans le passé avec la beauté fumante des guerres de religions.

    De plus, il y a des ONG et des associations, financés par les occidentaux, pour faire basculer la population monténégrine vers le pape lécheur de migrants alias le Pape du Vatican. Cela risque de créer encore plus de dissensions dans le pays.

    Le Kosovo n’est pas reconnu par la Chine ou la Russie sans oublier que pour la Serbie, ce territoire lui appartient. Et on ne peut pas lui donner tort. Le territoire du Kosovo lui a été arraché de force par la guerre de l’OTAN contre la Yougouslavie. Aujourd’hui, le Kosovo n’est rien de plus qu’un Etat mafieux avec un terreau très favorable à l’islamisme puisque le pays est massivement financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

    Quand à l’Albanie, elle l’a mauvaise. Cela fait maintenant 10 ans qu’elle tente d’accéder à l’Union Européenne pour avoir les bifetons, mais c’est l’Ukraine qui risque de lui damer le pion. Le fait que les occidentaux, dans leur bêtise infinie, accélèrent le processus d’adhésion de Kiev dans la grande famille de dégénérés et de suceurs de sang de Bruxelles, énervent énormément les albanais. Un bon duel de pique-assiettes en perspective !

    De plus, l’Albanie a des relations exécrables avec la Bosnie. Et sous peine d’ouvrir un nouveau front de guerre dans cette région, l’Albanie va faire pression pour entrer dans l’UE aussi vite que possible. Et si les européistes acceptent, alors le Monténégro et le Kosovo voudront également le ticket d’or.

    Moldavie

    La Moldavie ne fait pas partie d’une nouvelle guerre potentielle avec les Balkans, mais une continuation de la guerre en Ukraine. Elle a des frontières avec la Roumanie et l’Ukraine et elle a aussi la Transnistrie qui est sur la rive droite de la rivière Dniepr. La Transnistrie est un petit Etat qui a refusé de rejoindre la Moldavie après la chute de l’URSS. Parce que les moldaves sont en conflit avec les roumains sur la rivière Dniepr depuis des siècles.

    La population de la Transnistrie est pro-russe avec une présence militaire russe d’environ 1500 hommes. Depuis des années, la Moldavie est courtisée par l’Union Européenne pour qu’elle rejoigne le club des parasites. Mais la Moldavie joue la carte du plus offrant en jouant la balançoire entre la Russie et l’UE. Son Premier ministre est pro-européen, mais le pays discute d’un accord de libre échange avec l’EAEU.

    Les Balkans sont une plaie ouverte au coeur de l'Europe et les changements drastiques de la Russie pour se tourner vers l'Est et l'Asie, pourraient provoquer un second conflit en Europe.

    La Moldavie est une pièce essentielle dans la guerre entre la Russie et l’Occident, mais son avenir immédiat est avec Moscou. Le pays est frontalier avec l’Ukraine sur sa partie Nord et Est. En revanche, la Russie, avec sa guerre, contrôle tout le sud de l’Ukraine. Et toute la richesse de l’Ukraine, agricole et ports maritimes, se situe dans la partie qui est actuellement sous contrôle russe. Et l’armée russe pourrait continuer vers le sud, arriver en Transnistrie et ainsi, créer une nouvelle frontière en Moldavie avec l’Europe.

    Mais la victoire militaire russe ne suffira pas. Il faudra aussi une victoire politique avec des politiciens pro-russes dans les différentes régions de l’Ukraine. Et la Russie veut progresser dans cette direction pour créer ce qu’on appelle la Novorussia (Nouvelle-Russie) qui couvre tout l’est de l’Ukraine avec une population russophone, mais dont les régions ont une certaine autonomie vis à vis de Moscou.

    Dans ce cas de figure, la Moldavie n’aura pas d’autre choix que de s’allier avec la Russie et si elle obtient son accord de libre échange avec l’EAEU, cela lui permettrait d’avoir une frontière commerciale entre la Russie et le reste de l’Europe.

    La Turquie et l’Italie auront également leur mot à dire dans les Balkans. Cela fait très longtemps que la Turquie, membre de l’OTAN, veut accéder à l’Union eurasiatique. De plus, la Turquie ne veut pas de navires américains en mer noire, zone que le Sultan veut garder sous son contrôle. Et la même chose est valable pour l’Italie qui veut développer son marché pour l’EAEU. Mais Bruxelles fait toujours la grimace, car il ne veut pas que des pays de l’UE ou de l’OTAN fricotent avec une union commerciale qui est sous influence russe.

    Le mot de la fin est que les Balkans et leurs tensions internes sont un vrai panier de crabes. Et il faudra que l’UE et l’OTAN fassent très attention pour ne pas embraser la région. Et qu’ils n’oublient pas la présence otanienne est faible dans cette zone et elle est déjà mise à mal avec son soutien à l’Ukraine. L’histoire nous montre qu’aucun pays ne peut supporter deux fronts en même temps. Mais on est dans une spirale d’hystérie tellement délirante chez les Occidentaux qu’ils risquent d’enflammer les Balkans pour poursuivre une idéologie qui ne donne plus rien depuis des années.

    Et c’est encore les peuples de l’Europe qui vont payer la facture au final !

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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