Poutine signe l’arrêt de mort du dollar


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  • Le basculement de la Russie vers une économie entièrement dédollarisée incite certains à considérer que le dollar va mourir sur le long terme. Mais la Russie seule ne peut pas signer cet arrêt de mort.


    Le basculement de la Russie vers une économie entièrement dédollarisée incite certains à considérer que le dollar va mourir sur le long terme. Mais la Russie seule ne peut pas signer cet arrêt de mort.

    Ce n’est pas un hasard, vu l’importance du symbolisme pour les Russes, que Vladimir Poutine ait signé le décret exigeant le paiement du gaz normal et liquéfié le 4 juillet 2022, soit le jour de l’Indépendance américaine. Même si la Russie avait déjà exigé le paiement en rouble de son gaz dès le 31 mars, cela concernait le gaz non traité qui circule dans les pipelines. Le gaz naturel liquéfié (GNL) n’était pas concerné. Et Gazprom avait considéré que c’est contre-productif de laisser payer le GNL en dollar ou en euro, car cela réduit la portée des contre-sanctions. Et donc, ce nouveau décret du 4 juillet corrige cette erreur.

    Même si les acheteurs du gaz ne sont pas obligé d’acheter directement du rouble. Car ils déposent l’argent en euro dans un compte de la banque de Gazprom et ensuite, cette dernière achète simplement des roubles avec. Le résultat est le même, l’euro se casse la gueule et le rouble se renforce.

    Poutine a également signé un autre décret concernant le paiement des dettes souveraines russes par du rouble. Il postule que du moment que le paiement est fait en rouble de leur coté, la dette est considéré comme étant réglée et à la charge de l’intermédiaire et du destinataire de la convertir dans les monnaies de son choix.

    Ces deux décisions ont incité certains médias russes à considérer que l’arrêt de mort du dollar a été signé et qu’un retour en arrière n’est pas possible. Toutefois, cela reste à pondérer, car le rouble, pour le moment, n’est pas une monnaie internationale. A elle seule, elle ne peut pas inverser la domination du dollar. Cependant, le poids de l’économie russe, notamment de ses matières premières va clairement va avoir un impact.

    La Chine a toujours déclaré que le commerce mondial ne peut pas fonctionner sans le dollar. Mais elle ne sera pas contre le renforcement de son yuan parmi les monnaies internationales de référence. Il y a aussi une tendance qui n’a pas débuté avec la guerre en Ukraine qui est la baisse constante du dollar. La mort du dollar comme monnaie-monde se caractérisera par deux signes. Le premier est la part du dollar dans le commerce mondial. A la fin de 2021, il était au plus bas sur les deux dernières décennies à hauteur de 59 %.

    Il semblerait que les économies émergentes et les pays non alignés se concentrent sur des paiements bilatéraux ou régionaux. Cela nécessite de nouveaux services apportés par la Fintech ou des cryptomonnaies, mais qui seraient contrôlées par l’Etat comme des proxys de leurs devises locales. Le second signe est le renforcement du yuan dans les paniers de devises internationales. En bref, si le dollar baisse pendant que le yuan monte dans les échanges régionaux et internationaux, alors cette tendance sera irréversible.

    Ce qui est ironique dans cette histoire est que c’est l’euro qui a fait prendre conscience au monde non aligné qu’une alternative au dollar était possible. Et c’est malheureux que dans cette confrontation monétaire, c’est l’euro qui va tout perdre, les femmes et les enfants avec. Car si le dollar est en déclin, l’euro est en chute libre depuis des mois. Parmi les signes, on a la Banque centrale israélienne qui a réduit drastiquement ses réserves en euro pour la première fois depuis des décennies.

    De plus, l’inflation dans la zone euro sera largement plus forte que dans tous les autres pays. Les analystes estiment que malgré le fait qu’on est dans une forte période inflationniste, cela va baisser à la fin de 2022. Et non parce que le monde sera devenu rose avec des éléphants qui volent, mais juste qu’une grande partie du monde sera en récession et que les prix des matières premières vont baisser d’elles-mêmes, même si les populations n’auront pas de quoi les acheter.

    En revanche, malgré qu’elle sera en récession, la zone euro sera inflationniste au moins jusqu’en 2024 pour la simple raison que l’euro continue de se casser la gueule face aux autres monnaies. Et vu ce qui s’est passé avec les avoirs russes qui ont été volé sans vergogne par les européens, on peut dire que c’est bien fait pour leur gueule.

    L’arrêt de mort du dollar n’est pas encore acté. Mais la monnaie américaine, après des années à gambader sur les prés mondiaux en bouffant tout gratuitement, vient d’atterrir à l’hôpital et les symptômes laissent à penser qu’il n’en sortira pas vivant.

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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